Les 23 étoilés, 365 jours plus tard

Il y a un an, 23 joueurs grimpaient sur le toit du monde. Mais comment s’est passée leur descente ? Les champions du monde ont tous vécu la « saison d’après » différemment. Avec des fortunes diverses. Si certains ont surfé sur la dynamique d’un été de rêve, d’autres ont accusé le coup. Revue d’effectif mais n’oubliez pas, ce n’est que de l’amour.

Alphonse Areola (6) : Un des deux seuls joueurs à n’avoir pas joué du Mondial a vu l’arrivée d’un concurrent de taille au PSG pour le poste de numéro 1 : Gigi Buffon. Son coach Thomas Tuchel a donc alterné entre les deux gardiens toute la saison. Dommage, ce choix a freiné sa progression. Il n’a donc joué que 31 matchs cette année et seulement trois en Ligue des champions. C’est donc sur le banc, qu’il a pu observer son concurrent italien lancer la débâcle contre Manchester United. Au moins, cette année, il a su s’affirmer en tant que numéro 2 en Equipe de France et a même obtenu ses trois premières sélections. Largement mérité au vu de sa progression.

Hugo Lloris (8) : Capitaine Lloris, héros des matchs contre l’Uruguay et la Belgique, avait sorti un Mondial d’un très haut niveau. Son égarement en finale n’a même pas terni le souvenir qu’il laisse de son aventure russe. Il a lancé sa saison de la même manière que son Mondial mais pas avec la même réussite finale. Le capitaine de Tottenham a atteint la finale de la Ligue des champions et a fini quatrième de Premier League. Son fait d’arme principal : son arrêt sur le penalty d’Agüero en quart de finale aller de la Champions League. Probablement le héros des Spurs sur cette double confrontation. Très solide toute l’année, un 8/10 très mérité.

Steve Mandanda (2) : Oubliez l’élève modèle une ligne plus haut, voilà un des cancres du groupe. Steve Mandanda a coulé cette saison et a même été un des Marseillais les plus mauvais. C’est dire… Trop de boulettes et plus assez sauveur, le gardien olympien a été plus que fébrile cette année, au point de perdre sa place en Equipe de France a profit du jeune Mike Maignan. A 34 ans, « le chat » a décidé de se remettre en forme et perdre du poids pour réussir sa fin de carrière. En tout cas on te le souhaite (lire avec la voix de Laurent Paganelli).

Lucas Hernandez (80 millions) : Que dire de Lucas Hernandez ? « Le chien », comme l’appelait Benjamin Mendy, a été la révélation du Mondial chez les Bleus. Il est revenu à l’Atletico Madrid avec le statut de champion du monde. En alternant dans l’axe et à gauche de la défense, son rôle n’avait pas trop changé. Le problème avec Hernandez est toujours le même : son corps fragile. Sa saison s’arrête donc le 9 février, à cause d’une blessure au genou droit, après seulement 22 matchs avec le club madrilène. Cela n’a pas empêché le Bayern Munich de faire de lui le 2ème défenseur le plus cher de l’histoire, en déboursant 80 millions en janvier. Il a rejoint l’Allemagne la semaine dernière avec la lourde tâche de remplacer Mats Hummels dans l’axe de la défense. On en attendait plus de lui cette année. Probablement pas l’Atletico.

Presnel Kimpembe (4) : Enfin Presnel Kimpembe a passé une saison dans la peau d’un titulaire avec le PSG. Mais le titi parisien n’a pas vraiment assumé son statut. Sa solidité défensive a souvent été remise en question, tout comme sa fiabilité. Il aurait pu sauver sa saison grâce à son but en huitième de finale aller de la Ligue des champions, contre Manchester. Au lieu de ça, il a condamné celle du PSG tout entier avec sa main dans la surface à la 90ème du match retour. Quelques hauts, mais beaucoup de bas. Finalement, on comprend mieux pourquoi c’est l’enfant du club parisien.

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Benjamin Mendy (Non-noté) : Dur dur de noter la saison de Benjamin Mendy. Il n’a passé que 15 matchs sur le terrain, toujours à cause de blessures à répétition. Par contre, durant cette saison 2018/2019, on a pu découvrir un ultra du club payé des millions. Des grandes storys sur Instagram, des top tweets à la pelle et même un prank qui a failli faire perdre ses derniers cheveux à Pep Guardiola. On a pu voir ce dernier passablement énervé à plusieurs reprises par l’attitude du défenseur français. Pourtant et c’est là tout le paradoxe de Benjamin Mendy, il était titulaire dès son retour en forme en avril avant de… rechuter. Désolé mais on ne peut que noter les footballeurs. On espère sincèrement qu’il en redevienne un la saison à venir.

