Suite à un championnat de France de Ligue 1 au cours du lequel la course pour le titre n’a jamais été aussi peu tendue, aussi peu marquée par le suspense, le Paris Saint-Germain a donc remporté ladite « Ligue des Talents » sans même jouer suite au match nul de Lille face à Toulouse à cinq journées de la fin. Alors que toutes les courses au titre dans les différents championnats européens sont lancées (hormis en Espagne et en Italie où le Barça et la Juve font respectivement seuls la course en tête), celle-ci n’aura pas eu lieu cette saison en France.

Une concurrence impure et imparfaite

L’expression « concurrence pure et parfaite » est connue de tous, elle qualifie un marché qui respecte un total de cinq critères – qu’on ne détaillera pas ici tant ils ont traumatisé tous les élèves de filière ES – qui permettent, en théorie, d’assurer que l’offre et la demande sortent tous deux gagnants des transactions afin que le marché « s’auto-régule » (en théorie, on ne le répétera jamais assez). Bref, la concurrence entre le PSG et les autres clubs du championnat n’a rien de très concurrentielle. En effet, si l’on cumule les budgets de Lyon (285 millions d’euros) et Monaco (215 millions d’euros), l’on obtient celui du PSG (500 millions d’euros). Idem, si l’on cumule ceux de Rennes, Nantes, Nice, Montpellier, Reims, Strasbourg, Amiens, Dijon, Toulouse, Caen, Guingamp, Angers et Nîmes.

De manière concrète, ce budget faramineux qui permettrait très largement à Paris de rivaliser avec le grosses écuries de Premier League (sans disposer des mêmes revenus en droit TV), se manifeste par un effectif qui n’a jamais été aussi fourni dans toute l’Histoire du club. Le fossé avec les autres clubs de Ligue 1 Conforama n’a par conséquent jamais été aussi élevé et ce indépendamment du niveau des autres équipes (qui sera par ailleurs évoqué ci-après). Recruter de manière intelligente et cohérente s’avère effectivement limité face à un club qui, en plus de recruter de manière relativement sensée, le fait avec des moyens financiers colossaux. L’on peut dès lors comprendre que la domination nationale du PSG en devienne presque lassante tant elle s’est ancrée dans la réalité en raison de cela.

Une Ligue 1 d’un niveau extraordinairement faible

En plus de moyens qualitatifs très largement au-dessus de ceux de ses concurrents en championnat, ce Paris Saint-Germain bénéficiait sur cette saison d’adversaires particulièrement peu forts (pour ne pas dire « faibles ») avec, pour la première fois depuis l’arrivée de QSI, aucune équipe qui ne semblait apte à rivaliser pour le titre. La fin de cycle monégasque et les déboires de Bruno « Pep » Génésio et coach Roudi Garessia en tête ont permis au PSG de faire seul la course en tête et de n’être dérangé que de manière minime et par intermittence. C’est ainsi que le dauphin du club de la capitale pour l’exercice 2018-2019 devrait être le LOSC, un dauphin qui, rappelons-le, terminera a priori à plus de 20 points du champion, chose qui n’était pas arrivée depuis la saison 2015-2016, lorsque la Ligue 1 était peuplée de coachs de qualité..

Le problème du niveau de la première division française n’est d’ailleurs pas qu’une affaire de haut de tableau. En effet, aucune équipe de deuxième partie de tableau ou, au mieux, qui joue les places 5-9, ne semble réellement inquiéter le PSG. Hormis quelques matchs nuls épars et une défaite face à l’Olympique lyonnais le 3 février dernier, l’équipe présidée par Nasser Al-Khelaifi aura vaincu tout le monde sans contestation possible, collant parfois des 9-0, des 8-0, et j’en passe. Finis les Angers, les Rennes, … qui faisaient bloc pendant 90 minutes et marquaient sur une contre-attaque anodine et ce cinq à six fois par an. Cette saison, les équipes paraissaient apeurées face à un Paris Saint-Germain visiblement trop fort pour espérer en tirer quoi que ce soit. Cette facilité à s’imposer est aussi l’une des causes de la victoire presque préméditée en championnat. Plus encore, quand elles arrivaient à faire déjouer le PSG à l’instar de Strasbourg (2-2), Lille (défaite 5-1) ou Nantes (défaite 3-2) et ainsi retarder l’échéance du titre, elles renforçaient d’autant plus ce sentiment d’aspect « tragique » de la victoire de Paris car elles ne représentaient qu’un retard plus qu’un véritable échec pour le club parisien.

L’inaccomplissement soudain des objectifs : ingrédient principal de la désillusion des supporters parisiens

L’élimination du PSG en huitièmes de finale de Ligue des Champions le 6 mars dernier à la suite d’un remake amoindri de la remontada d’il y a deux ans est sans aucun doute la raison principale qui fait que les fans du PSG soient bien moins marqués par ce titre de champion de France que les autres années. Après une victoire 2-0 sur le terrain de son adversaire, en l’occurrence Manchester United, la qualification parisienne semblait acquise tant la domination était totale, aussi bien dans le jeu qu’au tableau des scores. Toutefois, les vieux démons du PSG ont refait surface et Remon de son prénom, Tada de son patronyme a refait surface mettant les joueurs de la capitale en déroute face à des joueurs mancuniens pré-pubères qui jouaient leurs premières minutes en pro.

En plus de cette cuisante défaite en terme de résultat, cette saison devait être celle de la Ligue de-s Champions pour le club parisien : un effectif sans aucun doute dans le top 5 européen contenant le plus gros crack mondial et l’un des cinq meilleurs joueurs de la planète, l’un des meilleurs entraîneurs actuels à savoir Thomas Tuchel et aucun grand favori qui ne se dégageait suite aux phases de poules de la compétition. Bref, Paris avait toutes les cartes en main pour réussir cette année en Champions League. Cet échec a désenchanté la saison du PSG, désenchantement payé aujourd’hui avec le peu d’engouement autour du titre de champion de Ligue 1 à cinq journées de la fin du championnat.

Crédit photo : MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

4-4-2 losange et presunto comme exutoires.