[Dossier] Vinicius Junior, dans la cour des grands (Partie III)

Retrouvez les deux premières parties de notre dossier consacré à Vinicius Junior ici :

Vinicius Junior, nouveau Neymar ou futur Robinho ?

Vinicius Junior, du Flamengo au Flamenco

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Depuis que Solari a pris les rênes de l’équipe première du Real Madrid, Vinicius Junior découvre le très haut niveau et se voit même installé à la place de Gareth Bale. Il est dans le bon wagon ; ne reste plus qu’à y rester, ou plutôt y retourner, après sa blessure, pour avoir une chance de disputer la prochaine Copa America.

« Le facteur temps est important. À l’avenir, avec ce qu’il nous avait transmis, il aurait joué. » Lopetegui tente de se rattraper au micro de la Cope, en février dernier, après avoir vu Vinicius s’installer en équipe première alors que lui ne lui a accordé que 12 minutes de jeu. Il n’a pas eu le temps de prouver son intention d’intégrer peu à peu le Brésilien à l’équipe première. Florentino Perez l’a mis à la porte et remplacé illico par Santiago Solari. Une décision qui fait au moins un heureux. « Il aurait dû jouer régulièrement dès le début de la saison. Ce n’était pas nécessaire de le mettre en Segunda B. Je crois que maintenant, avec Solari et la baisse de forme de Bale, il va jouer assez », se réjouit Rivaldo. Et s’il doit y avoir un deuxième satisfait, « Vini » rejoint évidemment la légende du Barça. Sa relation avec le technicien argentin est idyllique. Déjà au Castilla, les deux s’entendaient à merveille.

Lorsqu’il arrive aux manettes, Solari a beaucoup de chantiers et Vinicius est l’un des principaux. Pour son premier match sur le banc de l’équipe première, contre Melilla, en Copa del Rey, l’ancien « galactique » aligne d’entrée son petit protégé. « Il a beaucoup de choses à apprendre mais aussi beaucoup à donner, maintenant et dans le futur », explique-t-il avant la rencontre. Et pour sa première titularisation en match officiel avec « les grands » (il l’avait déjà été en amical de pré-saison contre Manchester United), le garçon régale, sort le grand jeu. Il offre une passe décisive à Asensio et c’est même lui qui provoque le plus d’occasions de but (huit). Toute la presse espagnole salue sa performance. Victoire 0-4 du Real. C’est ce qui s’appelle saisir sa chance. « C’est mon style : faire face à mon vis-à-vis, être efficace et direct, chercher constamment le but. Je suis content d’avoir été titulaire et d’avoir aidé le Real à gagner. Ç’a été un match très important pour moi, un moment qui marquera ma carrière », déclare-t-il sobrement à plusieurs médias brésiliens après sa prestation. Ironie du sort, c’est en Coupe que le prodige a débuté, comme l’avait prévu Lopetegui…

Gareth se fait la Bale

Après cette rencontre, il ne joue pas plus que ça, ne pouvant croquer que 61e minutes au total sur trois matchs (17 contre Valladolid, 28 contre Plzen et 16 contre Eibar). Mais à chaque fois, sa performance est remarquable. Rivaldo avait vu juste, Bale est de plus en plus contesté. Contre Valladolid, le Bernabeu siffle bruyamment sa sortie. Avant l’opposition, le journal AS avait réalisé plusieurs sondages qui ont reçu près de 60 000 votes. À la question « Qui sortiriez-vous pour faire jouer Vinicius ? », 45% ont répondu Bale, 35% Benzema, 10% Asensio, Isco 9% et 1% ne se prononce pas. 90% estimaient que l’ancien de Flamengo devait être titulaire. Bien décidé à enfoncer le clou, Vinicius, entré en jeu deux minutes après la sortie du Gallois, permet l’ouverture du score en provoquant le csc de Kiko Olivas. Il célèbre comme si c’était lui qui avait marqué et, pour l’anecdote, l’arbitre Gil Manzano inscrit son nom comme buteur et ne rectifie pas. Il s’agit du premier but de la pépite avec le Real Madrid. Un but qu’elle n’a donc pas réellement marqué elle-même. Quelques minutes plus tard, après avoir montré son désamour pour Gareth Bale, le public merengue déclare sa flamme au feu-follet. Quand Karim Benzema provoque le penalty du 2-0, les gradins réclament que ce soit le Carioca qui le transforme. Une scène qui en dit long, même si c’est finalement Sergio Ramos qui s’en charge. De toute façon, dès sa présentation dans son nouveau club, entre les lignes, Vincius annonçait la couleur avec Bale. Il a demandé le numéro 11, soit celui qu’il avait en sélection de jeunes et qu’il a eu au Castilla, mais aussi celui du mec pour qui le président a claqué une centaine de millions d’euros. Voyant que ce n’était pas possible, il a demandé le 20, celui d’Asensio. Décidément… Finalement, il s’est contenté du 28. Aujourd’hui, Bale étant plus que jamais sur le départ, la question du numéro 11 se pose à nouveau. Mais il faudra attendre cet été pour connaître la réponse.

