Félicitations du jury :

Manchester City (1er) : 20/20 

Un back-to-back inédit depuis Fergie, 198 points en deux saisons, des buts à gogo : l’équipe surdouée du football britannique, c’est bel et bien Manchester City. Certes, sur la scène européenne, les affaires sont plus compliquées pour les Citizens. Mais en Angleterre, rien ne semble pouvoir les atteindre.

Pourtant, rien n’a été facile pour ce City. Les hommes de Pep Guardiola se sont retrouvés en janvier à sept points de Liverpool. Mais avec Manchester City, rien ne semble jamais terminé. Chapeau bas, messieurs.

Liverpool (2e) : 19,5/20

« L’histoire est tragique« , écrivait Raymond Aron. Le philosophe ne pensait pas à la saison de Liverpool, et pourtant, les mots conviennent. Malgré leur bilan de 97 points, les Reds ne sont pas champions. Avec ce total, dans toute l’histoire de la Premier League, Liverpool aurait été champion 25 fois sur 27 (les deux manquantes étant donc 2017-2018 et 2018-2019).

Les hommes de Jurgen Klopp n’ont pas démérité. Souvent impressionnant de sérénité, porté par un Van Dijk exceptionnel, Liverpool a inquiété City jusqu’au bout – déjà en soi une grande performance. Mais les sept points d’avance en janvier sur les Citizens resteront peut-être en travers de la gorge des Reds. Liverpool reste donc à 18 titres en Angleterre, aucun en Premier League… Au moins jusqu’à la saison prochaine.

Très bon travail :

Wolverhampton (7e) : 17/20

Le samedi 18 mai prochain sera le jour le plus important de la saison des Wolves. Les hommes de Nuno Espirito Santo ne joueront pourtant pas la finale de la FA Cup, battus par Watford en demi-finale 3-2 en prolongations. Mais une victoire des Citizens qualifierait les Wolves en Europa League, ce qui était quasiment devenu un objectif de l’équipe en cours de saison.

Le jeune promu a investi cet été pour viser le haut de tableau, et s’est emparé de la septième place du championnat – la meilleure place jamais obtenue pour un promu de Premier League. C’est contre les meilleurs clubs que les Wolves se sont révélés le plus redoutable, en gagnant contre Arsenal, Chelsea, Tottenham ou Manchester United. Etonnamment, les Wolves se sont inclinés deux fois contre la lanterne rouge Huddersfield. Si Wolverhampton arrive à conserver ses pépites Diogo Jota, Raul Jimenez ou Ruben Neves, l’avenir est prometteur au Molineux Stadium.

Les Wolves jouent les trouble-fêtes

Tottenham (4e) : 16/20

Evidemment, il y a cette finale de Ligue des Champions historique. Mais en championnat aussi, les Spurs ont convaincu. La place dans le top 4 est assurée. C’était l’objectif de Pochettino, et l’entraîneur l’a atteint sans aucune recrue cette saison et en jouant à fond la Coupe d’Europe.

Certes, Tottenham suivait jusqu’en janvier le rythme infernal de Liverpool et Manchester City pour le titre. Les blessures d’Harry Kane et de Dele Alli, et l’absence de Heung-Min Son, parti jouer la Coupe d’Asie, ont empêché les Spurs d’accrocher le bon wagon. Pas grave. Les Spurs nourriront pour la saison prochaine de nouvelles ambitions dans leur stade tout neuf.

Chelsea (3e) : 15/20

La saison de Chelsea est étonnante. Les Blues, portés par leur nouveau coach Maurizio Sarri, ont longtemps cavalé avec les premiers. Ils ont occupé la tête du championnat à la cinquième journée et ont été les premiers à battre Manchester City cette saison.

Et pourtant, le coach italien est passé tout près de la sortie en février. La défaite en finale de League Cup aux penaltys contre Manchester City, et la volée reçue à l’Ethiad Stadium (6-0) n’ont pas du tout plu aux dirigeants de Chelsea. En mauvaise situation en championnat, les Blues ont finalement relevé la barre pour accrocher une place dans le top 4, synonyme de C1. Avec ou sans Eden Hazard ?

Chelsea : incertitudes à l’horizon

Bon travail :

Watford (11e) : 14/20

17èmes en mai 2017, 13èmes l’an dernier, les Hornets réussissent leur meilleure saison depuis leur 9e place en 2001. Mais le 18 mai prochain, Watford a l’occasion de remporter le plus beau trophée de son histoire, à condition de battre Manchester City en finale de la FA Cup. Même en cas de défaite, jouer à Wembley est une belle récompense pour la saison des Hornets, longtemps en lice pour la septième place – autrement dit, la place de champion d’Angleterre derrière les six intouchables.