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Benjamin Pavard (4) : SECOND POTEAU PAVAAAAAAARD ! Rien que pour ça, c’était dur de lui mettre en dessous de la moyenne. Et pourtant, le défenseur français a été relégué avec son club du VfB Stuttgart. Dur constat pour un titulaire des champions du monde, qui a été loin d’être irréprochable cette saison, jusqu’à voir sa place de titulaire sous le maillot bleu remise en question après beaucoup de performances moyennes. Hormis son interview surréaliste et son transfert au Bayern pour 35 millions (oui, encore eux), pas grand-chose à signaler de son côté. Appréciation finale : se repose sur ses acquis, devrait se remettre au travail.

Adil Rami (non-noté) : On ne veut pas enfoncer Adil « Jamel Debbouze » Rami. Depuis sa Coupe du monde passée à se faire coiffer la moustache par Griezmann, à asperger ses coéquipiers avec un extincteur, à trouver un surnom à Pavard et à couper les oranges sur le banc, le défenseur de l’OM a pris l’habitude de ne plus jouer au football. Et quand il le faisait, ce n’était pas beau à voir. Carton rouge, pénalties concédés, erreurs défensives, Adil Rami a été un poids pour l’OM cette saison, au point de le voir relégué très bas dans la hiérarchie de la défense marseillaise. Au 15 juillet 2019, il n’est même pas sûr de conserver sa place dans l’équipe, lui qui est en instance de licenciement pour avoir menti à Rudi Garcia afin d’aller participer à Fort Boyard. On va vous épargner ses problèmes conjugaux, qui ne regardent que lui. Retour à la réalité très compliqué pour le boute-en-train des champions du monde.

Djibril Sidibé (2) : C’est le mauvais élève du groupe. Après une Coupe du monde où il a été transparent, on n’a pas revu le Djibril Sidibé de 2017 cette année, loin de là. Il a même été le symbole des difficultés de Monaco. Pour la première fois depuis son arrivée au club en 2016, il a perdu sa place de titulaire. Un regain de forme en fin de saison, au moment même où son club sauvait sa place dans l’élite, vient éclaircir un exercice 2018/2019 qui ne fera pas date dans la carrière de l’arrière droit. Un départ est désormais plus que jamais d’actualité. Le buffle s’est transformé en vachette.

Samuel Umtiti (3) : Un des héros du Mondial qui n’a pas réussi à surfer sur la vague russe. En cause, des blessures, un genou mal géré qui l’a envoyé au Qatar contre l’avis de son club, des performances en dents de scie et la concurrence de son compatriote Clément Lenglet. Ainsi, Umtiti n’a joué que 23 matchs cette année, qu’un seul en Ligue des champions. Heureusement que l’Equipe de France lui a offert une belle bouffée d’air frais en mars dernier. Une occasion de casser de nouveau la démarche au Stade de France et de voir que sa côte d’amour est restée intacte de notre côté des Pyrénées. Un départ de Barcelone est désormais envisagé pour le défenseur. Un 3/10 sévère en forme d’avertissement, surtout quand on connait ses capacités.

Raphaël Varane (5) : Comment vivre une saison après un doublé Ligue des champions-Coupe du monde ? Seul Raphaël Varane a la réponse à cette question. Après avoir été 7ème du ballon d’or, le défenseur du Real n’a pas surnagé dans une défense du Real Madrid dans le dur. A l’image de son club, il a semblé accuser le coup cette année. Élimination en huitième de finale de Ligue des champions, en demi-finale de la Copa, des humiliations dans les Clasicos et une troisième place en Liga à 19 points de Barcelone, Varane n’a pas vécu de grandes émotions cette saison. Pas aidé par les entraineurs et son coéquipier Sergio Ramos qui ont semblé dépassés, il n’a pas été le monstre qui a permis les succès madrilènes et français ces dernières années. Un temps évoqué, un départ du Real n’est plus d’actualité. A l’année prochaine.

