Max Aarons, de Luton à la Premier League ?

La saison dernière, Max Aarons n’était qu’un illustre inconnu dans le monde du football anglais, sans aucun match chez les professionnels. En quelques mois, le jeune latéral de Norwich s’est révélé en Championship et tape déjà à la porte des meilleurs clubs de Premier League.

Tottenham et Arsenal très intéressés

À peine une trentaine de matchs de Championsip et déjà sur les tablettes de Tottenham, Arsenal ou Manchester United. Le temps passe très vite pour Maximillian Aarons, tout juste 19 ans. Le jeune latéral, droit de formation mais parfois utilisé à gauche, a signé son premier contrat professionnel avec le club de Norwich (Championship) en juin dernier. Il montrait déjà les crocs : « Mon principal objectif est de trouver ma place en équipe première, et j’espère pouvoir y arriver. »

De la détermination, il lui en a fallu pour arriver à ce niveau. Car les débuts furent compliqués. Le Londonien de naissance passe la plupart de sa formation à Luton, entre 2009 et 2014. Max Aarons a eu beau tenter sa chance lors d’essais à Tottenham ou aux Queen Park Rangers, mais tous se sont soldés par des échecs.

Champion d’Europe avec Luton

L’époque dorée des Hatters de Luton (une League Cup remportée à la fin des années 80) est révolue ; le club oscille à l’époque à la frontière de la Football League, entre quatrième et cinquième division anglaise. Mais les équipes de jeunes brillent, et tout particulièrement la génération d’Aarons, qui fut titrée lors d’un tournoi européen en 2009 – en remportant la finale contre le Bayern Munich, excusez du peu.

Ce bel exploit ne promettait pour autant pas le passage au professionnalisme pour des enfants âgés d’à peine dix ans. Et pourtant, nombreux sont ceux qui aujourd’hui, proche de la vingtaine, sont tout près de se révéler en deuxième ou troisième division anglaise. Certains avaient rejoint Chelsea, Arsenal ou Liverpool dès leurs dix, douze ou quatorze ans. Max Aarons a lui quitté Luton à 16 ans, pour rejoindre Norwich, comme un de ses coéquipiers des Hatters, Jamal Lewis. Si celui-ci débute plus tôt chez les professionnels, Aarons va lui aussi saisir sa chance.

En août dernier, le néo-pro profite de la rotation de son coach Daniel Farke pour jouer ses deux premiers matchs chez les pro en League Cup. Placé à gauche de la défense, Aarons sort déjà du lot. Contre Cardiff, il marque même son premier but pro, pour passer le deuxième tour de League Cup. Si en coupe, tout se passe bien, les Canaries sont alors dans une situation compliquée en Championship. Après cinq matchs, Norwich pointe à la vingtième place (sur 24), avec déjà trois défaites au compteur.

Le porte-bonheur des Canaries

Le latéral droit du club, Ben Marshall ne convainc pas. Son remplaçant Ivo Pinto coule à domicile face au Leeds de Bielsa en pleine démonstration (0-3). Daniel Farke prend alors le pari de titulariser le jeune Aarons contre Ipswich. Et on ne se trompe pas en parlant de pari, car le East Anglian Derby est toujours un match tendu sur le terrain. De quoi troubler un jeune d’à peine dix-huit ans, mais pas Max Aarons. Le jeune numéro 37 joue sans pression et réussit ses débuts en championnat. La rivalité entre les deux équipes – la deuxième plus importante du foot anglais selon un sondage BBC de 2012 – ne l’a pas du tout gêné.

Si son équipe se contente alors du point du match nul (1-1), Max Aarons marque les esprits. Comme beaucoup de latéraux aujourd’hui, le jeune Londonien a un apport offensif évident. Plein de maîtrise technique et bon dribbleur (37 réussis sur 63 tentés en championnat), Aarons monte souvent et crée de bonnes situations pour son équipe. Il a ainsi inscrit trois buts et quatre passes décisives depuis fin août.

Mais Norwich peut également compter sur la qualité de défenseur de son jeune prodige, très mature pour son âge. Bien que peu à l’aise dans les airs, Aarons sait tenir et conserver le ballon. Bref, un atout dont Norwich ne peut plus se passer. Depuis son premier match en Championship contre Ipswich, Aarons n’a tout simplement plus manqué un seul match de championnat. Les Canaries ont dès lors entamé une spectaculaire remontée au classement pour s’emparer de la première place du championnat, actuellement deux points devant Leeds. Dans cette équipe de jeunes talents, le latéral droit est devenu indispensable. En 26 matchs avec Aarons, Norwich n’en a perdu que deux. Loin des trois défaites en cinq matchs du début de saison…

Déjà loin de Carrow Road ?

Comme récompense, Aarons a été appelé chez les U19 des Three Lions dès septembre. Logique ? Pas si simple. Faire sa place dans un effectif composé de champions du monde – les jeunes U17 anglais sont mondialement titrés depuis l’an dernier – aux côtés de Jadon Sancho, Callum Hudson-Odoi ou Phil Foden n’était pas évident. Encore moins en venant d’un club de Championship. La route est encore longue avant la sélection A car la concurrence sera rude, avec Kyle Walker et Trent Alexander-Arnold.

Aarons ne doit pas se brûler les ailes. Mais son avenir ne s’écrit cependant déjà plus avec Norwich. Pourtant, Carrow Road l’adore, et la réciproque est vraie. De temps en temps, le jeune joueur retweete une photo d’un jeune supporter floqué de son numéro 37. Mais les Canaries sont prêts à le vendre. « Max peut grandir avec ce club. Mais si son développement est plus rapide que le nôtre dans le futur, ce sera peut-être le moment pour lui de partir », résume un Daniel Farke fataliste. Les rumeurs parlent actuellement d’une indemnité de 15 millions de livres, car Norwich a optimisé la valeur marchande de sa perle en le prolongeant jusqu’en 2023 en octobre dernier. L’été s’annonce agité. Mais d’ici là, Max Aarons rêve d’accrocher un premier titre à son palmarès, la Championship.

Crédit photo : canaries.co.uk