[Coupe du monde] Un possible back-to-back pour l’Allemagne ?

Il y a quatre ans, l’Allemagne, sous les ordres de Joachim Löw, remportait le graal et ajoutait une quatrième Coupe du Monde à un palmarès déjà riche. Et pour cette édition de la plus prestigieuse des compétitions internationales, la Nationalmannschaft fait une nouvelle fois figure de favori. Comme souvent. Le pays, qui n’a plus manqué la compétition depuis 1950, est en effet presque toujours parmi les valeurs sûres. Avec comme pire résultat une septième place, huit finales dont quatre remportées, les Allemands ont l’étiquette de favori collée à la peau. Et ce sera encore le cas cet été.

Un groupe de grande qualité mais…

La profondeur d’effectif allemande est, on le sait, importante. À l’image de la France ou de l’Espagne les talents sont nombreux, offrant plusieurs possibilités. C’était évident lors de la Coupe des confédérations où les Allemands se sont payés le luxe de faire le voyage avec une équipe B restant redoutable.

Finalement, les revers pris au début des années 2000 sont la meilleure chose qui pouvait arriver à l’Allemagne. Suite à cela, le système a été réformé, la formation a évolué. On s’est inspiré des voisins européens pour créer un nouveau modèle redoutable qui porte aujourd’hui ses fruits. La génération dorée qui remporte le titre en 2014 n’est donc que l’aboutissement d’un travail qui s’est étalé sur plusieurs années.

Avec encore certains joueurs clés du titre quatre ans plus tôt et de nouveaux joueurs ayant fait surface depuis, le groupe de Jogi Löw a évolué. Et il a également trouvé les joueurs qui manquaient, notamment lors du dernier Euro en France, particulièrement au poste d’avant-centre. Après la retraite de Miroslav Klose (qui n’était pas supposé être de la partie en 2014, mais ses performances incroyables avec la Lazio ont obligé le sélectionneur à agir), et une étiquette de meilleur buteur de la coupe du monde plus tard, l’Allemagne s’est cherché un remplaçant pendant un moment. Le pays, qui a pourtant eu des joueurs de très grande qualité a ce poste, s’est retrouvé plus ou moins démuni. Mais ce ne sont pas les seuls dans ce cas.

Lors de la compétition de 2016 en France, il est devenu presque évident que l’Allemagne manquait cruellement de finisseur devant, en dépit d’un équipe redoutable. Et Thomas Müller en pointe n’est définitivement pas une solution au problème. Alors depuis, certains sont venus taper à la porte : Mario Gomez qui semble insubmersible et Timo Werner, symbole de l’avenir. Lars Stindl pouvait lui aussi prétendre à une place, mais c’était sans compter sur sa récente fracture de la cheville. Tout comme Sandro Wagner, revenu des enfers pour rejoindre le Bayern Munich, qui n’a pas pu trouver sa place dans la liste. Possiblement dû à un problème lié à la vie en groupe, si précieuse lors d’une telle compétition. Alors aux antipodes du caractériel avant-centre munichois, Löw a décidé de surprendre en appelant Nils Petersen, celui qui porte le SC Freiburg sur ses épaules. Avec ces joueurs-là, la Mannschaft semble mieux armée sur le papier.

 

Plus ou moins l’équipe qui débutera en Russie.

 

 

Toutefois, des inquiétudes subsistent. Personne ne sait encore si Manuel Neuer ou Jérôme Boateng pourront être du voyage. Ces deux joueurs faisant partie de la colonne vertébrale de l’équipe construite par Jogi Löw jouent une course contre la montre pour revenir de leur blessure respective. Le gardien et capitaine de la sélection est sur la touche depuis septembre 2017 et il est pour le moment impossible de savoir s’il pourra être en Russie. Et si oui, il n’aura pas joué depuis un très long moment. Pour le défenseur central dont le partenariat avec Hummels a été essentiel en 2014 afin de remporter le titre, sa blessure face au Real Madrid fait peur. Il devrait être prêt dans six semaines mais cela n’est que du conditionnel. Le sélectionneur aura donc des choix aussi forts que difficiles à faire, juste avant de partir en Russie et selon l’état de ces deux hommes.

