Ruben Aguilar, de Pôle emploi à l’équipe de France ?

Considéré par beaucoup comme le meilleur latéral droit de Ligue 1, Ruben Aguilar symbolise l’excellente saison de Montpellier. Au point que son nom soit évoqué en vue de l’Équipe de France.

Football Manager le croyait Bolivien

Quand le virtuel rattrape la réalité. Grâce à trois bonnes saisons en Ligue 2 sous les couleurs d’Auxerre puis des débuts satisfaisants avec Montpellier en 2017, Ruben Aguilar s’est retrouvé dans une situation cocasse. Très français et un peu espagnol, l’arrière droit a été contacté par la sélection de… la Bolivie. La faute au jeu vidéo Football Manager, qui lui a attribué la double nationalité en se basant sur son nom de famille. «L’année dernière déjà, j’avais reçu des messages de Boliviens sur les réseaux sociaux, rigole l’intéressé pour Goal. Apparemment, en Bolivie, ils parlaient de moi à la télévision en disant que j’étais sélectionnable.» Aujourd’hui, nul doute que la Verde rêverait de l’attirer chez elle. Sauf qu’Aguilar se rapproche plutôt de la nation championne du monde.

Ruben Aguilar est un bleu blanc rouge. Né à Grenoble, c’est au GF38 qu’il effectue ses premiers pas de footballeur à l’âge de 12 ans. Le Stade des Alpes accueille ainsi ses débuts en CFA lors de la saison 2013-2014. Après avoir fêté ses 21 bougies en avril de cette saison, Aguilar fait ses valises direction Auxerre et la Ligue 2. Il s’agit d’ores et déjà d’une réussite extraordinaire pour un homme qui croyait difficilement en ses chances de vivre du football l’an passé. «Pendant un an, j’ai côtoyé à Pôle emploi des gens qui ne trouvaient pas de travail, raconte-il à 20 Minutes. Je me souviens de leur détresse.» C’est plutôt du calme et de l’assurance que va apporter Aguilar à l’AJA. Son entraîneur, Jean-Luc Vannuchi, ne tarit pas d’éloges le concernant dans France Football : «C’est un vrai guerrier, il aime le combat et il se donne les moyens. Tout entraîneur aimerait avoir un Aguilar dans son vestiaire.»

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L’équipe de France, «un objectif mais pas une obsession»

Dès sa première saison en Bourgogne, Ruben Aguilar dispute 29 matches de championnat. Il est également titulaire lors de la finale de la Coupe de France, perdue 1-0 face au PSG. Qu’importe, le Grenoblois de naissance poursuit sa montée en puissance. Au terme de sa troisième année à Auxerre, il s’engage avec Montpellier. Le coach Michel Der Zakarian en fait un de ses hommes de bases dans un rôle de piston droit qui exploite toutes ses capacités. A la fois rapide, endurant, discipliné et exquis balle au pied, Ruben Aguilar incarne le succès du MHSC en 2018-19. Classé 7eme de Ligue 1, le club héraultais ne compte que 5 points de retard sur Saint-Étienne et un ticket pour la Ligue Europa. «Cette année, on prouve qu’on peut rester dans le haut de tableau, développait Aguilar sur le plateau de Téléfoot en décembre dernier. Si on finit en Ligue Europa, on sera très content car une compétition européenne, ça fait rêver.»

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Alors qu’il fêtera ses 26 ans dans un peu moins de deux mois, Ruben Aguilar voit son nom de plus en plus connecté à l’équipe de France. La question : que faut-il de plus pour que Didier Deschamps l’appelle ? «Continuer d’être régulier et aller chercher une qualif’ européenne avec Montpellier pour se montrer davantage, répond le latéral droit. Après, le sélectionneur a fait des choix payants puisqu’ils ont gagné la Coupe du monde, et j’espère un jour faire partie de ces choix. C’est un objectif, mais pas une obsession.» Encore faut-il déloger les champions du monde Benjamin Pavard et Djibril Sidibé. Et devancer la concurrence de Kenny Lala, brillant avec Strasbourg. Si tout lui réussit, rien n’est acquis.

Ruben Aguilar poursuit son éclosion à Montpellier, s’imposant comme un candidat crédible au maillot bleu. Et le Français n’est pas innocent à la saison emballante du MHSC qui rêve d’Europe. Sa prolongation de contrat jusqu’en 2022, un an seulement après son arrivée dans l’Hérault, n’est pas anodine. Aguilar grimpe les échelons. Il vient de loin et ira loin. Mais pas en Bolivie, faut pas déconner.

Crédit photo : FRANCK FIFE / AFP

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