Les Wolves jouent les trouble-fêtes

Leur probant succès contre Arsenal (3-1) ce mercredi l’a prouvé. Tout juste promu, Wolverhampton a déjà retrouvé ses habitudes en Premier League. Actuellement septièmes du championnat – une place qui pourrait les qualifier en Europa League – les Wolves de Nuno Espirito Santo séduisent, notamment face aux clubs du Big 6. Ils pourraient jouer un rôle déterminant dans la fin de saison palpitante de Premier League.

Meilleurs qu’Arsenal, Tottenham et United

16 points en onze matchs contre les clubs du top 6 du championnat anglais. Ce n’est pas le bilan de Manchester United (6 points en 8 matchs), Tottenham (7 en 10 matchs) ni même Arsenal (12 points en 10 matchs), mais celui du jeune promu Wolverhampton. Le large vainqueur du Championship l’an dernier (9 points d’avance sur Cardiff) a débarqué en Premier League plein d’ambition, grâce à un mercato gargantuesque. Le consortium chinois à la tête du club a dépensé 112 millions d’euros pour onze joueurs en provenance de gros clubs (Atletico Madrid pour Johnny Castro, Monaco pour Joao Moutinho, Benfica pour Raul Jimenez), et a donné un accent lusitanien à l’effectif – avec cette saison, sept éléments portugais dans l’équipe première.

Et la mayonnaise a pris, car les Wolves réalisent une excellente première saison en Premier League. Les hommes d’Espirito Santo sont encore en course pour terminer septième (autrement dit, premier derrière l’intouchable big six). Leurs trois derniers matchs ne seront pourtant pas simples, avec un déplacement à Anfield pour la 38ème journée, pour un match peut-être décisif dans le mano a mano que se mènent Liverpool et Manchester City.

Les Wolves chassent les gros

Les Reds sont en théorie plus forts. Pourtant, les Wolves s’étaient imposés en tout début de saison à domicile, en FA Cup (2-1). Car les Loups sont partis à la chasse aux gros cette saison. Au Molineux Stadium, Wolverhampton a battu Arsenal (3-1), Chelsea (2-1) et Manchester United (2-1), et tenu en échec Manchester City (1-1). A l’extérieur ? Les Wolves donnent aussi des sueurs froides aux clubs du top 6, s’imposant à Wembley contre Tottenham (3-1) et accrochant des nuls contre Arsenal, Manchester United et Chelsea (1-1).

Les résultats forcent le respect. Invaincu à la maison depuis une défaite contre Crystal Palace début janvier, Wolverhampton a retrouvé la place que son histoire méritait. Les Wolves sont certes encore loin de leur âge d’or des années 50 avec trois titres en championnat. Mais terminer dans les dix premiers de Premier League serait pour le club une première depuis une sixième place acquise en 1980.

Une défense solide et une attaque rapide

La clé de ce renouveau se base sur une défense solide, la cinquième de Premier League avec 43 buts concédés en 34 matchs, juste devant Arsenal (46 buts). Le match qui a opposé les deux équipes ce mercredi symbolise parfaitement la philosophie des Wolves : être solide derrière, glacial de réalisme devant. Ainsi, en première mi-temps, Wolverhampton a tiré trois fois au but, pour trois buts.

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Nuno Espirito Santo organise souvent son équipe en 3-5-2 qui peut varier en 5-3-2 en phase défensive. La qualité du milieu de terrain mené par la doublette portugaise Joao Moutinho – Ruben Neves permet d’imposer un vrai pressing. La relance est ainsi rapide en contre et fait briller le buteur Raul Jimenez. Le Mexicain de 27 ans est l’une des révélations de cette saison. L’ancien de Benfica a marqué 16 buts au total en 40 matchs.

Une épopée au goût amer en FA Cup

Pourtant, tout n’est pas rose à Molineux. Après avoir éliminé Liverpool et Manchester United en FA Cup, les Loups se sont cassés les dents en demi-finale. Watford a stoppé la belle aventure des Wolves à l’entrée de Wembley. Même si leur parcours reste admirable, une pointe de déception subsiste dans l’esprit des supporters. Leurs joueurs menaient effectivement 2-0 jusqu’à la 79e. Mais Watford a recollé au score dans le temps additionnel, avant de l’emporter 3-2 en prolongations.

« La douleur de cette défaite peut nous rendre plus fort« , assurait le coach Espirito Santo. Car les Wolves doivent améliorer certains aspects de leur jeu pour espérer viser plus haut dans les années à venir. Par exemple, les résultats face aux plus petits sont plus décevants. Wolverhampton s’est ainsi incliné deux fois cette saison contre Huddersfield (2-0 à Molineux, 1-0 à l’extérieur) – deux des trois petites victoires de la lanterne rouge de Premier League. Frilosité du promu ou problème tactique ? Certainement un peu des deux. Les Wolves se rêvaient un destin européen dès cette saison. Avec un bon mercato cet été, Wolverhampton pourrait continuer sa progression, pour pourquoi pas aller titiller les grands d’Angleterre.

Crédit photo : PAUL ELLIS / AFP