Concernant ceux qui peuvent remplacer les deux champions du Monde, la réponse est plus ou moins toute trouvée. Pour garder les buts, Marc-André Ter Stegen fait office de favori, sans le moindre doute. Lui qui sort d’une saison magnifique avec le FC Barcelone s’avère être un remplaçant de luxe, sans pour autant avoir les garanties apportées par Neuer. En défense, Niklas Süle et Antonio Rüdiger se tiennent la corde. Et si la charnière championne du Monde ne peut jouer, l’un des deux hommes sera donc dans l’obligation de performer à son meilleur niveau.

Une Allemagne sûre de ses forces

En dépit des possibles absences, l’Allemagne va se rendre en terres russes avec une certaine confiance, comme toujours. Apres des phases éliminatoires parfaites, dans un groupe certes très simple, et l’étiquette de champions en titre mais aussi de vainqueurs de la Coupe des confédérations, la confiance peut régner. Et si les derniers amicaux montrent peut-être l’inverse, il est important de garder en tête que cette équipe n’est jamais performante lors de ces matchs-là qui n’apportent donc pas d’informations. Avant de s’envoler pour le Brésil, la Mannschaft n’avait pas vraiment surperformé. Pas de quoi s’inquiéter donc.

La sélection allemande aura à cœur de faire les choses bien, compte tenu de l’effectif, de la qualité avec Mats Hummels, Joshua Kimmich, Toni Kroos, Mesut Özil ou encore Thomas Müller, mais aussi Julian Draxler ou Leon Goretzka qui pourraient avoir un rôle à jouer. Sans oublier celui qui a mal vécu le titre en 2014, Marco Reus. De retour depuis quelques mois, il semble enfin prêt à jouer une nouvelle compétition internationale avec son pays, pour la première fois depuis 2012. Pour le plus grand bonheur des supporters et de ses coéquipiers.

Paradoxalement, les deux joueurs du Borussia Dortmund vont emprunter le chemin inverse de 2014. Si pour celui qui a marqué le but vainqueur au Maracanã il y a quatre ans, sa carrière est plus ou moins difficile du fait de ses problèmes de santé, le numéro 11 peut enfin voir son rêve se réaliser (si tout se passe bien). Ses performances depuis son retour de blessure attirent les regards, en mémoire son but contre Mönchengladbach au début de l’année 2018 qui a rappelé à tous à quel point il en avait sous les crampons.

 

 

Avec un tel effectif, cette équipe est finalement obligée d’être dans le dernier carré. Un autre résultat pourrait presque être perçu comme un échec. L’Allemagne se doit de performer au plus haut niveau, comme elle le fait à chaque compétition internationale. Pour ce qui est du groupe, il n’est pas impossible de les voir y aller doucement lors des phases de groupes, comme cela a été le cas en 2014 encore une fois. Il reste difficile de les voir échouer à ce stade, face à la Suède, le Mexique et la Corée du Sud. Sans dévaloriser les adversaires, le champion du Monde en titre est bien au-dessus du lot.

Lors de ce mois de compétition, il sera donc essentiel de garder un œil sur l’Allemagne, qui remet son titre en jeu mais qui a l’ambition de le conserver. Réaliser un back-to-back est sans aucun doute un rêve encore non-dit, rien n’est impossible, surtout avec un tel effectif, mais pour cela il faudra faire face aux Brésiliens, Espagnols et autres Français qui ont aussi leur mot à dire. Mais une chose est sûre, le rêve secret de réaliser un doublé est bel et bien là. Et pour savoir si cela sera possible, réponse le 15 juillet au bout de la nuit.

Crédit photo: FABRICE COFFRINI / AFP

Parle d'Allemagne et de Bundesliga, et c'est à peu près tout.