Quoi qu’il en soit, le Britannique a chaud aux fesses. Supporters, journalistes et tous les autres observateurs réclament à l’unisson et de manière de plus en plus insistante que Vinicius soit titulaire à sa place à mesure qu’il enchaîne les bons matchs. Le 3 janvier, il se blesse et troque, malgré lui, sa place sur le terrain contre une sur le banc de touche. Pour le Brésilien, c’est l’inverse. Ce dernier découvre sa première titularisation en championnat contre la Real Sociedad, profitant des blessures de Bale, donc, et d’Asensio. Le Real s’incline 2-0 mais, comment souvent à Madrid en cas défaite, le sujet de discussion principal, c’est l’arbitrage. Un penalty qui aurait dû être sifflé suite à une faute sur « Vini » provoque un énième scandale arbitral. « Nous avons fait un match excellent depuis le début. L’arbitre a beaucoup compliqué le jeu, il y a eu deux penalties qu’il n’a pas vérifiés (avec le VAR, NDLR) », se plaignait le garçon au micro de beIN Sports et Real Madrid TV. Les fans du Real sont aussi déçus par le résultat que pour leur ailier, qui aurait pu voir sa belle prestation récompensée. Un événement qui renforce une vision dans laquelle Vinicius incarne le rôle de l’enfant modèle et Bale du sale gosse. À l’image des rencontres face à Léganes, Alavés, ou le CSKA Moscou par exemple, même quand son équipe perd, c’est toujours lui qui s’en sort le mieux. Et au fur et à mesure, ses affinités avec ses coéquipiers se polissent. Notamment avec Benzema.

Ça roule avec Benz

« C’est très facile de le comprendre. Je m’entends bien avec lui et il a tout fait pour que je m’adapte et que je joue bien », confiait-il à propos du Français après une victoire chez l’Espanyol Barcelone (2-4). « J’aime jouer avec lui. Pas parce qu’il est jeune, il n’y a pas d’âge pour jouer. Il écoute beaucoup, travaille beaucoup et ça se voit dans le jeu. J’espère que ça va continuer parce que c’est un très bon joueur », répondait son compère après le match aller face à l’Ajax Amsterdam. C’est Lopetegui qui avait commencé à bosser la connexion entre les deux hommes, à peine Vincius était-il arrivé. Celle-ci s’est concrétisée à partir du match contre Girona, en Copa del Rey, fin janvier (victoire 4-2). Il y a une sorte d’alchimie entre eux, bien qu’ils comptent 13 ans de différence. Benzema fait attention à lui, ils sont souvent ensemble, s’entendent à merveille en dehors du terrain et ça se ressent quand ils sont dessus. Enfin, à vrai dire tout le monde ne saute pas au plafond pour autant. Vinicius a des défauts et certains ne se gênent pas pour les pointer du doigt, quitte à contraster avec le reste des observateurs.

