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Ailier droit du Waasland-Beveren en Jupiler Pro League, Floriano Vanzo s’est récemment rompu les ligaments croisés antérieurs pour la deuxième fois en six mois. Interview d’un homme au mental d’acier qui en a vu de toutes les couleurs durant ces trois dernières années.

En France tu es peu connu, peux-tu du coup raconter rapidement ton parcours ?

J’ai commencé dans les équipes de jeune à La Louvière, la ville dont je suis originaire. A l’âge de 12 ans, je suis parti à l’AFC Tubize. Ensuite, à l’âge de 16-17 ans, j’ai intégré le noyau pro. J’ai joué quelques matchs. Une saison après, je suis parti en Italie, à Parme et j’ai rempilé pour une deuxième saison là-bas. Et depuis deux ans maintenant, je joue à Waasland-Beveren.

Et comment s’est déroulée la saison qui vient de se terminer malgré tes blessures ?

Elle s’est parfaitement passée, on a atteint notre objectif qui était de se maintenir. D’un point de vue humain, je m’entends bien avec tout le monde ; les autres joueurs, le staff, etc. Le club m’a bien accueilli, directement quand je suis arrivé. Il y a eu une très bonne entente donc c’est très agréable.

Tu as rapidement évoqué ton départ à Parme. Comment s’est passée ton expérience en Italie ?

Ça a été deux saisons plutôt compliquées pas tant dans l’adaptation ou le niveau footballistique mais plus parce que j’étais dans un bon club à l’époque donc la concurrence était très rude mais j’ai réussi à me faire une place. Je suis quelqu’un d’ambitieux et qui a faim de football donc l’important pour moi c’est de jouer. Je n’ai pas joué car je n’ai pas été assez patient à ce moment-là parce que j’étais trop pressé de vouloir jouer. Donc j’ai été prêté à Gorica (en Slovénie) et à Brugge.

Tu sembles très attaché à l’Italie ?

Ma mère est née en Sicile donc mon côté maternel est italien. J’ai une grosse partie de ma famille qui vit là-bas donc c’est mon deuxième pays. J’ai également fêté mes vingt ans en Italie, ça reste le pays qui est dans mon cœur.

Lors de ta deuxième rupture des ligaments croisés en avril, qu’as-tu ressenti ?

De la malchance parce que c’était déjà la deuxième fois, je pensais pouvoir rejouer très bientôt donc ouais de la malchance. Y a plein de choses qui se sont passées dans ma tête. C’était vraiment triste, beaucoup de tristesse aussi, forcément…

Ayant en joué en U21 avec la Belgique, penses-tu que ta génération va être aussi forte que celle actuelle avec les Hazard, De Bruyne, etc ?

Oui, il y a une belle génération qui arrive derrière en équipes de jeunes. Après d’un côté c’est difficile à dire parce que ça dépend d’énormément de facteurs. En tout cas, il y a beaucoup de talents. On le voit avec des joueurs comme Bongonda, Bakkali : des joueurs avec énormément de talent qui sont l’avenir de la Belgique. Certains vont pas tarder à intégrer les A d’ailleurs.

T’en as pensé quoi de l’élimination de la Belgique à l’Euro par le Pays-de-Galles ?

Ouais bah personne ne s’y attendait, ça a été une déception. Après on peut entre autre mettre ça sur le fait que c’était une équipe encore jeune, encore en construction. Après justement ces joueurs-là vont être plus matures pour la Coupe du Monde de l’année prochaine. Surtout que les joueurs auront plus joué ensemble, il y aura plus d’automatismes. Certains jouent même ensemble en club. Donc allez, ça devrait donner quelque chose de bien.

T’as commencé pro à 17 ans, on voit donc que les joueurs commencent de plus en plus jeunes, quelle est ton opinion là-dessus ?

D’abord, je pense que c’est dû au développement général de la formation qui évolue bien. De ce point de vue-là, c’est pas étonnant. Après y en a pas vingt pas équipe non plus mais ça m’étonne pas que si jeunes, certains explosent comme Mbappé qui joue déjà des demi-finale de Champions League avec Monaco et en Équipe de France. Après ça a des aspects positifs et négatifs. Par exemple, certains grillent des étapes et ne font pas la carrière qu’ils devaient faire mais bon, pour moi y a pas réellement d’âge pour jouer au foot.

Selon toi, ça peut en cramer certains de les faire commencer si tôt ?

Ouais, doit forcément y en avoir. Après en contre-exemple, on peut prendre Totti qui a arrêté sa carrière récemment à quarante ans alors qu’il avait commencé à seize ans. En plus, il a été performant toute sa carrière. Pour moi chacun a sa trajectoire, chacun a commencé dans une période différente, donc dur à dire.

Tu penses que deux blessures graves consécutives peuvent impacter la mentalité d’un joueur ?

Oui bien sûr. Personnellement, j’ai vécu beaucoup de choses auparavant. Ça apporte obligatoirement des choses négatives mais aussi positives et je pense que l’important c’est toujours de regarder le côté positif de ce genre d’événements. Donc voilà, je regarde de l’avant et j’avance. Je me dis aussi que je vais pouvoir rejouer alors qu’il y a des gens qui ont pas la chance de pouvoir jouer ; moi j’ai cette chance-là donc voilà, comme je l’ai dit, on garde que le positif. Après je vais continuer à m’entraîner et on verra par la suite.

Si on devait te comparer à un joueur au niveau de ton style de jeu, quel joueur serait-il ?

Personnellement, je trouve ça difficile de dire à quel joueur je ressemble. Maintenant que je suis passé professionnel, je trouve que ça fait un peu enfantin parce que chaque joueur est unique. Quand je joue, je le fais par rapport à ce que je sais faire, je ne regarde pas ce que font ou ce que ne font pas les autres. Mais bon, à voir jouer, j’aime voir jouer tellement de joueurs : Ronaldinho, Messi, Ronaldo, ce sont ceux qui m’ont inspiré. Ce sont des joueurs beaux à voir jouer, moi j’aime le beau football.