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Membre du très renommé centre de formation de l’Olympique Lyonnais, Quentin Vieira a évoqué pour nous ses racines avec le Portugal, son parcours déjà bien entamé bien que jeune et évidemment, la formidable institution OL.

On en sait peu sur toi, peux-tu alors nous dire qui est Quentin Vieira ?

J’ai commencé le foot quand je devais avoir 4-5 ans à Arbresle, au FCPA, dans la banlieue lyonnaise où j’ai joué jusqu’en U13 avant de partir au Domtac (ndlr, aux alentours de Lyon). Après ça j’ai été repéré par Saint-Étienne donc j’y ai joué en U15, ça s’est très bien passé, on a été champions de Rhône-Alpes devant l’OL. Pendant cette année-là, on a joué deux derbys : le premier on a fait match nul 0-0 et le deuxième on l’a gagné 2 à 1 et j’ai marqué un but. Donc de cela, les contacts ont commencé avec l’OL, surtout qu’avant il y en avait déjà car j’avais fait plein d’essais là-bas mais je n’étais pas encore prêt. Là commence ma deuxième année mais dès le début je voulais partir notamment parce qu’il y avait beaucoup trop de joueurs à mon poste, j’étais numéro quatre dans la hiérarchie. J’ai commencé à chercher des portes de sortie et j’ai rejoint l’OL. Durant la première année à Lyon, c’était un peu difficile mais j’ai beaucoup appris, c’était un autre style de jeu où il fallait jouait plus collectif alors qu’avant c’était plus dans l’individuel. Par contre la deuxième saison était vraiment super. On a fait une grosse saison, j’ai été appelé en sélection (ndlr, du Portugal), j’ai joué tous les matchs dont la Youth League, la Gambardella.

En tant que supporter lyonnais, qu’est-ce que ça fait de porter le maillot des Verts ?

Bien sûr ça fait un peu mal sur le coup parce que justement je suis fervent supporter lyonnais et Saint-Étienne c’est le derby, c’est le Chaudron et tous ses symboles donc en tant que Lyonnais tu n’apprécies pas forcément mais après quand tu n’as pas le choix, tu n’hésites pas. Tu te dis que ce ne sont que quelques mois et que de toute façon si je suis bon, il n’y a pas de raison que je ne joue pas à l’OL.

Quel est selon toi le secret de la formation lyonnaise qui lui permet d’être aussi performante ?

Je pense que c’est la professionnalisation des jeunes qui arrivent dès le début. C’est-à-dire qu’on est vraiment préparés, rien n’est laissé au hasard, on travaille énormément techniquement. Peut-être que des fois ça ne se voit pas sur certains matchs car ce n’est pas le résultat qui prime. Le fait de travailler techniquement comme ça, c’est sûrement ce qui fait la différence.

Y a-t-il des joueurs que tu as côtoyés durant ta formation qui ont ‘’percé’’ ?

A Saint-Étienne oui, par exemple il y a Pierre-Gabriel qui joue latéral droit et Habib Maïga (ndlr, milieu défensif). A l’OL, il y a Nabil (ndlr, Fékir), Aouar que j’ai côtoyé surtout en U18, et j’espère qu’il y en a d’autres qui vont arriver.

As-tu une petite anecdote, quelque chose qui t’as marqué, en tête durant ta formation ?

Je me rappelle de Myziane Maolida (ndlr, attaquant qui a signé pro à Lyon durant l’été 2016) qui commence maintenant à éclore, je me souviens de quelqu’un de très différent des autres notamment parce qu’il était vraiment posé, plutôt calme et mature. Il y a vraiment une comparaison à faire avec nous autres, vraiment le mec avec un style de jeu un peu nonchalant qui est très très rapide. Il est très calme, très posé, vraiment différent des autres jeunes.

La charnière centrale lyonnaise est constituée de Morel, Marcelo, Mapou et Diakahaby. Ne te dis-tu pas qu’il y a peut-être une place à prendre à court ou moyen terme ?

Non, il y a encore beaucoup de travail et puis il y a du monde en CFA que peut-être que les gens ne voient pas. J’ai encore énormément à apprendre et je préfère ne pas brûler les étapes. Ce ne serait pas humble de pouvoir dire ça et de prétendre à ça.