« Il est très individualiste et peu collectif »

Le premier d’entre eux n’aura échappé à personne. Il saute aux yeux. Quiconque a regardé au moins l’un des trois derniers Clasicos s’est rendu compte que l’adolescent a un mal fou dans le dernier geste. À commencer par Rafael Marañón, meilleur buteur de l’histoire de l’Espanyol. « Il me semble que c’est un joueur intéressant, mais ce n’est pas la panacée, assène-t-il dans AS. Je ne crois pas que ce soit un buteur. Ce n’est pas un Hugo Sanchez, un Ronaldo ou un Van Basten. C’est un ailier qui créé des actions et il est encore jeune. Mais Robinho aussi était comme ça, plus d’actions que de buts. » « Vinicius a besoin de beaucoup améliorer son tir : il tire beaucoup avec le côté du pied et le coup de pied n’est pas son point fort. Tu ne peux pas toujours te préparer pour choisir un type de tir », ajoute Zico pour Globoesporte. « Il est très fin, très individuel, mais manque un peu de lucidité », résume Tite pour le même média. Le 6 février dernier, des deux jeunes Brésiliens qui disputaient leur premier Clasico, ce n’est pas Vinicius qui s’en est le mieux tiré, même s’il est à l’origine du décalage sur le but de Vazquez. Dans le camp d’en face, Malcom a certes été moins actif, mais quand il a eu l’occasion de planter, il ne s’est pas gêné. Une leçon d’efficacité.

Déjà à l’époque où le môme commençait à faire son trou au Flamengo, Dejan Petkovic s’agaçait : « Il apparaît plus, mais il apparaît négativement. Il dribble beaucoup et perd beaucoup de ballons. Il est très individualiste et peu collectif. Il doit passer plus et chercher des diagonales. Mais il ne cherche que le dribble (Sport TV). » À contrario des comparaisons avec Neymar quand tout allait bien, lorsque les défauts ressortent, c’est Robinho qui frappe à la porte. Après Marañón tout à l’heure, c’est Tostao qui prend le relai. « Il devra progresser beaucoup pour être coéquipier de Neymar en 2022 ou être une star au Mondial 2026, avertit l’ancien attaquant de la Seleçao. Il n’existe pas de grand crack sans grande technique. Vinicius est un autre exemple de l’empressement de la société de produire des idoles. Certains commentateurs veulent qu’il soit titulaire au Real Madrid. S’il ne devient pas un grand joueur il sera traité comme un footballeur gâché, comme ça s’est déjà passé avec Robinho et d’autres. »

Chororô et menaces de mort

L’autre côté sombre du Brésilien, c’est Marc Bartra qui le met en lumière après un Bétis-Real (1-2) : « Vinicius était plus souvent par terre que debout. Je lui ai demandé de ne pas plonger et il m’a appelé fils de…. Eh bien, il a évoqué trois fois ma mère. » Pas jojo, surtout de la part d’un joueur qui semblait adopter un comportement exemplaire. Mais pas totalement surprenant non plus. En remontant jusqu’à ses années Flamengo, il est facile de retrouver des traces du caractère provocateur du jeune homme. À l’époque, il avait célébré un but devant les supporters de Botafogo en faisant mine de s’essuyer les yeux pour les provoquer, comme pour dire : « Vous êtes des pleureuses. » Il a pris un carton jaune pour ça. Mais la biscotte n’est rien à côté de la polémique qui a suivi. Se sont alors opposés ceux qui ont défendu Vinicius, comme Neymar, et ceux qui condamnaient son geste, comme Juninho Pernambucano, commentateur pour Globo TV. « Tu dois respecter plus que perdre. S’il était assez grand pour faire le “chororô” (geste d’essuyer ses larmes), il devrait aussi être assez grand pour s’occuper de la presse, déclare la légende de l’Olympique Lyonnais. Je ne vois personne au Real Madrid, le club pour lequel il va signer, faire ce genre de geste. Tu n’avais pas besoin de cette attitude, encore moins à 3-1. » Force est de constater que l’avis de « Juni » n’a pas fait l’unanimité. Loin de là. L’ancien milieu de terrain a dû renoncer à commenter la finale de la Taça Guanabara après avoir reçu des menaces de morts en pagaille. Il en avait même partagé le « Best-of » sur Twitter, avec des perles telles que : « Ordure, je vais te tuer, fils de p***. »