Car les Hornets ont connu un début de saison tambour battant, avec quatre victoires en autant de matchs. La dynamique s’est ensuite un peu enrayée. Une victoire en FA Cup leur offrirait une participation à l’Europa League, une condition nécessaire pour conserver leurs meilleurs joueurs, parmi lesquels le Français Abdoulaye Doucouré, convoité par le PSG cet hiver.

Leicester (9e) : 13/20

Deux tragédies ont frappé la Premier League cette saison : la disparition d’Emiliano Sala, et l’accident d’hélicoptère du King Power Stadium de Leicester. Cinq personnes ont péri dans le crash de l’engin, dont le président historique du club Vichai Srivaddhanaprabha. Le Thailandais avait racheté Leicester en 2010 et avait remporté la Premier League en 2016, au nez et à la barbe du top 6 anglais.

Malgré tout, les Foxes ont joué jusqu’au bout la septième place, ultime espoir de coupe d’Europe. Claude Puel, critiqué par les joueurs (Jamie Vardy le premier) et leur entourage (Peter Schmeichel, le père du gardien Kasper) a été viré en février. L’entraîneur du Celtic Glasgow Brendan Rogers l’a remplacé, et c’est pour l’instant un succès. La belle victoire contre Arsenal (3-0) donne de l’espoir pour l’avenir des Foxes.

https://twitter.com/kschmeichel1/status/1127650741324320769

Brighton (17e) : 13/20

L’important, c’est le maintien. Guy Roux n’est pas le coach de Brighton, mais figurer parmi les 17 premiers de Premier League était bel et bien l’objectif des hommes de Chris Hughton, pour leur deuxième saison dans l’élite du football anglais. Solides en défense, les Seagulls ont failli créer l’exploit en demi-finales de la FA Cup contre Manchester City. Evidemment, Brighton a subi, et fut rapidement mené au score sur un but de Gabriel Jesus. Mais les Seagulls n’ont pas concédé d’autres buts et ont maintenu sous pression les Citizens jusqu’au bout du match.

Certes, Brighton n’ira pas à Wembley comme en 1983, année de leur seule finale de FA Cup, perdue contre Manchester United. Mais le résultat récompense le bon travail du club, qui n’a pas connu la première division anglaise pendant 35 ans. Tout proches de déposer le bilan, les Seagulls ont réussi à remonter tous les échelons jusqu’à l’élite nationale depuis le titre en quatrième division anglaise en 2001. Brighton se fait peu à peu sa place en Premier League.

https://twitter.com/BrightonFrance/status/1126822710116540417

Travail encourageant :

Newcastle (13e) : 12/20

Certes, les Magpies font moins bien que l’an dernier (10e). Mais Rafael Benitez, le coach de Newcastle, a réussi un beau tour de passe-passe cette saison. L’entraîneur espagnol doit faire avec un président qui n’investit plus dans l’équipe en attendant de vendre le club. Problème : Mike Ashley a annoncé la mise en vente du club il y a deux ans. Et depuis, la situation est bloquée.

La masse salariale de Newcastle est proche de celles des clubs qui jouent le maintien. L’achat fin janvier du prodige de la MLS Miguel Almiron pour 24 millions d’euros n’a pas calmé la grogne des supporters, ni celle de Benitez. L’ancien coach de Liverpool arrive en fin de contrat en juin, et malgré les offres d’Ashley, l’Espagnol attend des promesses d’investissement cet été. Pour Ashley, garder Benitez est une priorité, tant le coach est apprécié de ses supporters, qui ont lancé un compte Twitter « If Rafa Goes, We Go » : si Rafa part, nous partons.

Bournemouth (14e) : 12/20

Ça y est, les Cherries sont bien installés en Premier League. Pour leur quatrième saison consécutive dans l’élite du football anglais, les hommes d’Eddie Howe se sont maintenus facilement mais traînent toujours dans le bas de tableau. Il y a eu des moments de grand frisson, comme cette victoire 4-0 au Vitality Stadium contre Chelsea fin janvier, mais aussi des grosses défaites contre Arsenal (5-1), United (4-1) ou Tottenham (5-0).

La grande satisfaction de la saison, c’est l’attaquant Callum Wilson. L’Anglais de 27 ans a réalisé la meilleure saison de sa carrière, avec 14 buts et 10 passes décisives au bilan en seulement 29 matchs de Premier League. Les rumeurs l’envoyaient à Chelsea cet hiver, mais l’opération ne s’est pas faite. Peut-être restera-il pour progresser avec l’équipe qui l’a repéré en League One à l’été 2014.

https://twitter.com/NathanAke/status/1127639825647947777

Everton (8e) : 12/20

Une fois de plus, Everton échoue au pied de l’Europe. Marco Silva, le coach des Toffees, aura certainement des regrets. Capable de battre au Goodison Park Arsenal, Chelsea et Manchester United, Everton y a aussi perdu contre ses rivaux pour la septième place Leicester et West Ham.

