[Dossier] Vinicius Junior, du Flamengo au Flamenco (Partie II)

Retrouvez la première partie de notre dossier consacré à Vinicius Junior ici : Vinicius Junior, nouveau Neymar ou futur Robinho ?

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Une fois ses valises posées dans la capitale espagnole, Vinicius Junior change de monde. Nouvelle ville, nouvelle culture, nouveau club… Nouveau coach aussi. Malgré les nombreuses pressions venues de l’extérieur et de ses propres dirigeants, Julen Lopetegui rechigne à donner du temps de jeu à sa recrue.

Chien ou chat ? Chocolatine ou pain au chocolat ? Tupac ou Biggie ? Les Stones ou les Beatles ? Il y a des questions auxquelles tout être humain se doit de répondre de manière binaire, claire et figée. Il choisit un camp et reste sur ses positions jusqu’à sa mort. « Messi ou Ronaldo ? » fait partie de ces dilemmes, de ces choix de vie. Il serait impensable de voir un pro-Messi admettre que, finalement, c’est bien Cristiano Ronaldo le meilleur footballeur de la galaxie, et inversement. Sauf que Vinicius Junior n’est pas du genre à faire comme les autres. À l’époque où sa carrière n’était pas encore liée au Real Madrid, le garçon jouait sur la Playstation avec le Barça et assurait sans hésitation que Messi était le meilleur joueur du monde. Quelques mois plus tard, il poste une photo Instagram avec Ronaldo légendée : « Le meilleur du monde ! » Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis après tout. Et le bonhomme est loin d’être bête. Il a très vite compris comment fonctionnait le Real Madrid avant même d’y mettre les pieds. Il vaut mieux se mettre les bonnes personnes de son côté.

C’est précisément le 14 juillet 2017 qu’il atterrit dans la capitale espagnole. Après une première saison chez les professionnels au bout de laquelle « Vini » a marqué quatre buts et réalisé une passe décisive en 34 matchs, Zidane donne son accord pour l’incorporer à l’effectif. L’objectif, comme pour Ceballos, est de lui donner du temps de jeu peu à peu, pas tout d’un coup, afin d’éviter de le griller. Petite particularité tout de même, le Real Madrid l’inscrit comme Juvenil A afin qu’il ne prenne pas de place administrativement parmi le Castilla (la réserve du Real) ou l’équipe première. Mais il peut évidemment les rejoindre à tout moment. L’autre avantage est qu’il n’occupe pas non plus de place d’extra-communautaire. « Qu’il ait un type de licence ou un autre est un sujet administratif. Il est avec nous quotidiennement et aura les minutes que nous estimons opportunes », prévient l’entraineur Julen Lopetegui.

De la pub pour Vinicius et Rodrygo

Un message plutôt positif et de bon augure qui contraste fortement avec celui de Clarence Seedorf. « Le Real Madrid est un club avec beaucoup d’exigence et ces deux joueurs (Vinicius et Rodrygo, qui ne rejoindra le club qu’à l’été 2019, NDLR) ne vont pas jouer, assène le Néerlandais sur SporTV. Cette année, j’ai eu un Uruguayen sous mes ordres au Deportivo La Corogne (Fede Valverde, NDLR). Il ne va pas jouer à Madrid. Si tu as de la chance, tu iras à Porto pour mûrir. Si tu ne réussis pas, d’autres prendront ta place. (…) Tout le monde rêve de jouer à Madrid et nous savons tous que celui qui vient vit ou meurt. Zé Roberto était l’un des meilleurs joueurs que j’ai vus et il est parti. Eto’o a été oublié quand il avait 18 ans. Il a fait une merveilleuse année à Majorque et est allé à Barcelone. » Au Real, c’est tout ou rien, noir ou blanc, il n’y a pas de gris. « Tout canterano qui vient espère très fort être dans l’équipe première, faire du mieux possible et essayer de se montrer. Mais ce n’est pas facile parce que les jeunes ont beaucoup de problèmes pour faire leur trou. Le Real Madrid est un des meilleurs clubs du monde et il n’attend personne (Cadena SER) », confirme Javier Portillo, qui sait de quoi il parle en tant qu’ex-canterano merengue. Pour un jeune brésilien qui débarque en Europe, il convient donc de prendre ses marques et de s’adapter correctement. En 1997, Savio Bortolini est aussi directement passé du Flamengo au Real Madrid. « Au début, c’était dur, se remémore-t-il dans AS. Je n’étais pas habitué au froid, mais peu à peu, je me suis adapté et j’ai reçu le soutien du public, ce qui m’a rendu la tâche plus facile. A partir de là, je me sentais meilleur chaque jour. » 20 ans plus tard, Vinicius connait peu ou prou la même expérience. À ceci près qu’il peut s’appuyer sur deux cadres du vestiaire, Casemiro et Marcelo, pour l’aider à s’adapter.

