1

Alors que la France du foot prépare son dernier moment fort de l’exercice 2016-2017, France Télévisions a décidé de nous offrir un documentaire passionnant sur la Coupe de France et son histoire. Ce documentaire « Coupe de France, 100 ans d’émotions » réalisé par Christophe Duchiron et diffusé samedi à 14h55 retrace avec passion et engouement les 100 ans de la mythique Coupe de France. Pitch à chaud, après visionnage exclusif.

Elle est la vieille dame la plus prisée de France. Non non, il ne s’agit pas de Liliane Bettencourt mais de la plus belle des compétitions nationales, la Coupe de France. Avec ses 7000 clubs participants, elle est aujourd’hui l’un des symboles forts du football français. Créée en 1917, celle qui s’appelait alors la Coupe Charles Simon a traversé les époques, les guerres et les républiques pour s’inscrire comme un événement sportif récurrent et convoité de tous les joueurs.

Il y a 100 ans, pour la première édition, l’Olympique de Pantin battait le FC Lyon (ça ne s’invente pas). Cette saison, le SCO défiera samedi un PSG qui tentera de sauver sa saison en gardant son trophée. En cas de victoire, le PSG dépasserait également l’OM, et s’emparerait seul de la tête du classement des plus grands vainqueurs de la compétition, avec 11 trophées pour 10 sur la Canebière.

Durant 100 ans, la Coupe de France a écrit l’histoire du football français. De Calais à Quevilly, en passant par Papin, Guy Roux, Alain Roche ou Fleuri Di Nallo, la Coupe de France a traversé les générations de footballeurs et a touché en plein cœur les joueurs et les supporters.

Pour cette 100ème édition, France Télévisions, diffuseur officiel de la compétition, a décidé de mettre les petits plats dans les grands. Dans un reportage de 52 minutes, le réalisateur Christophe Duchiron revient sur 100 ans d’histoire. Joint par téléphone, il nous donne sa vision de la Coupe de la France et nous explique la genèse de ce documentaire.

Bonjour Christophe, tout d’abord, pouvez-vous revenir sur votre carrière en quelques mots ?

La chose la plus importante c’est que j’ai disputé la Coupe de France comme footballeur ! Bon, nous n’avons jamais passé plus de deux tours dans mon club, le Standard Football Club de Bailly Noisy, deuxième division de district à l’époque… Voilà à qui vous avez affaire côté footballistique !

Professionnellement, j’étais journaliste pendant 22 ans à France 2. Entre le service des sports du journal et des magazines. Très axé sport. J’ai démissionné en 2013 pour me consacrer à la réalisation de documentaires.

Passionné de sport depuis tout petit donc ?

J’ai un rapport passionné au sport, notamment au foot, j’ai joué jusqu’à 42 ans. Et puis une rupture des ligaments croisés a terminé ma carrière… J’aimais ça passionnément. Journalistiquement c’est pas le domaine dans lequel j’étais le plus à l’aise, une proximité compliquée avec les joueurs, mais j’ai couvert quelques belles compétitions. J’ai vécu OM-Milan en 93, l’Euro 96…

La genèse du projet c’est vous ?

C’est une idée de Daniel Bilalian, il y a un an et demi. Le projet s’est poursuivi sous Laurent Eric Le Lay. C’est un projet ficelé depuis le début de l’année 2016. Quand Daniel m’a proposé de m’intéresser au centenaire de la Coupe de France, je ne soupçonnais pas à quel point l’histoire de cette Coupe est passionnante.

Vous étiez indépendant sur la façon de faire ? Pas de consignes particulières ?

On m’a laissé faire ce que je voulais faire. C’est très important. Ce fut un travail en plusieurs phases. D’abord j’ai énormement lu. Il existe peu de livres avec comme unique objet la Coupe de France. Mais j’ai lu ces bibles. Ensuite, il a fallu trouver les images… Le doc est co-produit par l’INA, qui nous a ouvert leurs archives. La FFF est également co-productrice, elle détient les droits des images de la Coupe, donc sans eux, pas d’images. Mais il n’y a eu aucune pression de leur part. A la fédé, on m’a demandé si je voulais parler de Furiani, j’ai dis que oui, qu’il fallait en parler. Et ils étaient parfaitement d’accord avec moi. On a montré sans trop s’étendre, mais on a parlé de ce qui devait être évoqué. Ce fut un travail vraiment long. Je voulais éviter de faire un catalogue de finale et de buts au final, j’espère avoir réussi.

Comment avez vous trié les histoires qui sont plus ou moins longuement racontées dans le documentaire ?

Il y a une vingtaine d’histoires racontées dans le documentaire. A force de voir des images, je me suis rendu compte de l’émotion que déclenchait cette Coupe auprès des participants et surtout du public. Elle déclenche les passions. Ça tient à plusieurs raisons : la CDF a été très longtemps la compétition référence en France. Les grandes équipes sont abonnées à cette Coupe : Saint-Etienne, Monaco, l’OM, le PSG… Mais il y a aussi les amateurs : Calais, Quevilly, la commune algérienne d’El Biar qui avait terrassé le grand Stade de Reims.

Parmi ces choix, nous y avons vu des choix éditoriaux : critiquer les interdictions de supporters, et remettre l’émotion au coeur du terrain, en oubliant quelque peu le foot business. C’était une volonté de votre part ?

Ce qui est frappant quand on regarde les images, les envahissements de terrains, l’ambiance c’est que c’était magnifique, très bon enfant. Les supporters qui viennent porter leurs héros, c’est très touchant. On est loin du football actuel, où les spectateurs ne peuvent plus toucher leurs héros, fêter avec eux. J’ai pas de souvenirs de débordements où les joueurs se plaignaient. Et oui, l’essence même du jeu c’est l’enfance. La joie des joueurs qui gagnent la Coupe de France, c’est la même que celle des gamins qui gagnent un tournoi de quartier. Pas le même niveau, pas la même échelle, mais quand on gagne la CDF, on est heureux comme un gamin.

Si vous deviez retenir un top 5 des grands moments de cette compétition, les moments mythiques ?

Sans hiérarchiser, la demi-finale 67 Angoulême-Lyon qui après trois matchs nuls se termine à la pièce, au tirage au sort, c’est un moment marquant. Le retour de Rennes en 65 avec la Coupe, des dizaines de milliers de Bretons en furie pour voir les héros, on se rend compte de la puissance du football, toute la région fêtait la victoire. Fleury Di Nallo est extraordinaire… Réginald Becque (Calais) et Cédric Vanoukia (Quevilly) sont des grands bonshommes, des grands bons hommes. Ils savent replacer le foot et la passion à leur place dans une vie d’homme, sans aigreur. Ils aiment le foot comme on doit l’aimer. J’ai été très touché par un passage de l’interview de Luis Fernandez… Que du bonheur.

Pour découvrir ou redécouvrir l’histoire de la Coupe de France, ça se passe samedi 14h55 sur France 2. Un documentaire pour tous, à regarder en famille. Car la beauté du foot, c’est aussi l’amour trans-générationnel qu’il procure.

Crédits photos : Jamie McDonald /Allsport