Zoom sur Boavista, l’autre glorieux club de Porto

Quand il y a plusieurs clubs dans une même ville, certains peuvent vivre dans l’ombre d’un autre, qu’il soit question de finances ou de gloire. Cela peut être le cas à Barcelone avec l’Espanyol par exemple. Mais passons un peu plus à l’ouest de l’Europe du Sud, au Portugal. On ne cesse de rappeler l’immense palmarès du FC Porto : Second club le plus titré sur le plan national derrière Benfica avec 47 trophées, il est tout de même premier sur le plan européen avec 2 Ligues des Champions tout comme son rival mais possède deux Europa League de plus ainsi que deux coupes intercontinentales (qui n’existe plus aujourd’hui) et une Supercoupe d’Europe. Cela donne donc sept trophées internationaux à deux. Mais aujourd’hui, les projecteurs ne se tourneront pas sur le club du dragon. Intéressons nous à une créature moins mythique : la panthère. Oui, les experts lusitaniens l’auront reconnu, il est question de Boavista. Pendant les années 1990 et au début des années 2000, le club brille et finit par être champion du Portugal. Retour sur ces belles années de l’histoire de la Liga NOS.

Revenons tout d’abord dans les années 1970. Le club marque déjà le pays à partir de la saison 1974-1975 en remportant sa première coupe nationale face au Benfica d’Eusebio. Il termine vice champion la saison suivante deux points derrière les Aigles, mais conserve son trophée gagné l’année passée en battant le Vitoria Guimaraes. Trois ans plus tard, en 1979, c’est une troisième coupe arrachée en prolongations contre le Sporting et une première Supercoupe du Portugal, obtenue face au rival Porto, qui viennent s’ajouter à la vitrine des trophées des Panteras. C’est d’ailleurs la  première fois que la Supercoupe se joue.

Après cela, c’est le néant niveau titre. Dans le championnat, le club navigue entre la troisième et la neuvième place. Il faut attendre la saison 1991-1992, après un règne sans partage des trois grands que l’on ne nomme plus, sauf par deux fois où la coupe est laissée à Belenenses ou au club de l’Estrela de Amadora. Boavista remporte donc sa quatrième coupe du Portugal face à son éternel rival Portista et réalise encore un doublé en gagnant à nouveau la Supercoupe toujours contre les dragons. Malheureux finalistes un an plus tard, ils ne conservent pas le titre et le cèdent à un Benfica trop fort sur un score de cinq buts à deux. La Supercoupe non plus n’est pas gardée, vu que c’est un match opposant le champion national face au vainqueur de la coupe. C’est donc le voisin Porto qui la remporte contre le SLB. Boavista atteint tout de même les huitièmes de finales de la C2 mais se fait éliminer par Parme au match retour en Italie.

S’en suit cinq ans de disette. Toujours pas de nouvelle coupe ou de Supercoupe mais les panthères restent en haut de tableau, toujours entre la troisième et la neuvième place en championnat. Lors de la saison 1996-1997, c’est un nouveau doublé avec les deux coupes nationales encore obtenues. La Taça est gagnée contre Benfica 3-2, avec un but d’un jeune joueur, un certain Nuno Gomes, âgé de vingt ans à ce moment là. Quant à la Supercoupe, c’est Porto qui s’incline même en gagnant leur match retour mais le score n’est pas suffisant. Lors de la saison 1998-1999, le club est vice champion derrière son voisin encore lui, qui remporte pour la cinquième fois consécutive le titre de champion. La saison suivante, c’est une petite baisse de deux places pour les panthères avec une quatrième place, derrière les trois géants du football portugais.

Saison 2000-2001. Lors de la première journée, la saison débute par une victoire 4-2 à l’extérieur sur la pelouse de Beira Mar. Le club est invaincu jusqu’à la quatrième journée où un premier revers est subi à domicile face au Sporting Braga. Les panthères resteront invaincues ensuite pendant toute la première partie de saison. Il y a les matchs importants contre les trois gros, notamment une victoire contre Benfica sur le plus petit des scores à domicile, au stade de Bessa lors de la cinquième journée, un match nul 0-0 face au Sporting pendant la douzième journée et une victoire contre Porto à la moitié de championnat 1-0.