« Il ne s’agit pas de ce que Vinicius peut nous donner, mais plutôt de ce que le Castilla peut donner à Vinicius »

Seulement, pas sûr qu’il reste longtemps avec ses compatriotes. Ça se gratte la tête dans les bureaux du Bernabeu. On envisage l’option de prêter la pépite dans une équipe de Liga pas trop loin de Madrid. « Il faut considérer que nous devons maintenant faire avec lui. Il y a une pression exagérée sur l’entraineur et sur le joueur. Il doit garder son calme et attendre les minutes peu à peu. Et peut-être qu’il devrait chercher une bonne équipe en Espagne où il puisse jouer sans autant de pression et disposer de plus de temps de jeu », explique Michel Salgado à UOL. Parmi les candidats : Getafe, Leganés, le Rayo Vallecano et le Real Valladolid. Ce dernier attire évidemment plus l’attention que les autres puisque son actionnaire principal n’est autre que Ronaldo Nazario. La légende avait d’ailleurs « parrainé » Vinicius lors de sa première conférence de presse au Real. Plus tard, R9 a admis avoir « demandé un prêt » à Florentino Pérez. Mais le président lui a dit « que c’était difficile ». Finalement, la décision, c’est Vinicius lui-même qui la prend : il reste. « Jouer avec le Castilla me sert pour m’adapter plus rapidement au climat, au style de jeu espagnol, parce qu’en Europe, le football est différent, confie-t-il à Sport TV. Les joueurs du Castilla m’ont toujours beaucoup aidé pour que je puisse jouer au plus haut niveau possible avec eux et pour que je puisse être définitivement avec l’équipe première. » Santiago Solari, alors entraineur de la réserve, ne peut qu’acquiescer : « Il ne s’agit pas de ce que Vinicius peut nous donner, mais plutôt de ce que le Castilla peut donner à Vinicius pour qu’il s’améliore et s’adapte. Il faut l’accompagner pour le mettre dans les meilleures conditions. Il a 18 ans et il s’adapte. Nous voulons qu’il puisse développer son potentiel le plus tôt possible. »

« Vinicius a besoin de temps de cuisson »

Le fait que le carioca reste au Real Madrid signifie clairement que le club compte bel et bien sur lui. Plus possible d’en douter. De toute façon, il n’a plus le choix. D’autant plus que Real Madrid TV a payé une page de publicité d’annonce du match entre les U20 du Brésil et du Chili dans presque tous les quotidiens nationaux. Une manière de mettre en avant ses deux recrues Rodrygo et Vinicius. Le premier a marqué, le second a manqué un penalty mais a réalisé un véritable festival. Autre preuve de la confiance des merengue envers « Vini » : ils s’opposent à sa participation au Sudamericano Sub-20 2019 qui a lieu du 20 janvier au 3 février. La fédération brésilienne négocie avec le Real et le joueur lui-même pour pouvoir le libérer, mais le tournoi n’est pas une compétition de la Fifa. Les clubs ne sont donc pas obligés de libérer leurs joueurs. Vinicius n’y est pas allé, Rodrygo oui.