Thomas Lemar (5) : Cette année, il découvrait un nouveau championnat ainsi que l’exigence et la concurrence d’un club de très haut niveau. Pour sa première saison à l’Atletico Madrid, Thomas Lemar a fait une « saison en demi-teinte », selon ses propres dires. Il continue : « Je savais que ça allait être dur la première année et je me suis accroché pour ne pas lâcher ». Avec seulement trois buts et cinq passes décisives, difficile de lui donner tort. Il a donc alterné entre une place dans le onze titulaire et un rôle de remplaçant. Une première saison pour se jauger avant de s’imposer réellement dans un Atletico new look ? C’est possible, mais pour ça, il devra être plus tranchant et régulier. Une saison sans trop de saveur pour Thomas Lemar, mais il a des circonstances atténuantes.

N’Golo Kanté (8) : Comme d’habitude, N’Golo Kanté est l’élève modèle du groupe. Titulaire indiscutable avec Chelsea, le milieu de terrain a disputé 60 matchs et a battu un record personnel : 5 buts en une saison, toutes compétitions confondues. Classé onzième du dernier ballon d’or, il n’a pourtant pas été mis dans les meilleures dispositions par Maurizio Sarri, son ex-coach. Pas de quoi perdre son importance au sein du milieu des Blues. Avec lui sur le terrain, Chelsea a remporté l’Europa League et a terminé à la troisième place du championnat anglais. N’Golo Kanté, la force tranquille.

Blaise Matuidi (7) : Le charo s’est fait un nom du côté de Turin. Sa deuxième saison en Italie fut un nouveau succès, même si la Ligue des champions a encore échappé à la Juve. Titulaire à 42 reprises cette saison, il a gagné le cœur des supporters bianconeris et de son ex-coach Massimiliano Allegri. Il a malheureusement subi des cris racistes, le 2 avril dernier, lors d’une victoire contre Cagliari. Actuellement, il est en instance de départ après les arrivées de Rabiot et Ramsey. Un retour au PSG ? C’est envisagé. En tout cas, on sait à quoi s’attendre avec Blaise Matuidi. Du travail, de la course, du sacrifice de soi et un joueur adoubé par ses coéquipiers. Il y a des choses qui ne changent pas.

Steven Nzonzi (5) : Après une Coupe du monde où il a eu un rôle bien défini en sortie de banc, Steven Nzonzi s’est envolé pour l’AS Roma. Là-bas, il a passé la saison en tant que titulaire. Le milieu défensif d’1m96 a su convaincre par son jeu de tête, sa capacité de récupération et son aisance pour relancer le jeu. Sauf que collectivement, la saison de la Roma est un échec, avec une très décevante sixième place en Serie A. Acheté contre 26 millions d’euros l’été dernier, Steven Nzonzi pourrait déjà aller voir ailleurs durant ce mercato, malgré une saison correcte. La moyenne, ni plus ni moins pour la « longueur Nzonzi ».

Paul Pogba (On hésite entre 1 et 10) : Avec Pogba, c’est toujours le même problème. Il ne connaît pas le tiède, il alterne juste entre le froid et le chaud. Son début de saison fut rythmé par ses embrouilles avec Mourinho et certains matchs où il montrait son mécontentement en jouant en marchant. Au départ du coach portugais, le milieu français a semblé revivre et réaliser, en carrière, sa meilleure saison statistiquement parlant (16 buts et 11 passes décisives). Reste à savoir si Paul Pogba jouera en Angleterre la saison prochaine. Mino Raiola, son agent, a confirmé ses envies de départ et c’est le Real Madrid et la Juventus Turin qui sont en compétition pour s’arracher les services du talentueux mais irrégulier français. Et enfin retrouver Pogboom, d’août à juin.

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Corentin Tolisso (Non-noté) : Tout partait bien pour l’ancien lyonnais. Il devait faire face à une forte concurrence au milieu de terrain, comme depuis son arrivée au Bayern Munich. Et il semblait pouvoir tirer son épingle du jeu. Lors de son deuxième match en Bundesliga et après son premier but de la saison, il se rompt les ligaments croisés du genou droit. Coup dur pour lui, qui a passé toute sa saison à bosser en salle pour revenir. Ce fut le cas lors de la finale de la Coupe d’Allemagne, où son entraineur l’a récompensé en lui offrant les 25 dernières minutes du match. Malchanceux le Coco.

Ousmane Dembélé (5) :  Là encore, on fait face à une énigme avec Ousmane Dembélé. Pétri de talent, il satisfait son coach et les supporters barcelonais dès qu’il joue. Mais le président du Winchester FC était encore trop souvent blessé cette saison et était en concurrence avec Coutinho. Toujours aussi virevoltant et à l’aise pour donner la dernière passe, il a cependant été beaucoup critiqué par son coach pour son manque de professionnalisme. Afin de montrer sa motivation et peut-être un changement d’attitude, Ousmane Dembélé a repris l’entrainement une semaine plus tôt que le reste de l’effectif. A 22 ans, il est désormais temps de confirmer son talent.

