[Edito] Adrien Rabiot, de duc à bouffon du PSG

Adrien Rabiot a saisi la commission juridique de la LFP ce lundi, afin de contester le traitement de défaveur qu’il subit au PSG. Souvent critiqué pour son attitude et ses performances, le milieu de terrain français laissera une image profondément mitigée dans son club formateur. Et sa sortie restera des plus ratées.

La bombe lâchée par Adrien Rabiot en mai dernier aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. La France du foot s’insurgeait devant le choix du milieu de terrain de refuser le rôle de réserviste en équipe de France en vue de la Coupe du monde 2018. Une décision qui l’a enfoncé dans les méandres de l’anonymat bleu après la victoire au Mondial. Heureusement, le début de saison au PSG pouvait lui rendre son sourire. Thomas Tuchel en a fait une pièce maîtresse de l’équipe, lui laissant même parfois le brassard de capitaine. Mais tout s’est écroulé au fur et à mesure. Des performances insatisfaisantes, une prolongation qui n’arrive pas et un Marquinhos qui ne rechigne pas à jouer en sentinelle. Voilà que Rabiot se retrouve mis au placard, avec un départ acté peu avant Noël.

Comme s’il était l’élu

On ne saurait aller jusqu’à rejeter entièrement la faute sur le milieu parisien pour cette malheureuse situation. Mais le fait est que Rabiot est le principale responsable de tout cela. Et le premier à en subir les conséquences. Son arrogance n’a cessé de monter d’année en année. Tandis que le prodige Kingsley Coman s’entraînait avec les gardiens, Adrien Rabiot signait professionnel et bénéficiait d’un prêt intéressant à Toulouse. Comme s’il était l’élu parmi les jeunes du centre de formation. Depuis, le natif de Saint-Maurice a enchaîné les bêtises, du refus de jouer devant la défense à une absence polémique à l’entraînement avant la finale de la Coupe de France 2015. Et le niveau de ses prestations, entaché d’une nonchalance exaspérante, laisse songeur quant au temps de jeu dont il a bénéficié. Rabiot n’est jamais descendu en-dessous des 33 matches dans une saison. Il était même le deuxième joueur de champ le plus utilisé par Unai Emery en 2017-2018. Paris lui a donné de l’amour qu’il n’a jamais rendu.

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Rabiot n’a jamais fait la moindre fleur au PSG. Le refus de prolonger son contrat a frustré les dirigeants parisiens, inquiets de ne pas récolter un seul centime sur un joueur à la valeur marchande élevée alors que le fair-play financier garde le champion de France dans le collimateur. Dans le même temps, d’autres joueurs prenaient les minutes qu’on leur offrait, peu importe la position sur le terrain. Alphonse Areola, lui, a prolongé son contrat malgré l’alternance avec Gianluigi Buffon. Il emboîtait ainsi le pas à Presnel Kimpembe, lié au club jusqu’en 2023 depuis août dernier. Quand ce n’est pas une question de terrain, cela semble être un problème d’argent avec Rabiot. L’Equipe affirmait en décembre que le PSG envisageait de lui proposer un salaire équivalant à celui de Thiago Silva. Ce serait oublier les années-lumière qui séparent le niveau, l’importance et le statut des deux hommes au sein du club. Adrien Rabiot ne mérite aucunement de prendre une telle dimension.

L’UNFP, ce super-héros bidon

Peu de temps après, la fin de l’aventure entre Rabiot et Paris fut actée, tout comme le fait que Thomas Tuchel ne ferait plus appel à lui jusqu’à la fin de la saison. De quoi hérisser les poils d’un super-héros bidon : l’UNFP. «S’il a été signé, ce n’est pas pour que le joueur s’entraîne, mais bien pour qu’il participe à la compétition», écrivait le syndicat des footballeurs pros. Si Jesé parle français, il s’est sûrement étranglé en lisant un tel communiqué, lui qui s’entraîne au quotidien avec le groupe bien qu’il n’ait jamais été ne serait-ce que sur le banc. «L’une des obligations qui incombe à un employeur est de fournir un travail à son salarié ainsi que les moyens de le réaliser.» Félicitations à l’UNFP qui s’immiscera prochainement dans le vestiaire de Thomas Tuchel afin de le contraindre à cocher le nom d’Adrien Rabiot sur la feuille de match. Les bonnes actions du syndicat sont multiples, mais sa maladresse est absolue sur ce cas. Arrêtons de faire les faux-culs un instant : quel intérêt possède le PSG à offrir du temps de jeu à un joueur sur lequel il ne construira pas l’avenir et dont il ne tirera aucune somme à travers une vente ?

Aujourd’hui, le départ de Rabiot constitue la meilleure alternative pour toutes les parties. Le milieu de terrain perdrait son temps en restant six mois de plus au club. Le PSG, lui, ne pourrait que se réjouir de se débarrasser d’un élément potentiellement toxique. Le Barça intéressé ? Voilà un choix surprenant, pour ne pas dire ridicule venant des Catalans. Visiblement, Ousmane Dembélé n’avait pas assez piétiné l’institution du club. Il faut recruter un spécialiste. Un homme dont l’amour entre lui et son club formateur n’a cessé de se consumer au fil du temps. Adoubé et surnommé «Duc» par les supporters, Adrien Rabiot est devenu le bouffon du PSG. Le réceptacle de haine d’une équipe dont il est le seul réel point noir cette saison. Fort heureusement, la sienne à Paris est (sûrement) terminée. Et sa carrière dans la capitale avec.

Crédit photo : Anne-Christine POUJOULAT / AFP

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