Seulement, Julen Lopetegui, lui, ne s’emballe pas. Au début de la saison, il préfère Borja Mayoral et Lucas Vazquez au feu-follet sud-américain. Les dirigeants madrilènes font confiance à leur coach. Après tout, celui qui vient de se faire éjecter de la sélection espagnole a déjà prouvé par le passé qu’il sait gérer les jeunes joueurs et le moment pour les lancer. Et puis, il n’est pas non plus dans l’obligation de lancer le garçon dans le grand bain immédiatement. Si tous les joueurs offensifs (Lucas Vázquez, Dani Ceballos, Asensio, Isco, Bale, Benzema, Mariano) sont disponibles, il n’y a pas de place pour lui.

Joue-la comme Marcelo

Lopetegui ne veut pas casser les codes du vestiaire et lancer un gamin pour qui une hype est en train de naître au détriment d’autres joueurs qui se battent pour avoir du temps de jeu. Pas de passe-droit. À croire que le technicien basque est le seul à ne pas crever d’impatience de voir Vinicius en équipe A. Tout le monde est très pressé avec lui. Très pressé de le voir titulaire et casser la baraque. D’autant que le club l’a présenté comme LA grande recrue de l’été, les autres achats étant Thibault Courtois (35 M€), Mariano Diaz (21,5 M€) et Alvaro Odriozola (30 M€).

Lopetegui se voit donc dans l’obligation de contenir les ardeurs venues de l’extérieur, des fans, de la presse, des observateurs, de ses propres dirigeants et en même temps rassurer Vinicius afin qu’il ne ressente pas de déception. « C’est un joueur de l’effectif. Quand il viendra avec nous, il aura des options de jouer et quand il ne viendra pas, il pourra le faire avec le Castilla, affirme-t-il. C’est un garçon très jeune, qui a atterri récemment. Il va s’en sortir, mais il besoin de temps de cuisson. » En réalité, non, Lopetegui n’est pas tout à fait le seul à penser qu’il vaut mieux prendre son temps. Ils sont au moins deux. Michel Salgado abonde aussi dans ce sens. « Je me souviens de Marcelo quand il est arrivé. C’était un enfant et personne n’attendait beaucoup de lui. Il est arrivé en même temps que Gago et Higuain, raconte l’ancien défenseur blanco. Il était le moins connu. Au début, il souffrait beaucoup défensivement, mais était très bon en attaque. Nous avons parlé avec lui, nous l’avons aidé à s’adapter. Il a su attendre son moment. De plus, il n’avait pas la pression de Vinicius, c’était un joueur pour le futur. Il a commencé à s’entrainer avec l’équipe première, a gagné quelques minutes, s’est amélioré défensivement et puis il est devenu le latéral que l’on connait. »

« Un joueur charismatique »

Mais de l’autre côté de l’océan atlantique, les Brésiliens n’en peuvent plus d’attendre. Surtout au Flamengo. Le club est en pleine crise et peut légitimement s’imaginer qu’avec « Vini », les choses se passeraient peut-être autrement. Il y a donc de l’amertume, voire un peu de rancœur, dans les travées du stade Luso-Brasileiro, lorsque le plus gros public du Brésil découvre qu’en fait, le joyau qu’il a laissé partir ne tourne qu’entre la Segunda B (3e échelon national), les tribunes et le banc de touche. Et petit à petit, leur impatience gagne l’Espagne. Les supporters des Vikingos sont fans de Vinicius avant même de l’avoir vu à l’œuvre au Bernabeu. Lors de son premier match avec la réserve, toute l’attention était focalisée sur lui, le public a applaudt lorsque son nom a été prononcé par le speaker et à chaque fois qu’il touchait le ballon. Il a même quitté le terrain à la 73e minute sous une ovation.

Il faut dire qu’il a toujours su se mettre les supporters dans la poche. Il n’y a pas d’autre joueur qui s’arrête aussi régulièrement pour signer des autographes et prendre des selfies avec eux après les entrainements à Valdebebas. Edurado Bandeira, le président de Flamengo, confirme dans AS que sa capacité à séduire ne date pas d’hier : « C’est une idole pour tous nos canteranos. Aujourd’hui, ils veulent être comme lui parce qu’il est capable de rendre amoureux les plus de 40 millions de supporters qui nous encouragent partout dans le monde. (…) C’est un joueur charismatique qui rend les gens amoureux très rapidement. Il est né avec ce talent et il sait l’exploiter tant sur le terrain que dans la rue. » Dans Globoesporte, Tite, le sélectionneur de la Seleçao, ajoute qu’il exploite aussi ce pouvoir avec les médias : « J’ai parlé avec Carlos Amadeu (sélectionneur U20 du Brésil, NDLR) et il m’a dit : “Vinicius a une capacité incroyable à attirer les médias. Il est extrêmement simple et tranquille au travail, mais il les fascine.” »

