Mitroglou est-il l’attaquant qu’il faut à l’OM ?

A défaut d’un « grantatakan d’une valeur pouvant avoisiner les 50 millions d’euros », l’Olympique de Marseille devrait se contenter (même si ce verbe paraît trop réducteur) de Konstantinos dit Kostas Mitroglou, débarqué dans la cité phocéenne en provenance du SL Benfica, pour une somme a priori comprise entre 15 et 20 millions d’euros. Analyse et portrait du vendeur de gyros le plus prolifique à l’heure actuelle.

Un parcours de vaillant

Formé au Borussia Mönchengladbach – oui, c’est un enfant de la Dütch Qualitat – il est transféré dès sa première année en pro en 2007 à l’Olympiakos Pirée, au large de la Mer Égée. Tel un véritable Spartiate, il y fera ses armes, inscrivant 21 buts en 80 matchs de 2007 à 2010. Peu satisfaisant, il est prêté dans de sombres clubs grecs durant deux saisons mais score énormément : 27 buts en 50 matchs, soit plus d’un but tous les deux matchs en moyenne. Sur sa lancée, il retourne pendant deux ans à l’Olympiakos où, dans la même ligné, il marquera 37 buts en 61 matchs. Il finira notamment meilleur buteur de la phase de poules de la Champions League en 2012-2013.

Il tape alors dans l’œil d’énormément de clubs du top 5 européen et est finalement transféré en 2013 à Fulham, pensant atteindre le très haut niveau. Il ne joue cependant que trois petits matchs en raison de la concurrence du grand Dimitar Berbatov et est prêté à l’Olympiakos. Quelle aventure… Cette fois, il va être beaucoup plus utilisé, notamment en deuxième partie de saison et inscrira 19 buts en 34 matchs. Il revient à Fulham en fin de saison et rejoint Benfica, toujours en prêt, le 6 août 2015.

Dans une attaque à deux pointes avec Jonas, ils vont rouler sur la Liga Nos. Jonas inscrira 32 buts et lui 19. Satisfait de cette saison, le SLB décide de l’acheter 7 millions d’euros et de repartir avec la même attaque pour la saison 2016-2017. Devinez quoi ? Benfica est de nouveau sacré champion en s’appuyant sur ses deux pointes qui embrasent les défenses.

En sélection il a inscrit 13 buts en 54 matchs.

La bonne pioche de l’OM

Certes, ce n’est pas un grand espoir du football mondial comme Moussa Dembélé ou un attaquant pointe aguerri qui connaît la France et la Ligue 1 comme Olivier Giroud, mais Kostas reste une bonne recrue pour cette première année d’OM Champions Project. Il a en effet cette particularité d’être aussi bon seul devant qu’avec un compère.

Commençons par la première hypothèse. Premièrement, il serait en concurrence avec Valère Germain et les deux se surpasseraient pour gagner leur place de titulaire ; autrement dit, ils seraient tous deux au maximum de leurs capacités. De même, quand l’un d’eux aurait besoin de se reposer ou en cas de blessure, Lucas Ocampos ou Clinton N’jié ne seraient plus les seules alternatives. Cela libèrerait la bande à Rudi d’un véritable poids. Ocampos a beau avoir du flow, de la grinta et une wag à faire pâlir de jalousie l’intégralité de la population masculine française, le niveau n’est pas là. N’jié, quant à lui, est trop irrégulier sur 90 minutes. Mais au-delà de ça, Mitroglou est un redoutable finisseur. Ses stats, évoquées précédemment, parlent d’elles-mêmes. Il est également très bon en fixation et est parfait pour lancer ses ailiers, en l’occurrence Payet et Thauvin, dans la profondeur. Sa taille (1m88) et son agilité de la tête sont également un atout dont Germain ne dispose pas. Cela limiterait largement la quantité de ballons perdus après des centres foireux de Sakai, pour ne citer que lui. Enfin, Mitroglou c’est aussi un excellent placement offensif. En partant souvent dans le dos de la défense à la limite du hors-jeu, empêcher un but s’il est bien servi semble impossible. Morgan Sanson aime ça.

Seconde hypothèse maintenant. S’il est associé à Germain en pointe, la solution qui semble la plus viable, il présente d’autant plus d’intérêt. On ne va pas à nouveau évoquer ses différentes qualités mais parlons plutôt de l’équipe en général. D’abord, l’aligner avec Germain devrait être très efficace puisqu’on a vu pendant deux ans à Benfica qu’un duo fonctionnait très bien avec lui. En plus de cela, il ne serait pas tout seul à marquer pendant que Valère lui donne des ballons puisque Mitroglou sait aussi être altruiste et faire le jeu (cf. les 32 buts de Jonas en 2015-2016). L’attaque à deux permettrait aussi de régler le problème Maxime Lopez, lui qui n’est effectivement plus au niveau depuis un peu plus de six mois, d’où la volonté de recruter un milieu de terrain pour le remplacer. Le minot, très bon au début, s’avère avoir des lacunes sur le plan défensif et dans la projection vers l’avant. Sa place de titulaire est compromise et le banc l’attend à bras ouverts. Enfin, on constate de fortes similitudes entre le Benfica de 2016-2017 et le potentiel OM 2017-2018 en 4-4-2 (Mandanda, Sakai- Abdennour- Rami- Amavi, Thauvin- Gustavo- Sanson- Payet, Germain- Mitroglou). Les deux pointes, on l’a déjà dit. Au poste d’ailier droit, Thauvin et Salvio partagent le même amour pour la percussion, le dribble et parfois l’empalement dans le défenseur. Mais surtout le milieu Pizzi-Samaris : Pizzi est une sorte de Sanson plus offensif et Samaris, un Luiz Gustavo qui se projette moins. Le football n’est évidemment pas une simple équation, mais partant de ce principe, il semble tout à fait cohérent que Mitroglou s’intègre parfaitement dans ce 4-4-2.

Comme on dit souvent dans les Ultimo Podcast spécial mercato : bon move ou mauvais move ? Eh bien, Mitroglou à Marseille, c’est bon move voire même un très bon move !

C’est cadeau : deux petites compils pour passer le temps durant ce deadline day :

Photo credits should read : AFP PHOTO / PATRICIA DE MELO MOREIRA

4-4-2 losange et presunto comme exutoires.