Gabriel Jesus, de la rue à l’Etihad

Dans quelques heures se jouera le match retour de Ligue des champions entre Manchester City et Tottenham qui décidera de l’avenir de ces deux clubs anglais dans la compétition. Si Tottenham s’est imposé de justesse la semaine dernière, City compte bien faire parler son armada offensive pour prendre sa revanche. Aguero, Sterling, Sane, Mahrez, Bernardo Silva, David Silva… Pep Guardiola aura l’embarras du choix à l’heure de choisir les hommes qui pourront faire basculer cette confrontation. L’un de ces potentiels sauveurs s’appelle Jesus, Gabriel de son prénom. Un patronyme qui ne s’invente pas, et qui semble prédestiner le garçon à un grand avenir.

« J’ai commencé à jouer au foot dans la rue quand j’avais 5 ans »

Gabriel Jesus, c’est le mythe du footballeur brésilien parti de rien par excellence. Le prodige est né le 3 avril 1997 dans un quartier pauvre de Sao Paulo. Son père décède alors qu’il est très jeune, et sa mère l’élève seule. Comme beaucoup d’autres gamins, le petit Gabriel passe le plus clair de son temps libre à jouer au football, sur les terrains de terre de son quartier.

Pendant toute son enfance, Gabriel Jesus s’entraîne avec assiduité. Il progresse au point de devenir la star du club local. Son talent est flagrant : le jeune Gabriel a quelque chose en plus. Ses performances ne passent pas inaperçues, et en juillet 2013, le destin frappe à la porte. Il est repéré par le club de Palmeiras, qu’il rejoint à 16 ans. La mécanique est en marche, et plus rien n’arrêtera l’ascension de Jesus.

« Toute ma vie se résume au football »

L’enfant de Sao Paulo porte fièrement les couleurs de la ville. Remarqué pour sa vitesse et son explosivité, Gabriel est très vite en odeur de sainteté et devient la coqueluche du club. En U18, il inscrit pas moins de 54 buts en 48 matchs. Jesus marche sur l’eau, et en 2015, il signe un contrat professionnel avec le club.

Il faut dire que Gabriel est un surdoué. Le genre de joueur qui fait l’unanimité, et dont aucun sélectionneur ne saurait se priver. En 2015, il est le plus jeune joueur appelé avec la sélection pour participer à la Coupe du monde des moins de 20 ans en Nouvelle Zélande. Rebelote en 2016 pour les Jeux Olympiques remportés par le Brésil de Neymar. 100% Jesus.

L’année 2016 marque une véritable consécration pour Jesus, repositionné en avant-centre par Cuca. Son entraîneur dira d’ailleurs de lui : « Il a tout. Même lorsqu’il est pressé par un ou deux joueurs, il arrive à créer quelque chose ». A l’issue de la saison, Palmeiras sera sacré champion du Brésil, et Gabriel Jesus remportera le « Bola de ouro » récompensant le meilleur joueur brésilien du championnat.

« Depuis le moment où Guardiola m’avait appelé, je n’avais plus de doutes sur l’endroit où je voulais jouer »

A l’été 2016, les miracles de Jesus attirent tous les regards et de nombreux clubs européens viennent frapper à la porte du club brésilien. Le Barça, le PSG, l’Inter, le Real Madrid et Manchester City cherchent à s’attacher les services de celui que l’on compare à demi-mot au grand Ronaldo.

Ne reste plus qu’à choisir le club élu. Une telle décision est difficile à prendre pour un gamin de 19 ans, mais Gabriel Jesus n’hésite pas longtemps. Un coup de téléphone avec Pep Guardiola suffit à le convaincre. Il veut jouer à Manchester City, avec celui qu’il considère comme le meilleur coach du monde. Il termine donc sa saison au Brésil, puis s’envole pour la terre promise.

« Mon rêve avec Manchester City c’est de gagner des titres, d’être heureux, et de rendre tous les fans heureux aussi »

Gabriel Jesus arrive à Manchester au mois de janvier 2017. Attendue comme le messie, la pépite brésilienne connaîtra néanmoins des débuts difficiles. Après seulement 5 matchs disputés sous le maillot citizen, et déjà trois buts marqués en Premier League, il est victime d’une fracture du métatarse le 13 février à l’occasion d’un match contre Bournemouth.

Mais le jeune attaquant est solide et déterminé, et après deux mois d’absence, il est de retour sur les terrains. Une résurrection qui lui permet de marquer encore 4 buts en Premier League avant la fin de la saison.

Au cours de la saison 2017-2018, il participe à la victoire de son club en championnat en marquant 13 buts en Premier League et 4 en Ligue des champions. Il est à nouveau absent deux mois à cause d’une blessure au genou début janvier.

Après avoir porté sa croix, Gabriel Jesus connaît enfin sa première saison sans pépins avec Manchester City. Depuis le mois de septembre, il a marqué 7 buts en championnat et 19 toutes compétitions confondues, avec notamment un triplé en Ligue des champions contre le Shakhtar Donetsk et un quadruplé en Carabao Cup face à Burton.

« Sergio est un joueur très important et essentiel pour le club »

Au total, depuis son arrivée en Angleterre, Jesus a marqué 27 buts en 35 titularisations en Premier League. Un total plus qu’honorable pour un joueur qui doit généralement se contenter de bouts de matchs. Car si ses stats peinent à décoller, c’est parce que la concurrence est rude chez les champions d’Angleterre. Gabriel Jesus est souvent remplaçant, dans l’ombre du Kun, qui enchaîne les prestations de grande qualité. Les deux attaquants sont alignés alternativement, à l’avantage de l’Argentin. Pep Guardiola s’est récemment exprimé sur cette situation « Dans les grands clubs, chaque joueur est en concurrence avec un coéquipier, c’est simple. Je prends toujours les décisions qui sont les meilleures pour l’équipe à l’instant présent. Gabriel doit se battre pour gagner sa place ».

En attendant, Gabriel Jesus reste un remplaçant de prestige pour son club, comme il l’a encore montré samedi dernier en marquant seulement 15 minutes après son entrée en jeu lors de la victoire mancunienne face à Crystal Palace. Une bénédiction pour l’apôtre du jeu offensif qu’est Pep Guardiola, qui devra compter sur tous ses éléments pour tenter de remporter la Premier League, la FA Cup, et pourquoi pas la Ligue des champions.

 

Photo crédits : Adrian DENNIS / AFP