Une sympathie qui est accentuée par son comportement exemplaire et très mature, lui qui ne se plaint jamais de sa situation, ne boude pas et continue de faire ses matchs avec le Castilla. Hormis la première rencontre, pendant laquelle la pression mise par l’engouement dans les gradins l’a un peu inhibé – et il parait même qu’il ne connaissait pas les noms de plus de cinq partenaires –, il a plutôt alterné entre le bon et le très bon. Naturellement, ceux qui le voient à l’œuvre ne comprennent pas qu’il n’ait pas droit à une promotion. Surtout au vu de l’état de l’équipe première. Au départ, la stratégie de Lopetegui était de le faire jouer en Copa del Rey. Mais face au désert offensif de ses joueurs, tous les observateurs, ou presque, estiment que « Vini » mériterait plus. On parle d’une période où le Real passe 6 heures et 49 minutes sans marquer le moindre petit but (Alavés, CSKA Moscou, Atlético Madrid, Seville et 49 minutes contre l’Espanyol). Le club est en pleine crise. Benzema est transparent, Bale mauvais ou à l’infirmerie, Asensio ne confirme pas les espoirs placés en lui, Mariano non plus et seul Vazquez tient à peu près la route en s’arrachant plus qu’en brillant. Mais cette situation n’est pas nouvelle pour l’entité.

« Quand les choses vont mal, le Real doit puiser dans son centre de formation »

Sortez les cahiers d’histoire. Au début des années 1980, période de disette pour un Real Madrid qui n’a pas soulevé le titre de champion de 1980 à 1986. Le public préférait aller voir jouer le Castilla plutôt que l’équipe première. Cinq gamins y étaient éblouissants : Miguel Pardeza, Manolo Sanchís, Míchel, Rafael Martín Vázquez et Emilio Butragueño. La fameuse « Quinta del Buitre » (« La quinte du vautour », en VF). Les médias se sont aussi davantage focalisés sur eux. Il y avait parfois plus de monde aux matchs du Castilla qu’au Bernabeu. Une rencontre contre l’Athletic Bilbao a même réuni 70 000 personnes. Face au phénomène, Alfredo Di Stefano, l’entraîneur de l’équipe première, les a donc fait monter et l’enthousiasme des supporters est revenu au Bernabeu.

Cette fois, le rôle « del Buitre », surnom d’Emilio Butragueño, le leader de la bande, est incarné par Vinicius. La fougue de ce dernier contraste avec l’épuisement des Kroos, Bale, Modric et Marcelo. On pourrait aussi citer Reguillon qui vient faire son trou à la pace de Marcelo côté gauche. Depuis le début de la saison et le départ de Cristiano Ronaldo, le Bernabeu est clairement moins fréquenté que l’année dernière. C’est aussi en période de crise que sont apparus les « yé-yé », surnom donné aux madrilènes qui ont dominé le football mondial dans les années 1960. Vinicius n’est pas un canterano, mais s’est fait les dents avec le Castilla, donc dans la position d’un canterano. « À part Raul, qui est arrivé dans une bonne époque, quand le Real Madrid de Jorge Valdano jouait bien, normalement, quand les choses vont mal, le Real doit puiser dans son centre de formation », expose José Luis Morales, ancien canterano du Real Madrid merengue lui aussi.

