La triste vie de Justin, passionné de football

Aujourd’hui nous partons à la rencontre de Justin, passionné de football depuis son plus jeune âge. Jeune adulte, il mène une vie relativement ordinaire. Il travaille durement et honnêtement, gagne à peine de quoi pouvoir vivre sans trop s’inquiéter et vit seul, dans un petit appartement. Le jeune homme possède malgré tout toute la panoplie du vrai passionné : un grand écran plat dans son salon, des abonnements aux différentes chaînes de sport, une console avec le dernier jeu de football en vogue, une importante collection de maillots, et des posters accrochés un peu partout et n’importe comment.

Source : https://pixabay.com/illustrations/tv-man-sofa-tv-room-apartment-1529259/

Justin vit pour une passion qui lui revient, à lui et à ses parents, très cher. Mais c’est son échappatoire, ce qui le pousse à avancer dans la vie. Il faut se poser la question suivante : qui est là pour le réconforter après une longue et éprouvante journée de travail ? Une éventuelle petite amie ? Non, elle ne comprendrait rien à ses problèmes.

Celui qui est là pour lui dans ces moments difficiles, c’est Omar Da Fonseca. Ou encore Benjamin Da Silva, Philippe Genin, peut-être Darren Tulett. Ce qui lui permet de se défouler et d’évacuer sa frustration, ce n’est pas une bonne séance de sport. C’est son jeu de football. Du moins jusqu’à ce qu’il perde et explose sa manette contre un mur.

La vie de Justin, on la connaît tous. Pourtant, certains ne la comprennent pas. Ils ne comprennent pas que tout cela en vaut la peine. Ils ne comprennent pas que quand arrive le week-end, c’est un tout nouvel homme qui renaît. La semaine écoulée n’est alors qu’un lointain souvenir car maintenant, place au football, place à la passion. Et cela commence dès le vendredi soir. Justin, alors enthousiaste, va sur Twitter et lâche un « La Ligue 1 est de retour les frérots ! »

Ce match d’ouverture de journée est certes souvent dégueulasse, mais c’est pas grave, il a rempli son rôle. Il tweete donc : « J’me suis bien fait chier. On espère que demain sera plus intéressant ! » Il allume de nouveau la console, met de la musique, joue un peu, perd à nouveau, éteint la console et retourne sur Twitter. Après quelques critiques adressés aux développeurs du jeu, il tombe sur des Curiouscats assez obscures, ceux que tu ne vois qu’après minuit. Et c’est ainsi que quelques heures plus tard, il va se coucher, certainement bien plus tard que la plupart des gens.

Le samedi, c’est reparti

Le samedi commence bien pour Justin, il se réveille tout juste à temps pour le match de Premier League du début d’après-midi. Il s’empresse de se préparer quelque chose à manger, et c’est reparti. Cette fois, match de gala oblige, il va en profiter pour balancer quelques analyses bien pensées sur son réseau favori, et espérer percer. Mais la renommée n’arrivera pas aujourd’hui. La journée avance, les matchs se suivent. Bundesliga, Serie A, Liga, Premier League, tous y passeront, bien qu’il n’en verra que des bouts de matchs, se lassant très vite après quelques erreurs techniques. Cela lui permettra néanmoins de faire croire à ses followers qu’il regarde plusieurs matchs en même temps.

Le match du samedi soir approche. Il quitte alors son canapé pour décongeler sa pizza, puis la mettre au four et sort les boissons. Il est prêt. La vie de fan de football est vraiment belle. Ce soir, il est à fond, les analyses pointues du début de journée ont laissé place à des tweets en majuscules après chaque action un peu folle.

Le match se termine, et Justin est à la fois heureux d’avoir vécu ce si beau moment, et triste que ce soit déjà fini. Il va donc tout faire pour prolonger le bonheur. Que ce soit en regardant des vidéos ou des streams, ou encore en trouvant quelques bons débats auxquels il peut participer. Après une bonne heure ou deux, il a besoin de faire une pause, de se couper du football pendant un petit moment. Il lance alors une série ou un film et se pose tranquillement. Il va ensuite se coucher, encore plus tard que la veille.

Le dimanche, piqûre de rappel assez franche

Il se lève avec un peu de mal le dimanche, à midi, se disant qu’il ne lui reste peut-être que deux bons matchs ce week-end, et que tout cela est déjà passé trop vite. Il veut alors profiter le plus possible, et s’inflige de ce fait la deuxième mi-temps du match de Serie A du dimanche midi, un fameux Bologne – Genoa. C’est à ce moment précis qu’il va se convaincre que la pépite de demain dispute le match qu’il est en train de regarder. Il ouvre donc Twitter.

Aujourd’hui, son équipe préférée joue en fin d’après-midi. Après deux heures d’attente insoutenable, la compo tombe.
Et merde, le beau football, ça sera pas non plus pour tout de suite. Arrive donc le début du match, il se dit alors que l’important, c’est la victoire, surtout que l’adversaire direct de son club a lâché des points ce week-end. S’en suivent 90 minutes moribondes, pendant lesquelles il aura tout de même retenu sa respiration, car Justin reste un optimiste avant tout. Il sait qu’une action peut tout changer. Peut-être une autre fois. Score final, 0-0.

Enfin, pour le dernier match du dimanche et par conséquent du week-end, Justin hésite entre le choc de Liga et celui de Ligue 1. Puis, il se rappelle que quoi qu’il arrive, rien ne pourra le réconforter. Il choisit donc un match et le regarde, vide à l’intérieur.

23h. Justin doit aller dormir. Il se réveille tôt demain, la semaine et le travail reprennent… Ah, déjà. Mais après s’être endormi à 3 ou 4h du matin et s’être réveillé après les douze coups de midi tout le week-end, il n’arrive pas à s’endormir si tôt. Il remue donc pendant des heures dans son lit, réfléchissant à ce week-end passé et à ce qu’il va pouvoir raconter à ses collègues quand ils lui demanderont ce qu’il a fait pendant plus de deux jours.

Crédit photo: PictureAlliance / Icon Sport

+1