Quelques semaines plus tard, Vinicius est retourné à Botafogo. Il est entré pour les vingt dernières minutes mais s’est fait expulser après seulement dix. En quittant le terrain, il s’est fait insulter, huer et même menacer par des supporters du « Bota ». Une expérience qui fait écho aux propos de son agent Fredericon Pena dans AS : « Tout le monde ressent la pression, Vinicius aussi parce qu’il est humain. Mais il a l’avantage qu’au Brésil, il s’est habitué à ce type de choses. »

« Il a des choses à apprendre mais il a aussi des choses qui ne s’apprennent pas »

Le Real Madrid est alors conscient qu’il a certes un surdoué entre les mains, mais pas un joueur fini. La pression, Vinicius la connaît, mais sait-il la gérer ? Son expulsion à Botafogo ne répond pas par l’affirmative. Il faut le protéger. Et le premier à le faire, c’est le capitaine de la Maison blanche, Sergio Ramos. Après le match aller face à l’Ajax Amsterdam, le défenseur a imploré les médias de laisser son collègue tranquille : « Je vous demande de ne pas mettre trop de pression sur le garçon comme cela s’est déjà produit avec Asensio ou d’autres. Ce n’est pas nécessaire et c’est à cela que servent ceux d’entre nous qui sont ici depuis le plus longtemps. Appréciez et ne le chargez pas. Le garçon est un joueur spectaculaire et nous donne pas mal d’avantages. Ne le mettez pas sur les nuages parce qu’après, il se passe ce qu’il se passe… » « Il a des choses à apprendre mais il a aussi des choses qui ne s’apprennent pas », notait Solari en conférence de presse. Et la méthode semble convenir au petit crack pour l’instant. « Le club est composé de personnes excellentes qui se préoccupent toujours de tout pour que je joue au football, signifiait le Brésilien à SporTV. Ma famille aussi s’occupe de tout l’extra-sportif pour que j’arrive sur le terrain et que je n’aie à me préoccuper de rien, seulement donner de la joie aux supporters. »

La méthode semble d’ailleurs satisfaire tout le monde. Le coach argentin n’a pas grand-chose à redire sur l’évolution de « Vini » : « Il a beaucoup progressé depuis qu’il est arrivé. Il a montré des choses avant, les a démontrées ici, avant avec le Castilla et maintenant avec l’équipe première, avec une continuité. Il a 18 ans, mais apporte beaucoup de fraîcheur et d’audace, avec des un-contre-un et du danger constant. Il le démontre à chaque match. J’espère qu’il continuera sur cette voie. Il a le soutien de tous les joueurs murs de l’effectif, qui sont la base de tout projet sportif. »

La Coupe du monde et le Ballon d’or

Cafu est moins modéré. Il n’hésite même pas à s’enflammer un peu concernant l’avenir du garçon. « Vinicius va triompher au Real Madrid, mais ce n’est pas encore un crack. On ne peut pas encore le comparer à Cristiano Ronaldo. Cristiano est Cristiano, avec toute l’histoire au Real Madrid. Il a tout gagné là-bas. Vinicius a tout pour suivre ses pas. Il sera peut-être le nouveau Ronaldo, mais il devra beaucoup transpirer pour que ça arrive », certifie l’ancien latéral droit sur Fox Sport. Mais il n’a pas tort d’oser la vertigineuse association avec le monstre portugais. N’en déplaise à l’illustre Dimitar Berbatov, qui assurait que « le talent rend les efforts inutiles », Cristiano Ronaldo est bien la preuve qu’il faut bosser très dur pour atteindre le sommet. Un sommet que le Bulgare n’aura pu qu’apercevoir à l’aide de jumelles. Ca, Vinicius semble l’avoir compris. « Je sais que je ne suis encore personne et que je n’ai rien fait. Je veux faire de moi un des meilleurs joueurs de football et gagner une Coupe du monde », assure-t-il au Guardian. « Je me vois gagner le Ballon d’or à 25 ou 26 ans », ajoutait-il il y a peu de temps au micro de la Cadena Ser. Memphis Depay aussi souhaitait faire partie des meilleurs du monde. Le mieux, c’est encore de s’en donner les moyens.

