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Du côté d’Hoffenheim, les mêmes noms sont évoqués de façon redondante depuis quelques semaines grâce au succès de l’équipe dirigée par le jeune Nagelsmann. Ces éloges sont bien sûr méritées lorsque l’on voit le parcours exceptionnel qui est réalisé. Pourtant certains noms méritent sûrement plus d’attention, et méritent d’être mis en lumière comme celui de Nadiem Amiri.

Le jeune allemand d’origine afghane a fait du milieu de terrain son jardin sans franchement prendre son temps et aujourd’hui son équipe ne peut se passer de lui. Si cette étoile montante vous est inconnue, il n’est pas trop tard pour la découvrir.

Amiri a vu le jour le 27 octobre 1996 dans le sud-est de l’Allemagne, à Ludwigshafen, ville qui a aussi vu naître l’ancien chancelier Helmut Kohl, ou encore André Schürrle (un peu moins grand je vous l’accorde). Ce n’est pourtant pas dans sa ville natale que le joueur a véritablement commencé à jouer au football puisque cette bourgade est l’une des rares en Allemagne à ne pas avoir de club professionnel. Alors il a dû s’en aller et c’est d’abord au Waldhof Mannheim que l’histoire a débuté. Le TSG Hoffenheim n’a toutefois pas mis longtemps avant de lui mettre la main dessus, car en 2012, à 16 ans, il rejoint le centre de formation du vilain petit canard de la Bundesliga.

Source: Maja Hitij/Bongarts

Et c’est au sein d’une structure qui est parmi les meilleures du pays que le jeune joueur s’est construit.  Sans franchement brûler les étapes, son talent ainsi que sa force de caractère lui ont toutefois rapidement offert la possibilité d’intégrer l’équipe première. Et finalement, l’arrivée de Julian Nagelsmann à la tête d’Hoffenheim a précipité son « intronisation » puisque désormais Amiri ne loupe plus le moindre match en dépit de son jeune âge. Mais comme on le sait, en Allemagne, les entraîneurs n’ont pas peur de lancer leurs jeunes prodiges très tôt dans le bain. Il en est donc encore la preuve. Car depuis ses débuts en Bundesliga le 7 février 2015 face à Wolfsburg, il a joué 62 rencontres. Si au début il ne jouait pas la totalité des rencontres, cette situation a rapidement changé.

 

Un autre prodige du milieu

Si l’éclosion du jeune Allemand d’origine afghane s’est faite aussi rapidement ce n’est certainement pas un hasard.  Son talent lui a donné l’opportunité de s’imposer. De son pied droit en passant par son intelligence de jeu, ses armes lui permettent toujours de faire avancer son équipe jusqu’à la surface adverse.

Du côté du TSG la construction des actions commence fréquemment par une relance de Baumann, le portier du club. Par la suite, Niklas Süle, les latéraux ou encore Sebastian Rudy poussent encore l’équipe à avancer. Mais finalement, c’est Amiri qui a le dernier mot la plupart du temps. Sans pour autant être un numéro 10, il en enfile la cape. La justesse de son positionnement et les espaces créés par ses coéquipiers lui permettent de se faufiler dans chaque faille afin de faire imploser l’adversaire de l’intérieur. Rien de mieux pour venir à bout d’une opposition récalcitrante. Faire accélérer le jeu et sublimer le travail de ses adversaires est peut-être la plus grande de ses qualités. Sans pour autant sauter aux yeux, son travail se révèle être précieux puisqu’il est un adepte du harcèlement (seulement sur le terrain évidement). On comprend donc pourquoi son nom aurait été évoqué du côté de l’Atletico Madrid.

Source : dfb.de

Au-delà de ça, sa polyvalence se trouve être un atout qui est chéri par son coach qui n’hésite pas à le faire jouer à plusieurs positions où il excelle à chaque fois. Dans une position centrale, offensive, en tant que milieu droit ou même sur l’aile gauche, rien ne semble effrayer ce joueur qui s’adapte rapidement. Il n’a jamais froid aux yeux, il sait prendre des risques qui payent souvent. La majeure partie du temps, il est toutefois placé en tant que milieu central. Le jeu repose donc sur ses jeunes épaules mais ce n’est pas grave, il répond présent lors de chaque match, et si la saison d’Hoffenheim est aussi impressionnante, il n’y est pas étranger.

Toutefois, le jeune Amiri est encore perfectible. S’il comprend facilement ce qu’on lui demande et s’il est habitué au travail tactique intense réalisé au sein de centre de formation du TSG Hoffenheim, il a parfois tendance à être trop dans l’ombre, ou à prendre de trop gros risques pouvant coûter cher à son équipe. Mais ce sont des défauts qui peuvent être effacés avec le temps et le travail.

Son jeune âge peut également expliquer cela puisqu’il a n’a pas encore la maturité suffisante en dépit de son énorme temps de jeu. Mais le faire jouer chaque weekend est finement la seule manière de le faire progresser car c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Ça n’enlève rien à ses qualités car une passe parfaitement exécutée qui casse les lignes et offre un but à Sandro Wagner peut être terriblement précieuse.

Est-ce que Nadiem Amiri peut-être inclus parmi les nouveaux cracks du milieu de terrain allemand au même titre que Dahoud, Goretzka et autres Weigl ? Peut-être pas encore mais on sent qu’il peut se rapprocher petit à petit de ces joueurs-là. Les choix qu’il fera à l’avenir seront déterminants dans cette progression qui pourrait lui permettre de frôler les sommets.

Crédit photo : rnz.de