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Si la saison régulière en Allemagne a touché à sa fin ce weekend, certains clubs ne savent toujours pas ce que va leur réserver l’avenir. C’est notamment le cas du VfL Wolfsburg et de l’Eintracht Braunschweig, respectivement 16e de Bundesliga et 3e de 2. Bundesliga. Ces deux clubs vont d’ici peu s’affronter lors de deux matchs qui vont déterminer les prochaines semaines de leur existence. Si pour l’un, tout pourrait être blanc, pour l’autre à l’inverse tout pourrait être noir.

La chute du loup

Le club affilié à Volkswagen se rapproche d’ailleurs de plus en plus de cette noirceur. Depuis que Wolfsburg a terminé dauphin du Bayern Munich à l’issue de la saison 2014/2015, plus rien ne va, et tout s’effondre petit à petit. Cette année pourrait être le coup de grâce. Sur le plan sportif, tout s’est dégradé rapidement après le départ de Kevin de Bruyne. Un seul être vous manque est tout est dépeuplé, n’est-ce pas ? Depuis que le Belge est reparti du côté de l’Angleterre, le jeu s’est passablement dégradé et Dieter Hecking n’a jamais été capable d’inverser la tendance. Ce qui lui a coûté sa place.

Dieter Hecking. (Crédit photo : bundesliga.de)

Valérien Ismaël lui a alors succédé mais rien n’a changé et le club s’est enlisé. Un enlisement toutefois prévisible au vu du travail que le coach avait réalisé à Nuremberg : avec lui, le club avait dramatiquement chuté. Son retour à la lumière s’est achevé par un nouveau désastre, Wolfsburg n’a pas cessé de couler jusqu’à se retrouver au fond du classement. Les joueurs n’ont jamais été derrière lui et on l’a vu sur le terrain. Son limogeage à la fin février, seulement quatre mois après avoir été installé sur le banc, sonnait finalement comme une évidence. Andries Jonker est venu lui succéder après avoir déjà été au club entre 2012 et 2014 en tant qu’entraîneur assistant. Mais rien n’a changé non plus : malgré un Mario Gomez en feu, le club a perdu le match de trop contre le Hamburger SV ce samedi.

Si sur le plan sportif rien n’a fonctionné, ça été aussi le cas à côté. Depuis la révélation du scandale Volkswagen, l’actionnaire majoritaire du club a dû trouver des solutions et le VfL Wolfsburg en est directement affecté. De moins en moins d’argent sera versé, ce qui va pousser le club à devoir se débrouiller. Il faudra vendre des joueurs, compter sur le centre de formation qui fonctionne heureusement relativement bien, enfin il faudra se serrer la ceinture. Et s’ils échouent en barrages, leur droit télévisuels chuteront sensiblement également puisqu’ils passeront de 69 millions à 29 millions d’euros, d’après Kicker. La pression est donc grande car même en assurant le maintien, tout devra être reconstruit, et le succès ne sera qu’un lointain souvenir.

Braunschweig rêve d’un retour dans l’élite

Un club de Basse-Saxe va en rencontrer un autre : ce sera l’Eintracht Braunschweig qui affrontera Wolfsburg et qui aura une chance de revenir en Bundesliga après avoir été relégué à l’issue de la saison 2013/2014. Cette équipe dirigée par Torsten Lieberknecht depuis mai 2008 a tout connu sous ses ordres. De la première division à la Regionalliga (4e divison), tout y est passé, sans que ce couple ne se sépare. Cette confiance mutuelle a permis au club de réaliser de belles saisons, notamment depuis leur retour en 2. Bundesliga il y a trois ans. Ils se sont installés dans la première partie du classement, en se rapprochant toujours plus du sommet. Et cette année a été la bonne.

La saison n’aura pas été simple puisque d’autres équipes étaient là, dans le même panier qu’eux. Ce fut le cas de l’Union Berlin ou du FC Heidenheim qui auront craqué sur la fin en perdant des matchs charnières. De leur côté, Die Löwen ont réalisé un sprint final explosif ce qui leur a permis d’accrocher les barrages, synonymes d’un possible ticket pour la Bundesliga, afin d’accompagner le VfB Stuttgart et Hannover 96 qui reviennent logiquement en première division. En ne s’inclinant qu’à trois reprises et en engrangeant 32 points sur la phase retour, il était difficile d’imaginer qu’ils finiraient ailleurs que sur le podium. Maintenant que le championnat est terminé, on s’aperçoit que le club est tout proche du duo de tête sur pratiquement tous les plans. Cette position est donc amplement méritée.

Braunschweig face au Fortuna Düsseldorf. (Crédit photo : sportschau.de)

Au delà du fait d’avoir réalisé une saison extraordinaire, tout cela a été fait avec un groupe modeste, bien loin de ceux d’Hannover et Stuttgart. Cette réussite démontre que le travail réalisé par Lieberknecht est de qualité, car même sans paillettes son équipe brille. C’est d’ailleurs cela la force de Braunschweig depuis des années maintenant : le travail encore et toujours le travail. Sans jamais faire de bruit, le club a su se développer jusqu’à retrouver un peu de son prestige d’antan. Car oui, en 1963, ils étaient là lorsque la Bundesliga a été créée, et ils ont même été champions en 1967. Bien que rien ne soit pareil maintenant, pouvoir de nouveau rêver de la Bundesliga grâce à une excellente gestion donne forcement du baume au cœur. Ainsi, le club est aux antipodes de son futur adversaire qui semble bien plus fragile.

La promotion est évidemment loin d’être acquise car sur le papier leur adversaire est largement supérieur, mais rien n’est impossible et le rêve est permis. Entre le 25 et 29 mai, les 22 acteurs vont devoir donner leur vie dans ce derby afin de faire chavirer de bonheur leurs supporters. L’Allemagne aura les yeux rivés sur eux, car à l’issue du combat, un seul en sortira vainqueur tandis que l’autre aura surement du mal à panser cette plaie béante qui finira, toutefois, par se refermer avec le temps.

Crédits photos : Ina Fassbender / Anadolu Agency