La musique s’arrête, l’équipement est soigneusement rangé dans le placard, signe que la fin est proche. Signe que l’heure de restaurer le silence est malheureusement arrivée. Tomáš Rosický aurait sûrement aimer continuer à composer, il aurait apprécié que sa carrière ne s’achève pas sur un triste requiem.

Une mélodie lourde de sens pour symboliser ce corps meurtri. Un corps qui l’a abandonné il y a déjà bien longtemps. De Prague à Londres en passant par Dortmund, le virtuose aura toutefois eu le temps d’étaler son talent, de jouer ses représentations devant des visages ébahis.

L’ascension du petit prodige a débuté en 1998, dans les rangs du Sparta Prague. Mais rapidement, l’Allemagne et plus précisément le Borussia Dortmund, alors en grande forme, lui fait les yeux doux. Chose à laquelle on ne peut résister. Ainsi, en janvier 2001 et pour une somme record, faisant de lui le plus gros transfert de l’histoire du club jusque là, il s’en va revêtir la tunique noir et jaune. Avec l’image de ce prix planant au-dessus de lui.

Mais cela ne semble pas vraiment l’affecter puisque dès ses premiers pas dans la Ruhr, dès que les premières notes retentissent, la magie opère. Et le petit Mozart charme son monde. Rapidement, il devient essentiel à Matthias Sammer, qui ne peut se passer de lui comme un orchestre ne peut se passer de son chef. Et le succès arrive rapidement puisqu’un an et demi après son équipe et lui, termine champion d’Allemagne, au nez et à la barbe du Bayer Leverkusen.

Son aisance technique, la douceur et l’amour qu’il mettait dans son jeu, cette délicatesse sans nom faisait de lui un artiste. Son insouciance transperçait l’écran au même titre que son amour pour le jeu.  Avec ce sourire candide après chaque but, chaque coup de génie, l’artiste ravissait le monde du football qui ne pouvait que l’adouber.

Sourire aussi grand que son talent. (Crédit photo: bvb.de)

Et l’Allemagne a eu de la chance d’en profiter. Mais sûrement pas suffisamment à son goût. Après une célébration mémorable face à Hambourg faisant oublier les problèmes financiers du Borussia Dortmund pendant un court instant, le monde est revenu à la réalité. Celle du départ de Rosický vers Londres et Arsenal.

La chute du prodige

Lentement mais sûrement, Rosický a chuté, englouti par des blessures récurrentes, et son envie de réussir avec les Gunners n’est évidemment pas suffisante. Toutefois à chaque fois qu’il revenait, cette même insouciance se lisait sur son visage en dépit d’un corps vieillissant bien trop rapidement, un corps meurtri l’empêchant de vivre pleinement sa passion. Et un jour de 2014, après une longue blessure au genou qui a cessé de le gêner au même  moment que ses tendons d’Achille – comme un symbole – il a décider d’assommer Tottenham.

Arrivant à pleine vitesse, à peine arrivé dans la surface de réparation, dans le coin droit de cette dernière, il a décoché une frappe surpuissante de pied droit qui a terminé sa course dans la lucarne opposée. Sans que personne ne puisse rien y faire. Le rival du Nord de Londres s’est retrouvé crucifié par le génie du petit Mozart qui a éteint White Hart Lane en une fraction de seconde. Probablement l’une de ses plus belles réussites.

Malheureusement, le bonheur aura été de courte durée puisque le joueur tchèque quitte une nouvelle fois la scène peu de temps après. Et cette fois ce n’est pas le temps de l’entracte. Les mois passent, en 2015, il apparaît une dernière fois face à Sunderland pour une poignée de minutes et puis voilà… Le rideau tombe sur la scène, la lumière s’éteint au moment où la dernière note du requiem retentit.

Et le regret s’installe avec l’amertume. Ce sentiment d’inachevé en voyant une carrière plus ou moins inachevée malgré plus de cents matches pour son pays, des buts fantastiques et des passes brillantes. Cela ce n’est toutefois pas suffisant pour un joueur possédant un si grand talent.

Le destin en a toutefois décidé autrement pour le Petit Mozart qui s’est en allé, chez lui, pour boucler une boucle effilochée et abîmée dans le club qui l’a vu éclore. L’homme de cristal est parti écrire une dernière partition qui a fini par s’achever, brusquement, lorsque son corps a rendu les armes. Mettant un point final à une œuvre inachevée.

Crédit photo: ADRIAN DENNIS / AFP

Parle d'Allemagne et de Bundesliga, et c'est à peu près tout.

One Comment

  1. Mathias Caylak Reply

    Très bel article ! Seul point négatif je pense que vous auriez du parler de son Euro qui était pas degueu il a eu quelques éclairs

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