Que penses-tu du mercato réalisé par l’OL cet été ?

Déjà, c’est un nouveau cycle étant donné que des joueurs cadres ont été vendus, le recrutement a été fait intelligemment, avec des joueurs de bonne qualité, mine de rien il y a une belle équipe.

Qu’est-ce qui serait un aboutissement pour toi, dans ta carrière ?

A court terme, ce serait vraiment la Gambardella, vraiment, ça me ferait vraiment, vraiment très plaisir parce que ça fait longtemps qu’on l’a pas gagné. A moyen terme, ce serait d’avoir mon contrat pro. Et à long terme, ce serait d’avoir une sélection internationale.

Si un jour tu es appelé avec l’Équipe de France A, tu y vas ou tu attends l’appel de la Seleção ?

Déjà en sélection jeunes, j’ai joué avec le Portugal mais c’est vrai que ce n’est pas encore une question que je me pose. Franchement j’ai le temps, il y a encore beaucoup d’étapes avant ça et je n’y pense vraiment pas trop. Je ne sais pas ce que je ferai mais il reste encore pas mal d’étapes avant de penser à ça.

Y a-t-il un joueur portugais qui t’inspire particulièrement ?

Il y en a un forcément, bon ce n’est pas original… C’est Ronaldo, c’est vraiment un exemple de travail, de détermination, d’abnégation. Quand il est critiqué, c’est là où il est le meilleur, il a toujours porté le Portugal et son équipe même quand il était blessé…

Sinon, il y a Pepe qui est très très rugueux, qui vraiment en impose. Il est reconnu mondialement, donc ouais c’est un peu mon exemple. Quand je joue en défense centrale, j’essaye de lui ressembler mais je joue aussi souvent latéral gauche et c’est plus dans la tête que j’essaie de lui ressembler dans ce cas-là.

De quelle équipe es-tu supporter au Portugal ?

Ma famille vient de Porto, donc forcément je suis déjà allé voir des matchs à Porto au Estadio do Dragão. Mais après, c’est plus apprécier et être attentif à cette équipe plutôt que vraiment la supporter même si j’aime beaucoup voir leurs matchs.

Justement, que penses-tu des ambitions de Porto pour la saison à venir ?

Je pense qu’ils feront mieux que l’année dernière, notamment parce qu’ils ont pris un grand coach et qui plus est portugais. En plus, ils ont réussi à garder leurs meilleurs éléments notamment Brahimi.

Avec des joueurs comme André Silva, Bernardo ou William Carvalho, penses-tu que les formations portugaises peuvent à terme surpasser les plus grandes d’Europe comme Lyon ?

Ouais c’est vrai que les grands clubs portugais forment de plus en plus de joueurs et c’est reconnu d’ailleurs d’un point de vue mondial. Après, détrôner je ne sais pas mais ils commencent vraiment à sortir de très bons jeunes. Les clubs font des grosses performances en Youth League, notamment. Donc oui, ils commencent vraiment à être des candidats sérieux au classement des meilleurs formations européennes.

Penses-tu que le choix de Raphael Guerreiro ou d’Anthony Lopes de rejoindre la sélection portugaise va inciter d’autres luso-descendants à faire de même ?

Bien sûr, complètement. Ça peut en influencer beaucoup parce qu’il faut toujours quelqu’un qui passe en premier et eux l’on fait. Il y a aussi Adrien Silva qui est né en France mais qui joue en Seleção. Ils vont penser à leurs origines portugaises et quand tu es un jeune franco-portugais et que tu vois des exemples comme ça, tu as un peu envie de faire la même chose.

Question bonus : on a déja du te faire des blagues avec ton nom de famille non ?

(rires) Oui, oui souvent. Je me souviens quand je suis arrivé à Saint-Étienne, les mecs ils s’attendaient à voir débarquer un grand noir costaud parce que sur les listes, dans les vestiaires et tout, il n’y a que ton nom qui est affiché et pas ta photo. Et puis là ils m’ont vu arriver un petit blondinet, c’était assez drôle. Mais ça va je l’ai très bien pris et puis Patrick c’était un très grand joueur, un énorme milieu de terrain qui a joué dans le grand Arsenal. La comparaison est surtout flatteuse.