Le manque de régularité coûte beaucoup aux Toffees qui ont montré de belles promesses. L’objectif cet été sera de conserver André Gomes et Kurt Zouma, prêté sans option d’achat par le Barça et Chelsea. Mais les deux joueurs ont réalisé une belle saison et leur prix sera élevé pour le club de la Mersey. Everton devra aussi lutter pour conserver ses joueurs observés par l’Europe entière : Richarlison, Idrissa Gueye et même Lucas Digne, élu joueur de la saison.

Arsenal (5e): 12/20

Sur le papier, la saison n’est pas mauvaise. Ou du moins, pas plus mauvaise que l’an dernier. Le départ de Wenger, après 22 années à la tête des Gunners, pouvait légitimement donner des inquiétudes aux supporters, bien que le Français était en fin de cycle. Unai Emery a réussi à relancer les Gunners, avec une longue série d’invincibilité en début de saison.

L’espoir de la Ligue des Champions par le championnat est ainsi réapparu, et les circonstances du championnat ont même laissé entrevoir une place sur le podium. La saison aurait été belle, mais les Gunners se sont mystérieusement effondrés en fin de saison, perdant contre Everton, les Wolves, Leicester et Crystal Palace ! Finalement cinquièmes à seulement un point de Tottenham, les Gunners pourront nourrir des regrets en cas de défaite en finale d’Europa League fin mai. La fin de saison catastrophique des Gunners ne doit néanmoins pas effacer les efforts d’Unai Emery depuis son arrivée en juillet dernier.

https://twitter.com/TouchArsenal/status/1127606018345537536

Crystal Palace (12e) : 11/20

Encore une saison paisible au Selhurst Park. Les sept longues années en Championship sont derrière les Eagles. Depuis leur remontée en Premier League en 2013, Crystal Palace a toujours terminé entre la 10e et la 15e place. Mais les hommes de Roy Hodgson ont réussi cette saison un exploit majeur : battre Manchester City à l’Ethiad Stadium (3-2). Les Citizens ont gagné tous leurs autres matchs à la maison cette saison.

Mais cet exploit montre que les Eagles sont capables de jouer autre chose que le ventre mou. La révélation au poste de latéral Wan-Bissaka, la valeur sûre Mamadou Sakho, le prometteur Max Meyer… Sans oublier Wilfried Zaha, le crack de cette équipe. Il a encore réalisé une belle saison (10 buts en 33 matchs), mais rêve désormais de coupe d’Europe. Crystal Palace arrivera-t-il à le retenir une saison de plus ?

West Ham (10e) : 11/20

Cette saison, l’infirmerie des Hammers a bien été remplie. Andy Carroll, Jack Wilshere et même Samir Nasri, qui n’a plus joué depuis mars. L’ex-international français a été disponible pendant deux mois, mais son mollet n’a pas tenu plus. Il ne devrait pas être prolongé en juin.

Si West Ham est devenu la première équipe à battre Tottenham dans son nouveau stade (1-0), l’entraîneur Manuel Pellegrini ne semble pas se contenter de jouer le ventre mou la saison prochaine. Selon Sky Sports, un grand ménage est prévu cet été. Andy Carroll et Adrian, en fin de contrat, ne seront pas prolongés. Surtout, Pedro Obiang, Javier « Chicharito » Hernandez et Lucas Perez, trois valeurs marchandes, pourraient partir pour rapporter un peu de liquidité aux Hammers.

Des efforts, mais peut mieux faire :

Burnley (15e) : 10/20

Surprenants septièmes de la dernière saison de Premier League, les Clarets n’ont pas réussi à confirmer leur classement. La marche était un peu trop haute pour le club qui a longtemps fait l’ascenseur entre Premier League et Championship. La campagne de qualification pour l’Europa League avant le début du championnat a usé les troupes, pour une élimination aux portes de la phase de poules de la deuxième coupe d’Europe.

Derniers du championnat à la cinquième journée, les Clarets auraient pu passer du rêve au cauchemar. Mais les hommes de Sean Dyche ont réussi à se sortir de la zone rouge, et se sont finalement mis à l’abri de la relégation. Burnley termine l’année dans le bas du ventre mou de PL. Un mal pour un bien : les Clarets joueront sans pression la prochaine saison.