Un gros bosseur

Lorsqu’il est arrivé à Valdebebas, « Vini » a réalisé un plan personnalisé visant à gagner en puissance et en masse musculaire. Il a squatté le gymnase et la piscine afin d’effectuer des exercices qui visent aussi à limiter les risques de blessure (même si son actualité récente n’en démontre pas l’efficacité immédiate). Conscient de ses défauts devant le but, il reste à la fin des entrainements pour affiner ses tirs en mouvement et ses coup-francs. C’est ce qu’on appelle le travail invisible. C’est important, primordial même, mais pas encore suffisant pour tutoyer les plus grands. Alors, en plus de cela, le Carioca regarde un maximum de matchs de Liga afin d’analyser et prendre des notes sur les forces et faiblesses des défenses adverses. « C’est un joueur très discipliné, qui a une conduite exemplaire, et est étonnamment mature pour son jeune âge, explique Diego à AS. Il est soucieux de donner le maximum aux entraînements et de toujours progresser. » Dès mai 2017, alors qu’il évoluait encore à Flamengo, le prodige commençait à apprendre l’espagnol avec un prof particulier – ainsi que « La Casa de papel » – et continue encore aujourd’hui, trois fois par semaine. Pas la tronche du premier de la classe, mais quand même tout de l’élève modèle.

S’il attend encore des résultats nets au niveau de son travail musculaire et dans l’efficacité, Vinicius récolte déjà les fruits de ses efforts avec la langue de Cervantes. De plus en plus à l’aise, il l’est autant sur le terrain, devant les médias que dans le vestiaire. La communication qu’il a avec ses coéquipiers lui a permis de gagner leur respect. « Si un joueur est au Real Madrid, il a une place dans n’importe quelle équipe du monde, affirme Casemiro à Real Madrid TV. Il est en train de faire très bien les choses, il est dans le meilleur club du monde et il est prêt. Il faut être patient avec lui, nous ne pouvons pas agir comme s’il avait 30 ans, il en a 18, mais il s’en sort et il surprend les gens. Trois mois avant, il jouait en Segunda B et les gens ne croyaient pas en lui. Aujourd’hui, il est important pour tout le monde. Il a le niveau pour le Real Madrid. »

Tout cela lui a valu d’être récompensé par un appel en sélection en vue de construire une attaque de folie avec Neymar pour la Copa America qui aura lieu cet été. « Vinicius peut y aller, il aura son opportunité », signalait Tite. Lors du Clasico (0-3), Sylvinho, le bras droit du sélectionneur était dans les gradins pour observer le jeune homme. C’était la première fois que la sélection A du Brésil le supervisait directement à Madrid. Contre Girona, à Madrid (1-2), Mateus Bachi, le fils et adjoint de Tite ainsi que l’entraîneur physique de la sélection, Fábio Mahseredjian, avait fait de même. La décision n’a donc pas été prise à la légère, sous la pression populaire.

Mais voilà, Vinicius s’est blessé au cours d’une soirée noire pour le Real Madrid, dans son antre, contre l’Ajax Amsterdam, en huitième de finale retour de Ligue des champions. Fauché en plein vol. Un tournant dans sa jeune carrière ? Peut-être. Peut-être ce 5 mars restera-t-il le jour où celui qui devait imiter Neymar et s’imposer sur la scène internationale a vu sa carrière stoppée nette par une blessure dont il ne sera pas parvenu à se remettre. Le jour où il sera resté au rang d’éternelle promesse, d’intermittent du spectacle, comme Robinho. Ou peut-être pas. Seul l’avenir nous le dira. En tout cas, pour Jordi Alba, une chose est sûre, comparez Vinicius avec qui vous voulez, mais pas avec Lionel Messi. Interrogé sur le rapprochement entre les deux joueurs, l’Espagnol se marre, répond simplement « bonne nuit » et quitte la salle de conférence.

[Dossier] Vinicius Junior, nouveau Neymar ou futur Robinho ? (Partie I)

[Dossier] Vinicius Junior, du Flamengo au Flamenco (Partie II)

Photo crédits : Xavier Bonilla / SpainDPPI / DPPI