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L’exercice 2016-2017 devait être celui de la résurrection pour l’AC Milan et la mission a été une réussite. Après une longue traversée du désert, le plus grand club d’Italie retrouve la Coupe d’Europe. Une sixième place acquise au courage par les joueurs de Vincenzo Montella. Alors qu’on s’attendait à voir l’Inter terminer logiquement devant son rival, ce sont finalement les Rossoneri qui ont répondu présent dans le sprint final.  Une chose est sûre, le Milan est de retour aux affaires et ça risque de faire mal.

Et le Diable refit surface

Le monde du foot est heureux quand il apprend que l’AC Milan va enfin rejouer une compétition européenne. Une telle institution ne pouvait rester en marge du foot système. Après 30 ans de bons et loyaux services, Berlusconi devait laisser la main et pas à n’importe qui. Le Diavolo va trouver chaussure à son pied le 13 Avril 2017.

L’arrivée des Chinois va permettre au club de retrouver des couleurs. L’officialisation du closing va faire parler à Milan. En effet, l’Inter était déjà passé sous pavillon asiatique quelques mois auparavant, la capitale de la Lombardie devient le fief des riches chinois depuis ce jour. Pour construire sa nouvelle équipe, l’équipe dirigeante du Milan va faire des choix forts. Au revoir Galliani et son entourage, le club veut passer un cap et s’entourer des meilleurs. Pour ça, ils vont recruter deux anciens de l’Inter à la surprise générale.

Marco Fassone et Massimilliano Mirabelli vont devenir les hommes forts du board rossonero. Le premier est le nouveau délégué administratif et remplace Adriano Galliani pendant que le second est nommé directeur technique du Diavolo. Des choix contestés par les Tifosi qui auraient préféré voir des légendes du club à la place d’anciens Nerazzurri. Face à cette légère gronde, le board espérait rapatrier le « banni » Paolo Maldini qui vit désormais à Miami. Après des semaines de négociations, la bandiera milanaise va refuser la proposition ne trouvant pas la place qui lui convient dans l’organigramme.

Le légendaire numéro 3 expliquait à la presse :  « On m’a proposé le rôle de directeur technique, mais avant ça, un directeur sportif (Mirabelli), homme de confiance de l’administrateur délégué (Galliani) a été nommé. J’aurai du prendre des décisions sur l’achat ou la vente de joueurs avec eux. En cas de désaccord, Fassone aurait eu le dernier mot. Je ne pense pas que les conditions étaient réunies pour former une équipe dirigeante victorieuse«  Le nom de Franco Baresi revient avec insistance du coté de Milanello pour intégrer le board.

Le premier grand chantier du club rossonero est la question du stade. Pour stopper l’hégémonie bianconera, Milan n’a pas d’autre choix que de copier le modèle turinois pour arriver à ses fins. Le club rêve de son propre stade ou de posséder intégralement San Siro sans avoir à le partager avec le cousin intérista. Le but serait d’être fixer pour la saison 2019-2020, au pire 2020-2021. Un nouveau stade permettrait au club de doubler ses revenus liés à la billetterie et tout ce qui touche aux revenus des jours de match. Une enceinte de 60 000 places est évoquée. L’option d’un lifting de San Siro n’est pas exclue.

Le deuxième point important est de retrouver les sommets le plus rapidement possible. L’institution AC Milan ne peut se priver de titres sur une période aussi longue. La victoire en Supercoupe a été perçu comme une véritable bouffée d’oxygène pour les Tifosi. Le club n’avait plus remporté de trophée depuis 2011 soit une éternité. Avant de féliciter les Chinois, Mirabelli ou Fassone, le mérite revient à une personne en particulier qui aura sauvé la saison du Milan à lui tout seul.

Montella, l’associé du Diable

Durant sa carrière de joueur, Vincezo Montella a longtemps été courtisé par l’AC Milan et son président Berlusconi. Mais l’ancien attaquant de la Louve a juré fidélité à la Roma et au Stadio Olimpico durant la majeure partie de sa carrière. Aujourd’hui, l’aéroplanino est le chef de meute du Diavolo et Berlusconi n’est plus président. Coïncidence ou pas, il sera le dernier entraîneur de l’ère du « Cavaliere »  et va développer un crédit énorme auprès des tifosi. Il va réussir là où des anciens comme Clarence Seedorf, Pippo Inzaghi ont échoué. Il va convaincre son président qu’il est l’homme qu’il faut au Milan. Dans le rôle de John Milton, le très controversé Berlusconi qui n’hésitera pas à couper la tête de Mihajlovic, devenu trop dangereux pour lui. Cette fois avec Montella, il va faire preuve de patience. Et l’insouciant « petit avion » va avoir gain de cause. Pragmatique et très intelligent, il va tirer le maximum de son équipe.

