João Félix, Jota, Gedson : un trio prometteur à Benfica

La Trinité, le triumvirat, les trois étapes de la vie, les trois Parques et les trois Grâques, trois comme le nombre de couleurs primaires,… Le chiffre 3 a cette chose de mythique que l’on retrouve à l’heure actuelle à Benfica, avec trois de joueurs de la fameuse génération 1999 du Portugal qui affichent un niveau de jeu déjà exceptionnel alors qu’ils ne sont que sur l’année de leurs vingt ans.

João Félix, versatilité et finition

Alors que plusieurs médias s’accordent à dire que le SL Benfica a rejeté une offre de 69 millions d’euros de Liverpool pour s’attacher les services de João Félix, il est intéressant de comprendre pourquoi une offre si élevée pour un joueur si peu connu du grand public. A 19 ans seulement, l’attaquant portugais est déjà sur les tablettes des plus grands clubs européens qui se l’arrachent à prix d’or. Forcément, avec une clause libératoire dont le montant s’élève à la somme à peine significative de 115 millions d’euros, le garçon attise les convoitises. Ce qui est marquant chez lui, c’est sa polyvalence malgré son jeune âge. Par polyvalence, l’on entend pas seulement un changement de position (il peut être positionné attaquant pointe, neuf 1/2, numéro 10 et ailier gauche), mais également un changement de style de jeu en vue de s’adapter à ses adversaires directs. Il est effectivement capable d’adopter un style basé sur la percussion et la provocation balle au pied face à des blocs hauts tout en sachant jouer dos au but contre un bloc plus bas.

Formé dans les équipes de jeunes du FC Porto de ses douze à quinze ans, il rejoint les U17 de Benfica en 2015 où il gagne en maturité et développe ses qualités footballistiques dans tous les domaines. Cela lui permet aujourd’hui d’être un redoutable finisseur doublé d’un sens et d’une lecture du jeu dont peu de joueurs, même dans la force de l’âge, disposent. Malgré son jeune âge, il est déjà un joueur d’expérience puisqu’il baigne finalement dans le haut niveau depuis quelques temps et cela est aisément constatable sur le terrain. Il n’a en effet pas eu besoin d’un temps d’adaptation lorsqu’il a joué ses premiers matchs en pro cette saison et cumule par ailleurs la jolie stat’ d’un but toutes les 102 minutes en championnat, et quelques clutch plays qui commencent à s’accumuler.

Jota, l’ex-futur CR7

Pur produit de la formation benfiquiste depuis qu’il a soufflé ses douze bougies, João Filipe de son vrai nom a pendant un certain temps été considéré comme le digne héritier d’un certain Cristiano Ronaldo avant que les supporters du SLB retrouvent leur lucidité. Toutefois, cette comparaison n’était pas totalement infondée car le garçon présente des ressemblances troublantes avec le quintuple vainqueur du Ballon d’or. En plus de porter le numéro 7, son aisance balle au pied et sa capacité à éliminer et à comprendre le jeu font de lui un excellent ailier qui a tout pour devenir un grand joueur. Plusieurs fois annoncé du côté de Manchester United et de divers clubs européens de grande renommée, tout le monde a flairé la bonne affaire.

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A la différence de Félix, il est encore peu utilisé avec l’équipe A du Sport Lisboa Benfica notamment car le club n’a pas encore de véritable problème avec ses joueurs offensifs de côté. Néanmoins, se méprendre et le juger là-dessus seulement serait une erreur au vu des qualités toutes bonnement exceptionnelles de ce joueur, qui sont donc sensiblement les mêmes que celles de Ronaldo à ses débuts. Récemment, il a notamment impressionné tous les observateurs lors du championnat d’Europe des moins de 19 ans qui s’est déroulé l’été dernier et qui a vu la sélection portugaise aller au bout et João Filipe remporter le titre de meilleur joueur et de meilleur buteur (à égalité avec Francisco Trincão). Bref, Jota est un véritable crack qui deviendra, à n’en pas douter, l’un des meilleurs joueurs de la prochaine décennie.

Gedson Fernandes, déjà un patron dans la terre du milieu

Ayant suivi le même parcours académique que Jota, Gedson est peut-être le plus impressionnant des trois. Malgré ce qui est parfois dit, il n’est pas un milieu box-to-box mais bien un pur relayeur et c’est cela qui le rend justement intéressant tant les purs 8 se veulent de moins en moins nombreux dans le paysage footballistique actuel en raison d’une certaine obsession à la polyvalence, par ailleurs constatable avec le profil de João Félix. Mais là n’est pas le sujet, évoquons plutôt celui qui est considéré par beaucoup comme le futur meilleur milieu du monde.

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Un volume de jeu incroyable avec un nombre de ballons touchés par match d’au moins 80 à chaque fois qu’il joue, une vista qui lui permet de casser des lignes à chaque passe verticale qu’il effectue, un impact physique qui lui permet de progresser balle au pied, voilà une liste non exhaustive des qualités du jeune Portugais. Un peu moins utilisé en 2019 suite au licenciement de Rui Vitória, Gedson a cependant effectué un début de saison en fanfare en étant par exemple le grand artisan de la qualification de Benfica en Ligue des champions (avec les résultats négatifs que l’on connaît une fois dans la compétition) ou en débloquant des matchs à lui seul.

En extrapolant ici au travers de trois joueurs issus de la formation du SLB, l’on comprend que les recruteurs de jeunes et les méthodes de formation restent particulièrement efficaces au Portugal. Plus loin encore, il semble que le virage adopté particulièrement par Porto et Benfica qui vise à préférer la formation maison plutôt que le recrutement de jeunes Sud-américains porte ses fruits. Un tournant positif pour tous.

4-4-2 losange et presunto comme exutoires.