Le Clasico de la discorde

Seulement voilà, ce qui doit arriver n’arrive pas et le prodige brésilien continue de ne côtoyer l’équipe première qu’aux entrainements. Dans le camp de Lopetegui, les mauvais résultats s’enchainent et ne lui donnent pas raison. La patience de Florentino Perez commence à toucher ses limites. La goutte d’eau fait déborder le vase après un match entre le Castilla et le Celta Vigo B. Alors que l’équipe réserve est dans le bus direction Vigo, Solari est averti que Vinicius arriverait en renfort en avion, puisque Lopetegui l’a de nouveau écarté de la rencontre face à Levante. Quatre minutes après avoir déposé le coup-franc du 1-1 dans la lucarne, le Brésilien reçoit un carton rouge injustifié. Une sanction synonyme de suspension pour le Clasico. Souhaitant le voir au moins sur le banc pour ce choc au Camp Nou, le Real Madrid fait appel du carton. La sanction est levée. Des efforts s’avèrent totalement vains puisque, si Lopetegui l’a bien sélectionné le groupe de 22 joueurs, il l’a finalement laissé en tribunes. L’affaire a beaucoup crispé ses dirigeants qui ne comprennent pas l’absence du crack.

L’homme à abattre

Même Rivaldo, agacé par la situation de son compatriote, s’en mêle et s’interroge sur les motifs qui poussent Lopetegui à le laisser sur le banc. « Le début de la saison est le meilleur moment pour lancer un joueur parce que la pression n’est pas encore très grande, expose-t-il. Si Vinicius ne joue pas, c’est par décision de l’entraîneur, pas pour le protéger, parce que la meilleure façon de le faire aurait été de le laisser une saison de plus à Flamengo. Si Vinicius a été incorporé à l’équipe première, c’est pour jouer et il ne devrait pas perdre son temps. »

Le deuxième tournant, après celui de Vigo, a lieu contre l’Atlético B. Un match durant lequel le Brésilien, malgré son doublé, reçoit une pluie de coups. Pire, Tachi, un adversaire, visiblement admiratif de Luis Suarez, lui plante les dents dans la peau du crâne. Le style de jeu de Vinicius entraine beaucoup de fautes et de frustration chez ses adversaires. Son idole Neymar connait ça. La Segunda B n’est pas comme la Liga. Elle est plus physique et laisse peu d’espace. Le Real s’inquiète donc de voir son joueur subir autant de fautes (une toute les cinq premières minutes pendant la première mi-temps contre l’Atleti) et cherche à le protéger. Ça commence par ne lui faire jouer que les matchs à domicile, décision qui trottait déjà dans la tête des dirigeants en début de saison. Cet incident l’a convaincu.

Lopetegui prend la porte

Le match suivant, contre Adarve, se joue sur un terrain synthétique. « Vini » n’y est pas habitué et il n’est pas rare de voir les joueurs se blesser là-dessus. Il est donc préservé pour cette rencontre. Les plus optimistes espèrent alors que ce qui l’éloigne du Castilla le rapproche de l’équipe A. Mais Lopetegui, qui était dans les tribunes pour le « miniderbi », estime que, malgré tout, Vinicius en sort grandi, plus fort physiquement et qu’il s’adapte au football européen. En somme, c’est l’métier qui rentre, garçon !

Le prodige ne se rapproche finalement pas plus du Bernabeu pour autant. Certains parlent de gaspillage. Vinicius en Segunda B, c’est donner de la confiture aux cochons. Voire de la concurrence déloyale. « La concurrence est faussée avec des joueurs de classe mondiale et aussi avec certaines filiales en concurrence, se plaint Felipe Llamazares, directeur général de la Cultural Leonesa, club de Segunda B. Aujourd’hui, vous pouvez venir ici pour jouer, mais demain, vous ne pouvez pas le faire contre un rival direct. » Alors, face à la pression extérieure, aux faits explicites, aux mauvais résultats sportifs et surtout à l’obstination de son entraineur (seulement 12 minutes offertes à Vinicius chez les pros), le Real Madrid n’a d’autre option que de mettre son coach à la porte et le remplacer par Santiago Solari. Bonne nouvelle pour Vinicius. Un choix aussi facile qu’entre pain au chocolat et chocolatine. On dit pain au chocolat.

Photo crédits : Enrique de la Fuente / NurPhoto

[Dossier] Vinicius Junior, nouveau Neymar ou futur Robinho ? (Partie I)