0

Les années passent et l’Allemagne attire de plus en plus de Français. Qu’ils soient jeunes ou non, les joueurs ne semblent plus craindre la Bundesliga où l’adaptation n’est pas simple. La barrière de la langue est certainement le premier facteur qui effraye les joueurs, avant le style de jeu. Désormais, le vent tourne et la montée en puissance du championnat allemand a montré que l’ambiance n’était pas le seul atout du football outre-rhin. Si les Youri Djorkaeff, Willy Sagnol, Bixente Lizarazu et autres Johan Micoud ont été en quelque sorte les précurseurs dans les années 2000, le vrai tournant s’est fait à l’aube des années 2010 puisque de plus en plus de Français ont osé franchir le pas, ce qui, pour grand nombre d’entre eux, s’est révélé être un choix payant.

Sur le papier, beaucoup pensent que faire ses valises pour l’Allemagne est un risque, surtout pour les jeunes joueurs. Toutefois, lorsque l’on connait le rapport des clubs avec ces jeunes pousses, on peut penser qu’il s’agit en réalité d’une belle idée. On ne rechigne pas à les lancer dans le grand bain, en témoigne d’ailleurs la grande expérience de l’équipe allemande U21, sacrée championne d’Europe cet été. Ces derniers avaient en tout 1122 matchs professionnels dans les jambes. Rien que ça. Donc lorsque l’on est en recherche de temps de jeu, c’est d’ores et déjà un véritable atout.

Source image: goal.de

La recherche de temps de jeu n’est pas la seule explication étant donné que bons nombres de ces joueurs partent en direction des grands noms du pays, entre Dortmund, le Bayern Munich ou Schalke 04. Le club de Gelsenkirchen a d’ailleurs tout récemment mis le grapin sur Amine Harit, champion d’Europe des moins de 19 ans avec Kylian Mbappé notamment. Beaucoup semblent avoir trouvé ce choix étrange étant donné que l’autre grand de la Ruhr ne sort pas de sa meilleure saison. Mais sur le papier… En effet, si l’académie du club a une excellente réputation (Julian Draxler, Manuel Neuer, Leon Goretzka et plus récemment Thilo Kehrer en sortent), il est aussi l’un de ceux qui fait le plus confiance aux jeunes joueurs. Au-delà de ça l’arrivée d’un nouveau coach, Domenico Tedesco, aux idées novatrices proches de celle de Julian Nagelsmann (ils ont été diplomés la même année) a sans aucun doute dû plaire au joueur. Donc comment ne pas résister aux signaux étrangers dans ce cas de figure ? Pratiquement impossible, surtout quand on voit Ousmane Dembélé qui est comme un poisson dans l’eau chez l’ennemi.

L’ancien rennais est d’ailleurs un autre bel exemple de ce désir d’expatriation, puisque depuis son départ de Ligue 1, il n’a pratiquement pas loupé un match jusqu’à devenir l’un des hommes clés de Thomas Tuchel la saison dernière. De plus en plus discipliné, il s’est affirmé, il ne lui reste plus qu’à continuer sur cette lancée. Cette recherche d’un cadre strict très présent dans les clubs allemands est au passage un atout non négligeable, essentiel pour progresser, qui aura été précieux pour le jeune français. Sa prise de risque (plus ou moins limitée) a payé, il faut espérer que ce soit aussi le cas pour Harit.

Il en va de même pour Corentin Tolisso qui est parti en direction de la Bavière. Et qui, au passage, a rendu une phrase de Stéphane Guy, jetée parmi tant d’autres un soir de Ligue des Champions, réelle. Pour lui, rien ne sera simple puisqu’il devra prouver qu’il en vaut la peine. Toutefois il perpétue la relation qu’a le Rekordmeister avec la France. En effet, le champion en titre a toujours aimé attiré de bons noms français dans son antre et nombreux sont ceux qui ne l’ont jamais regretté.

Benjamin Pavard, futur joueur de Bundesliga avec le VfB Stuttgart tout just promu en Bundesliga. (Source image: liga-zwei.de)

Certains joueurs font aussi le choix de partir simplement parce que c’est une bonne opportunité. C’est le cas de Gaëtan Bussmann, Anthony Modeste ou Jonahtan Schmid (qui a même effectué sa formation en Allemagne), qui ont tous osé s’en aller vers de nouveaux horizons. Si le dernier a connu plusieurs clubs déjà entre Freiburg, Hoffenheim et Augsburg, les deux premiers se sont rapidement imposés au sein de leur club respectif. A Cologne, Anthony Modeste a retrouvé une seconde jeunesse et il est l’un des grands artisans du renouveau du club qui a rarement été si performant. Son passage aura été relativement court mais en deux ans il aura sans aucun doute marqué les esprits dans amoureux du club mais aussi des suiveurs de la Bundesliga.

Finalement, les raisons qui poussent ces joueurs à partir n’ont rien de surprenant. Le football allemand est loin d’être à la traîne sur ces concurrents européens. L’argent n’est pas aussi présent qu’en Angleterre mais ce n’est presque qu’un détail puisque jusqu’à présent, la grande majorité des départs vers l’Allemagne n’auront été que de bonnes décisions. Car si l’on regarde bien, peu sont les joueurs français à s’être égarés dans les méandres du football allemand.

Ces réussites ont sans aucun doute mis en appétit Dan-Axel Zagadou, Jean-Kevin Augustin, Paul-Georges Ntep, Benjamin Pavard et autres Adbou Diallo qui n’ont pas hésité quand un club allemand les a approchés. Car en plus de jouer dans des stades bouillants, le football y est attrayant alors pourquoi refuser… ? Peut-être qu’un jour, un autre joueur français sera l’idole de l’un des meilleurs milieux allemands, peut-être qu’il y aura un nouveau Chef dont Toni sera raide dingue.

Crédits photos : Leon Kuegeler / Anadolu Agency