Javier Pastore : hymne à l’amour

Première star du PSG version QSI, Javier Pastore s’est engagé avec l’AS Roma, quittant la capitale après une idylle de sept ans. Une histoire faite de hauts et de bas.

« Il prend des bons coups dans la cheville mais il reste debout. Il rentre dans la surface de réparation, Javier Pastore il va frapper… ! GOOOOOOOOOOOOOOAL !!!
– C’est une énigme.
– AAAAAAAAAAAAAAAH MAIS C’EST QUOI CE BUT JAVIER !!!
– C’est un mystère ce joueur. »

Lors de cette soirée que vous aurez tous identifiée (PSG – Chelsea en 2014, 3-1), Bruno Salomon et Pierre Ducrocq ont synthétisé le passage d’El Flaco au Paris Saint-Germain. Parfois brillant, parfois exaspérant, Javier Pastore n’a laissé personne indifférent.

Pourquoi tant d’amour ?

En 2011, le PSG fait table rase du passé. En plus du changement d’ambiance au Parc des Princes, le club n’enregistre pas moins de neuf recrues, parmi lesquelles Kévin Gameiro, Jérémy Menez ou Salvatore Sirigu. Mais le joyau de cette collection, c’est Javier Pastore. Recruté pour 42M€, l’Argentin éclabousse rapidement le Parc de sa classe. Voici les deux facteurs qui ont rendu les supporters follement dingue de lui : son élégance et son caractère pionnier du projet Qatari.

Pastore est le premier. Le premier à avoir cru au Paris Saint-Germain alors que d’autres grandes écuries européennes le convoitaient. La première star. Nouvelle idole du Parc, les fans ne pouvaient que chavirer devant sa manière de se mouvoir balle au pied. Le côté spectaculaire de son jeu, qui en faisait toute sa beauté, a fait de lui le chouchou. Son but contre Chelsea en est la quintessence. Celui inscrit au Nou Camp face au Barça en 2013 a également renforcé l’attache des supporters pour l’ancien de Palerme. Les grandes heures du premier PSG à la mode Qatari, c’est lui.

Pourquoi tant de désamour ?

Néanmoins, si l’on est objectif, impossible de voir la vie en rose avec El Flaco. Très souvent blessé, Pastore en a frustré plus d’un. S’il est difficile de lui reprocher sa fragilité, il est en revanche nécessaire de pointer du doigt son manque flagrant d’investissement lors de certains matchs. Imprévisible, le natif de Córdoba a su se montrer injouable pour ses adversaires mais aussi exécrable pour son camp. Son irrégularité a provoqué l’ire de nombreux supporters, donnant naissance à des débats enflammés.

Javier Pastore a virtuellement qualifié le PSG pour les demi-finals de la Ligue des champions en 2012/2013.

 

D’un côté, les froids et réalistes ne croyaient plus en Pastore et voulaient un rapide départ, qui n’a cessé d’être évoqué au cours des derniers mercatos. De l’autre, des romantiques incapables d’oublier leur premier amour et voulant se raccrocher désespérément à lui jusqu’à la fin, clamant leur affection pour le génie argentin. Mais il faut désormais l’accepter : l’amour dure sept ans.

Malgré des déboires trop récurrents aux yeux de certains et des campagnes de Ligue des champions (6) inabouties, Javier Pastore laissera des souvenirs impérissables dans l’esprit des supporters. Cet amour est réciproque, à en croire la lettre d’adieu qu’il a publié sur Facebook :

J’aimerai remercier tous ces supporters qui m’ont toujours transmis un amour inégalable ; je les porterai toujours dans mon cœur. J’étais le premier à venir porter ce projet, j’ai vécu de grandes émotions, soulevé beaucoup de titres, connu de belles personnes et vibré dans ce Parc des Princes… 7 années, c’est très long, et pourtant c’est comme si à vos côtés ce n’étais pas assez, parce que j’aurai aimé vous donner encore davantage. […] Je vous aime. Ici c’est Paris !

Aucun amoureux des Rouges et Bleus ne peut renier son explosion de joie sur son fameux but contre Chelsea, qui restera dans les annales du club. C’est ça, le football. Des souvenirs. Des émotions. Des « J’y étais ». Le temps effacera les peines afin de ne garder que le meilleur d’un homme qui aura voué la majeure partie de sa carrière au Paris Saint-Germain. Chapeau l’artiste.

Crédit photo : AFP / Franck Fife.

J'aime beaucoup le foot. Et Marco Verratti. Surtout Marco Verratti.