TFC : après la lose, le chantier à Toulouse

Club emblématique du football français, le TFC a sombré lors de l’exercice 20-2020. Retour sur cette saison cauchemardesque, alors qu’une nouvelle ère s’ouvre avec l’arrivée d’un investisseur américain. 

Il est rare de voir un club tomber si bas. Pourtant, cette année le TFC est champion en la matière avec les relégations simultanées de ses équipes élite masculine et féminine. Avec ces descentes, le club de la Ville rose tourne une page de son histoire.

La Ligue 1 et D2 du football féminin disent en effet au revoir à deux formations reconnues dans le foot français. Quadruple championnes de France entre 1999 et 2002, demi-finalistes de la Coupe d’Europe à la même époque, les Violettes font partie des équipes historiques du football féminin français. Les hommes aussi ont connu l’Europe dès 1986 en éliminant notamment le SSC Naples de Diego Maradona. Après des années 1990 difficiles, le club a réussi une remontée fulgurante de National en Ligue 1. Si bien qu’en 2007, les joueurs d’Elie Baup jouent le tour préliminaire de Ligue des champions face au grand Liverpool.

Il est vrai qu’après ces fastes années, la machine a quelque peu rouillé. À partir de la saison 2013-14, les joueuses toulousaines ont été reléguées en deuxième division, sans jamais réussir à retrouver l’élite. Comme liés par le destin avec leurs homologues féminines, les Violets ont également commencé à couler. Déjà 17e en 2015, le TFC vit ensuite une véritable saison cauchemardesque avant un maintien d’anthologie. Malgré 10 points de retard au terme de la 28e journée, Pascal Dupraz et ses joueurs se sauvent miraculeusement lors de l’ultime rencontre de la saison. Cette expérience traumatisante, le club n’en tire pas de leçon. 13e, puis 18e et barragiste et enfin 16e en 2019, Toulouse est incapable de jouer autre chose que le maintien. Comme chez les féminines qui jouent déjà les barrages en 2019 pour se maintenir à l’échelon national, la dégringolade est bien réelle.

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Bienvenue en enfer

On ne peut donc pas affirmer que le TFC n’a pas été prévenu. Pourtant la saison 2019-20 constitue le pire épisode de ces récentes années. La crise sanitaire a certes provoqué l’interruption inédite des championnats et donc les relégations précipitées des équipes, mais le mal était déjà fait. Avec 17 points de retard sur le premier non-relégable à la 28e journée, Toulouse n’était mathématiquement pas condamné. Mais au vu de la saison, tout espoir s’était déjà évaporé.

Incapable de gagner le moindre match de championnat depuis le 19 octobre 2019 face à Lille (2-1), humiliée en 32e de finale de Coupe de France face aux amateurs de Saint-Pryvé Saint-Hilaire (0-1), et ce malgré le ballet des entraîneurs, l’équipe a coulé dès la mi-saison, laissant ses supporters être la risée de tous. Aucun réconfort n’a été pour eux possible avec leur équipe féminine, celle-ci laissant passer toutes ses chances face à des concurrentes directes, à l’image de cette défaite décisive à domicile lors de l’avant-dernière journée de championnat face à Albi (1-2). Les Violettes occupaient alors la place de barragiste et les Albigeoises pointaient encore trois longueurs derrière elles. Le navire toulousain a donc véritablement sombré.

Un avenir flou

Après ce naufrage, le chantier est donc de taille. À l’image d’un Wesley Saïd – joueur le plus cher de l’histoire du club (8M€) – ouvert à de nouvelles destinations, conserver ses meilleurs éléments semble être une tâche ardue. Obligé de dégraisser son effectif, le TFC pourrait en plus perdre des millions dans ces transferts en raison de la crise liée au Covid-19, qui a affecté les ressources économiques des clubs et fait diminuer la valeur marchande des joueurs. Ibrahim Sangaré, révélation de ces dernières saisons, a ainsi vu sa côte baisser de 12 à 9,5 millions sur le site Transfermarkt avec l’interruption du championnat.

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Pour rebâtir une ossature, Patrice Garande, nouvel entraîneur de l’équipe professionnelle masculine, devrait comme souvent s’appuyer sur l’ADN du club, la formation. À condition bien sûr de retenir ses jeunes talents. Quentin Boisgard a déjà signé à Lorient, alors que Kelvin Amian, Bafodé Diakité et Kouadio Koné, formés au club, seraient eux aussi courtisés selon L’Équipe. Pour les féminines, la rétrogradation à l’échelon régional (D3) laisse planer de gros doutes quant à l’effectif de la saison prochaine. Des joueuses expérimentées comme certaines jeunes prometteuses devraient aller voir ailleurs pour continuer à évoluer au niveau national. Antoine Gérard, ancien responsable des équipes jeunes qui remplace Émilie Gonssollin à la tête de l’équipe, aura fort à faire avec des moyens qui devraient à nouveau être revus à la baisse.

Relancer ces équipes s’annonce donc être un véritable défi, que le fond d’investissements américain RedBird Capital Partners a choisi de relever. Après deux mois de négociations avec Olivier Sadran, la vente de 85% des parts du club a enfin été officialisée le 20 juillet. La clôture de ce gros dossier est une première étape mais le plus dur reste à venir pour remettre le TFC en état de marche. Gerry Cardinale, le nouveau propriétaire du club, a annoncé dans les colonnes de la Dépêche du Midi vouloir développer « un club de niveau international ». Le dirigeant américainencore du pain sur la planche, à commencer par le mercato toulousain.

Crédit photo : Icon Sport 

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