Nabil Fekir (4) : Son transfert avorté à Liverpool lui a probablement fait du mal. Le Fekir de cette saison n’était pas le même que celui de 2017/2018. Moins tranchant, moins impliqué, moins inspiré et moins décisif (seulement 12 buts toutes compétitions confondus). Mais le gaucher de 25 ans reste toujours aussi talentueux et imprévisible. Il l’a encore prouvé cette saison avec des éclairs de génie, notamment lors de l’exploit lyonnais à City où il a sorti une performance de très grande classe. Sur le départ, il peine à trouver un grand club prêt à l’accueillir. « I recup the ball » reste son moment le plus marquant de la saison. C’est dire.

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Olivier Giroud (6) : Remplaçant l’essentiel de la saison, Olivier Giroud s’est épanoui en Europa League cette année avec, à la clé, un titre de champion d’Europe et de meilleur buteur (11 buts). D’ailleurs, aucun français n’avait jamais marqué autant que lui sur une seule saison en compétition européenne. Décevant en Premier League (2 buts en 27 apparitions), c’est comme d’habitude en Equipe de France qu’il a assumé son rôle de buteur. Avec 4 buts depuis le titre de champion du monde, il continue de marquer l’histoire des Bleus, devenant le troisième meilleur buteur de l’histoire de l’Equipe de France, avec 35 buts. Toujours aussi critiqué, mais toujours aussi buteur et chirurgical.

Antoine Griezmann (6) : Le feuilleton durait depuis trop longtemps, il est maintenant achevé. Griezmann vient de signer au FC Barcelone et est prêt à prendre une nouvelle dimension et enfin ajouter des titres à un palmarès en club trop vide pour un joueur de sa trempe. Depuis la Coupe du monde, Griezmann a fait du Griezmann. Maître à jouer de l’Atletico Madrid, il n’a pas autant marqué qu’habituellement (15 buts en Liga), mais a conservé un niveau de jeu égal aux meilleurs joueurs européens. Sa campagne médiatique pour remporter le ballon d’or n’a pas porté ses fruits, puisqu’il a terminé sur la troisième marche du podium. Le Griezmann de l’Atletico, c’est un peu toujours la même rengaine. Il est très bon, mais pas assez pour triompher face aux meilleurs en Espagne, ou en Europe.

Graphique montrant l'évolution du nombre de buts de Griezmann, lors de sa période à l'Atletico Madrid

Kylian Mbappé (8) : Durant ces 365 jours, Kylian Mbappé a obtenu une quatrième place au ballon d’or devant Messi, a été lauréat du trophée Raymond Kopa, fut présent dans l’équipe type UEFA 2018, a remporté la Ligue 1, le titre de meilleur joueur, meilleur jeune, meilleur buteur (33 buts en 29 matchs), il a marqué 4 nouveaux buts en Ligue des Champions, 5 en équipe de France et le centième but de sa carrière professionnelle. Il a aussi fêté ses 20 ans. Oui oui, 20 ans. Mais vu que personne n’est parfait, la saison de Kylian Mbappé a son lot de casseroles. Son comportement sur et en dehors du terrain a eu tendance à agacer ses adversaires et supporters. Ses deux cartons rouges reçus pour des mauvais gestes en sont la preuve. Collectivement, il n’a pas pu empêcher le naufrage parisien contre Manchester et lors des coupes nationales. Surdoué, Kylian Mbappé a encore des choses à apprendre. C’est ce qui le rend encore plus effrayant.

Florian Thauvin (5) : Auteur d’une saison de patron qui l’a emmené à la Coupe du monde, Florian Thauvin n’a, cette année, pas réussi à porter l’OM. Un peu comme Fekir, il a vu sa côte baisser significativement auprès des grands clubs. Pire, il s’est retrouvé au sein des problèmes du vestiaire marseillais, notamment avec Rudi Garcia. Il est cependant resté le seul à pouvoir enflammer le Vélodrome cette saison. L’arrivée de Balotelli en janvier lui a fait du bien et sa deuxième partie de saison fut meilleure que la précédente. Avec 16 buts en Ligue 1, il termine avec des stats très correctes. Son avenir est, quant à lui, toujours incertain.

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