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Comme le disait Chamfort, « les succès produisent les succès, comme l’argent produit l’argent ». Du côté de Benfica, c’est le cas depuis quelques années maintenant. Quatre saisons exactement. Bien loin devant son ennemi de Porto qui lui ne compte que vingt-sept titres, le club de Lisbonne continue sans cesse d’écrire l’histoire de son sport et de son pays. Retour sur une énième conquête qui ne reste tout de même pas sans saveur.

Les hommes clés

Comme tout succès, celui de l’équipe de Rui Vitoria s’est construit à partir d’une base solide. Au milieu comme en défense, chaque ligne possède son pilier retenant la maison rouge et blanche.

En attaque, deux joueurs ont particulièrement retenu l’attention du grand public, en la personne de Mitroglou et Raul Jimenez. Le premier, souvent décisif durant l’absence de Jonas a permis au club de passer un cap durant la saison et d’aller chercher ce nouveau titre national. Le second fut l’un des hommes forts de par sa capacité à sortir du banc en fin de match tout en restant on ne peut plus efficace. Qualifié de Super Sub par beaucoup, il a à coup sûr changé la donne du championnat, lorsque Porto poussait derrière pour renverser le bloc rouge.

Au milieu, le moteur Pizzi aura su accumuler les matchs lors d’une saison éprouvante, marquée notamment par une campagne européenne. Au total, il aura joué presque 50 matchs, souvent à des postes différents faisant preuve d’une grande polyvalence. A ses côtés, le jeune Horta fut aussi une des belles surprises de cette saison. Buteur dès le premier match, il aura pesé en début de saison avant de se blesser. Plus critiqué mais tout aussi efficace dans son rôle d’homme de l’ombre, Salvio fut l’un des artisans majeurs de ce succès construit match après match.

Après avoir vu la partie offensive de ce groupe, venons en à la défense. Sur son côté droit, Nelson Semedo représente certainement le jeune le plus désiré à Benfica, de par sa saison fantastique. Dernièrement, il fut même annoncé sur les tablettes du Paris-Saint Germain, alors que le club de la capitale française ouvrira bientôt une Academy dans la ville du champion du Portugal. En défense central, c’est bien la paire Lindelof-Luisao qui aura rythmé la fin de saison. Composant un mélange parfait à base d’insouciance et d’expérience, de fougue et de sang-froid, ces deux guerriers auront su fermer la maison lisboète tout en gardant les clefs bien au chaud. Auteur d’un coup-franc somptueux dans le derby de Lisbonne, le jeune suédois est lui annoncé à Manchester United, non loin d’un certain José Mourinho. A gauche, l’ex-barcelonais Grimaldo aura créé de nombreux regrets en Catalogne. Offensif dans son couloir, dribbleur, percutant, il aura prouvé sa supériorité sur Lucas Digne avant de se blesser. Comme quoi, le club catalan aura pour une fois fait le mauvais choix en privilégiant l’étranger à la formation.

Comme toujours, gardons le meilleur pour la fin. Dernier défenseur et premier attaquant de l’équipe, Ederson Moraes aura éclipsé toute concurrence à Lisbonne avant de réitérer l’exploit en sélection, avec le Brésil. Bien moins médiatisé que les autres gardiens de son âge, le jeune talent marche pour l’instant dans l’ombre. Avant de briller sous le feu des projecteurs…

Les moments forts

Même si les twittos madrilènes aimeraient s’offrir la palme d’or de la saison à rebondissements, de la saison aux retours incroyables, d’autres clubs ont aussi vécu des moments fondateurs. Retour sur ceux qui ont fait le titre de Benfica.

Il y a quelques mois, alors que les lisboètes étaient en passe de perdre le duel face à l’ennemi de Porto, Lisandro Lopez survint pour sauver le sous-marin rouge. D’un coup de tête ravageur, il aura sauvé les meubles après un match compliqué. Un point certes, mais un point qui compte au final.

A l’instar de la remontada de Liverpool face au Milan en 2006, Benfica aura surpris tout le monde en réalisant une remontée inespérée face à l’autre club de Porto, Boavista. Mené 3-0, un groupe soudé aura fait son retour pour arracher un point important. Encore une fois, l’histoire d’un point…

Quelques phrases plus tôt, nous disions l’importance de Mitroglou lors de cette saison. Si nous devions symboliser son héroïsme par une rencontre, ce serait ce match si singulier à Braga. Tenu en échec par une brave équipe et chassé par Porto, Benfica était dans l’obligation de l’emporter. Grâce à un raid solitaire incroyable, le grec inscrit un but salvateur dont seul lui a le secret.

Le titre d’un peuple

Tout club a le public qu’il mérite, et celui de Benfica est à la hauteur de ce que l’histoire attend de lui. Présent derrière son équipe à l’extérieur comme à domicile, c’est tout autant la victoire d’une équipe que celle de son public à laquelle nous avons assisté il y a peu. Comme le disait @_fndslb dans une interview pour le site, Benfica représente souvent une partie non négligeable de la vie des supporters, lui qui le qualifiait même « d’unique amour de sa vie ». A travers cette saison qui a de nouveau couronnée son plus beau champion, le football portugais a démontré une fois de plus que le football ne se gagnait que par la passion et la ferveur, irremplaçables aux yeux de tous, bien loin devant le monde de l’argent.

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