Malgré un effectif faible, des recrues non désirées, une ribambelle de blessés, il va fédérer un groupe et arriver à terminer à une sixième place méritée. Au delà du bilan comptable, l’ancien coach de la Sampdoria va surtout provoquer des émotions à des supporters devenus stoïques devant leur équipe.  Le comeback contre Sassuolo, les victoires face à la Juventus et la « remontella » face à l’Inter ont rendu les tifosi complètement fous. Sa gestion a été saluée par tout le football italien. Il a su continuer le travail amorcé par Mihajlovic en faisant confiance à Donarrumma, Calabria et Locatelli malgré leur jeune âge. La manière dont il a été sévère avec Bacca lui a fait gagner une grosse sympathie auprès des tifosi. Lorsque le Colombien était à coté de la plaque, il n’a pas hésité à le sortir ou s’en priver malgré les sauts d’humeur de l’ancien sévillan. La concurrence entre lui et Lapadula a toujours été saine, le rôle de l’ancien gialorosso a été très important.

Sa plus grande réussite aura été de concerner tout l’effectif la où ses prédécesseurs avaient tous échoué. Comme Keenu Reeves, Montella va faire l’unanimité auprès de tous. Alors qu’on accusait Balotelli, Mexes, Menez entre autres de foutre la merde lorsqu’ils ne jouaient pas, c’était tout le contraire cette saison. De Gomez, à Vangioni, en passant par Paletta, Mati Fernandez ou Pasalic, ils ont tous répondu présent quand Montella leur a donné leur chance. Carlo Ancelotti résume parfaitement ce que vient d’accomplir Montella cette saison avec cette phrase toute simple

Le meilleur cas de figure reste celui de Keisuke Honda. Le Japonais n’aura jamais répondu aux attentes et va logiquement quitter le club cet été. Et pourtant, c’est lui qui envoie les Rossoneri en Europa League avec ce coup -franc magnifique face à Bologne alors qu’il n’a disputé que 7 matchs en Série A. Après l’officialisation de cette sixième place, le club n’a pas perdu de temps pour s’activer sur le marché des transferts. Mateo Musacchio a signé un contrat de 4 ans pour 19 millions d’euros. Alors qu’on pensait que Milan allait galérer à trouver des joueurs pour son projet, on constate que l’aura du club n’a pas disparu. Ricardo Rodriguez et Franck Kessié devraient logiquement suivre pour respectivement 15 et 25 millions. Des sommes « raisonnables » pour un club qui repart sur un nouveau cycle et avec des moyens colossaux. Fassone et Mirabelli n’auront pas besoin de surpayer pour pouvoir lutter avec la Juventus, Manchester City ou le PSG et signer un joueur.

C’est une victoire pour l’équipe dirigeante. Quand on se souvient que le club avait été snobé par Pjaca l’été dernier et qu’aujourd’hui, ils peuvent se permettre d’offrir 45 millions pour Biglia et Keita Baldé, on s’aperçoit du chemin parcouru. Le plus gros chantier de ce mercato reste l’attaque. Le club veut signer en priorité Alvaro Morata. L’Espagnol n’est pas insensible à la sollicitation de Vicenzo Montella qui verrait bien l’ancien de la Juve rejoindre le Diavolo. Les Chinois rêvent de Aubameyang mais la forte concurrence et le prix devraient logiquement refroidir les Rossoneri et ce malgré la forte attache du Gabonais envers son club formateur.

Reste la piste des tifosi, celle menant à Andrea Belotti. Il Gallo est un grand tifoso du club et rêve de porter un jour le maillot rossonero pour marcher sur les pas de son idole Shevchenko. Le Torino et Cairo demandent 100 millions pour leur meilleur buteur. Face à une telle clause, Andrea Belotti avouera « Ne pas valoir 100 millions et ne pas fixer les prix ». Face à la pression populaire, il ne serait pas surprenant de voir Milan faire une folie pour marquer le coup. Tous ces noms font rêver mais on attend surtout la saison de la confirmation pour Montella. Maintenant que Satan n’est plus la pour décider à la place des autres, il est peu probable que l’ancien de la Roma perde la tête du club. On attend tous que le Milan soit en Ligue des Champions l’an prochain, qualification qui coinciderait avec l’avènement de Vincenzo Ier.

Crédits photos : AFP PHOTO / KARIM JAAFAR