Manchester United (6e) : 10/20

La saison des Red Devils a tout de l’accident industriel. Longtemps totalement distancés dans la course à la Ligue des Champions, les Mancuniens ont semblé revivre avec l’arrivée d’Ole Gunnar Solskjaer à la tête de l’équipe. Le Norvégien a réussi des prouesses, en qualifiant notamment United en quart de finale de la Ligue des Champions après un match fou contre le PSG.

Mais Solskjaer s’est rapidement confronté aux lacunes de son équipe, notamment d’un point de vue défensif. Les Red Devils sont la pire défense du top 6, quelques buts devant Arsenal. Jamais United n’a paru en mesure de confirmer sa deuxième place de l’an dernier. L’été va être chaud à Old Trafford.

Manchester United : miracle et mirage

Southampton (16e) : 9/20

Ils nous avaient habitués à mieux. Sauvés sur le fil l’an dernier (17e, leur pire classement depuis leur remontée en Premier League en 2012), les Saints ont vécu une saison compliquée. Après quelques mois passés au club, Mark Hugues a été licencié en décembre dernier. Southampton était alors 19e. L’arrivée de Ralph Hasenhüttl a permis aux Saints de se relever, mais jamais de prendre ses distances au classement avec la zone rouge.

L’ancien entraîneur du RB Leipzig a cependant posé les bases d’un nouveau projet, et impose sa patte auprès des Saints. Southampton est, depuis sa remontée en Premier League, une vraie pépinière en talent. Dans le futur, des pépites du club comme Ian Valery, Pierre-Emile Hojberg ou James Ward-Prowse joueront un rôle capital dans les succès des Saints et joueront peut-être dans les meilleurs clubs d’Europe.

Redoublement

Cardiff (18e) : 8/20

La saison de Cardiff ressemble à un cauchemar. Bien sûr, le club gallois est relégué. Mais l’épisode marquant de l’année du club pour l’émotion qu’il a soulevé dans le monde entier, c’est la disparition d’Emiliano Sala au-dessus de la Manche fin janvier 2019. Tout juste transféré, l’attaquant argentin n’avait pas encore joué sous les couleurs de son nouveau club.

Le coach Neil Warnock comptait beaucoup sur l’ex-Nantais. Il a avoué que les pistes activées pour remplacer l’Argentin ont refusé de rejoindre le club. La semaine dernière, Cardiff perdait contre Crystal Palace (3-2). « Certes nous sommes relégués, mais la vie est tellement plus importante », soupirait Neil Warnock, après la défaite contre Crystal Palace (3-2) qui a scellé la relégation des Bluebirds. « Vous ne pouvez pas prévoir de telles choses et je ne pensais pas que cela affecterait autant les joueurs. » Malheureusement, la saison 2018-2019 restera à jamais dans les mémoires des supporters de Cardiff.

https://twitter.com/CardiffCityFC/status/1127616809358766083

Huddersfield (20e) : 7/20

On le savait : la saison d’Huddersfield n’allait pas être facile. Les Terriers s’étaient difficilement maintenus l’an dernier, terminant 16e de Premier League pour leur première saison dans l’élite du championnat anglais depuis 1972. Huddersfield n’a pas réussi à rééditer l’exploit. Bons derniers de Premier League une bonne partie de la saison, relégués dès mars, les Terriers ont pris des volées contre les gros du championnat.

David Wagner, le coach qui avait promu et maintenu les Terriers, est parti début janvier, et le propriétaire Dean Hoyle a vendu le club à Phil Hodgkinson, patron de la marque sponsor maillot d’Huddersfield depuis plusieurs saisons. Peut-être l’occasion de repartir du bon pied en Championship pour le club triple champion d’Angleterre dans les années 20.

https://twitter.com/Footpack/status/1127594073626415105

Fulham (19e) : 5/20

109 millions d’euros d’achat cet été, un superbe stade et un jeu flamboyant : non, on ne parle pas d’un club du top 6, mais du jeune promu Fulham. Sur le papier, l’équipe renforcée par de vrais talents (Schurrle, Chambers, Seri) devait briller. Mais à la fin de saison, le bilan est terrible. Pire défense du championnat, Fulham a toujours flirté avec la zone rouge.

Trois coachs se sont succédés au chevet d’une équipe malade depuis août dernier : Slavisa Jokanovic, Claudio Ranieri et Scott Parker. Aucun d’entre eux n’a trouvé la recette magique. La relégation du club va pousser de nombreux joueurs à l’exil. Pour espérer remonter dès l’an prochain, Fulham devra rapidement reconstruire une nouvelle équipe.

Photo by Glyn KIRK / AFP

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