A la trêve hivernale, l’équipe de Jaime Pacheco totalise 29 points pour huit victoires, cinq nuls et une défaite. Elle est troisième, derrière Porto à 31 points et le Sporting à 30. Le trio de tête semble se dessiner et Benfica est derrière avec 25 points. Lors de la reprise en janvier 2001, le deuxième club de Porto commence une série de cinq match sans défaite, avec notamment une victoire à domicile face aux Dragons 1-0, peut être déterminante pour le titre. la petite série s’arrête lors de la vingt et unième journée, encore face à Braga, contre qui les panthères avaient perdu pour la première fois de la saison. S’en suit à la journée suivante un nul au stade de la Luz contre Benfica. La lutte pour le titre entre les deux clubs de Porto est intense au fur et à mesure que les matchs se poursuivent. Les Dragons ont tout de même perdu plus de fois que leur voisin avec six défaites.

Lors de la dernière journée, le derby a lieu chez le club de Pinto Da Costa à l’Estadio Das Antas. Malgré une victoire écrasante 4-0 des Portistas, Boavista obtient son premier titre de champion du Portugal, après une lutte acharnée. Les panthères terminent avec 77 points, comptabilisant vingt-trois victoires, huit nuls et trois défaites. Les Dragons sont juste derrière avec 76 points, une victoire en plus, quatre nuls en moins mais trois défaites supplémentaires. Ils remportent tout de même la coupe du Portugal. Le Sporting finit troisième bien derrière ses deux concurrents avec 62 points. Quant au SLB, il termine en sixième position. Cela faisait cinquante-cinq ans, soit depuis la saison 1945-1946, qu’un des trois grands n’avait pas remporté le titre. La dernière fois, c’était Belenenses qui s’illustrait. Boavista va donc disputer la Ligue des Champions pour la première fois de son histoire. On peut retrouver des noms connus dans l’équipe comme le gardien Ricardo, le milieu défensif Petit

La saison suivante, le club dispute d’abord la Supercoupe du Portugal qu’il perd une fois de plus contre son voisin de Porto. La saison débute ensuite avec la première phase de groupe de la Ligue des Champions. Boavista se retrouve dans le groupe B avec Liverpool, Dortmund et le Dynamo Kiev. L’équipe termine deuxième à égalité de points avec le Borussia mais avec une différence de but supérieure. Lors de la deuxième phase de groupe, qui mène en quarts de finale de la compétition, la tâche est trop compliquée. Le groupe est composé de deux cadors européens : Manchester United et le Bayern Munich. Les panthères et le FC Nantes quittent la compétition en terminant troisième et dernier du groupe A. Sur le plan national, le club ne conserve pas son titre et termine deuxième, le laissant au Sporting.

Après la saison 2001-2002, les choses se compliquent. Dernier coup d’éclat en 2003 lorsque le club va jusqu’en demi finale de la coupe de l’UEFA mais perd contre le Celtic. Il y aurait pu y avoir une finale cent pour cent portugaise car le Porto de Mourinho élimine la Lazio et gagne la finale face au bourreau écossais de son voisin. Saison suivante, retour en milieu de classement pour le club de Porto. Lors de la saison 2007-2008, Boavista est rétrogradé en troisième division pour corruption d’arbitres lors de la saison 2003-2004. Pendant six ans, le club ne retrouve pas l’élite. A la fin de la saison 2013-2014, la justice portugaise décide de réintégrer Boavista en première division et le championnat passe de seize à dix-huit équipes. L’équipe termine dans le bas de classement mais n’est pas reléguée. Il faudra donc voir comment se profile le nouvel avenir du club, qui n’est plus du tout le même qu’il y a seize ans.

Crédits photos : Pedro Lopes / DPI / NurPhoto

Nissart, Scouser. Xabi Alonso est l'essence même de la classe sur le terrain comme en dehors.

One Comment

  1. Lionel Postillon Reply

    Bon article, mais… On aurait aimé voir les noms de joueurs de cette équipe de 2002-2001, les révélations, les mecs qui ont confirmé et ce qu’ils sont devenus… L’angle de l’article n’est pas traité de fond, tu perds trop de temps sur des rappels historiques qu’on peut trouver sur Wikipedia si besoin

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