Evian Thonon Gaillard, course-poursuite et ramasseur de balles : Le récap’ de la Ligue des Champions #5

La phase finale de cette Ligue des Champions commence à rendre son verdict. Cette journée a par ailleurs été compliquée pour les clubs français, même si le PSG peut se sentir miraculé à Madrid. Retour en détail sur la 5e journée de cette phase de poule !

Groupe A : Un histoire de gardiens

Florentino Perez peut s’en mordre les doigts. Face à un Real Madrid ultra dominateur, le PSG s’en est remis à Keylor Navas. L’ex-gardien madrilène a été l’auteur de 10 arrêts dans ce match, un record depuis la saison 2003/2004. De l’autre côté du terrain, Thibaut Courtois a provoqué un penalty, très généreusement annulé par le VAR. Mais le pire était à venir pour le Belge. Une erreur d’incompréhension avec Varane est à l’origine du but de Mbappé, qui a relancé le PSG à la 81e minute. Avant cela, Benzema a marqué un doublé et son 64e but dans cette compétition. El nueve a encore frappé.

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En Turquie se jouait probablement la 3e place du groupe, synonyme d’Europa League. Et Club Brugge a réussi à la conserver, grâce à un but de Diatta dans le temps additionnel. Et là, patatras. Il fête son but en enlevant son maillot. Bim, second carton jaune, expulsé. Sauf que Mata aussi célèbre l’égalisation de son partenaire. D’un beau high-kick, il fracasse en deux le poteau de corner. Bim, second carton jaune aussi. A 9 contre 11, le club belge résiste et prend une option sur la 3e place, au détriment d’un Galatasaray qui a enfin marqué son premier but de la compétition.

Groupe B : En poursuite, Lewandowski n’a pas le temps

L’homme aux 5 buts en 9 minutes a récidivé. Robert Lewandowski a inscrit un quadruplé en 14 minutes à Belgrade, ce qui en fait le nouveau record de rapidité. Le Polonais n’est pas de ce monde en ce début de saison. Celui qui a avoué être « accro aux buts » en a déjà marqué 10 en 5 matchs en Ligue des Champions et 16 en 12 matchs en Bundesliga. Par la même occasion, comme vous avez pu le voir un peu plus haut, il grappille peu à peu son retard sur Benzema. La course poursuite est lancée entre les deux meilleurs numéro 9 de cette fin d’année ! Encore une fois, à noter le but de Corentin Tolisso, pour qui la longue blessure de l’année dernière semble oubliée.

Et si un ramasseur de balle avait permis à Mourinho de réussir son retour en Ligue des Champions ? Le Portugais, qui devient le 2e entraîneur a disputer cette compétition avec au moins 6 clubs (le premier étant Ancelotti, avec 8 équipes), voyait son équipe mal en point. Mené 1-2 contre l’Olympiakos, Kane va inscrire le but de l’égalisation. Et au départ de l’action, un ramasseur de balles force presque Aurier à jouer vite. On le savait que Mourinho avait ce don de mobiliser ses troupes, mais on n’en attendait pas autant.

Groupe C : Un air de déjà-vu…

À l’Etihad Stadium, Manchester City et le Shakhtar Donetsk ont vécu leur sixième affrontement en seulement trois ans… Une lassitude qui s’est quelque peu observée sur le terrain, où les Ukrainiens ont arraché un point qui pourrait être précieux. En effet, ils joueront leur qualification à domicile face à l’Atalanta Bergame dans deux semaines !

Pourtant bien mal engagée dans ce groupe, l’Atalanta n’a jamais cessé de croire en sa qualification pour les huitièmes. D’un zéro pointé après trois matchs à un 16e de finale à Donetsk, il n’y a finalement qu’un pas. Nul doute que si la qualification est au bout, ils iront danser comme Papù Gomez.

Groupe D : Quatre Frères et un diamant

Nouveau match couperet pour un billet en Europa League. Et dans la RZD Arena, c’est le Bayer qui a remporté cette rencontre décisive. On retient notamment le superbe but de Sven Bender, qui pourra le fêter avec Lars, rentré en fin de match pour gagner du temps. En face, c’est terminé pour les frères Miranchuk.

Un peu plus tard, la Juventus recevait l’Atletico Madrid dans le choc de la soirée. La décision s’est faite par Dybala, auteur d’un coup franc somptueux, histoire de couronner son récital. Sinon, Matthijs de Ligt continue de progresser, et s’est même fendu d’un sauvetage décisif dans le money- time ! Tout va bien à Turin donc, tandis que l’Atletico semble se satisfaire de son statut d’épouvantail du tirage…

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Groupe E : Lovren relaie Salah et Mané

Le héros du soir du côté de la Mersey est inattendu. Plus habitués à voir Salah ou Mané briller, les supporters d’Anfield ont cette fois pu compter sur Dejan Lovren. Le Croate a placé une très belle tête tardive, pour répondre à l’ouverture du score de Mertens. Ce but qualifie Liverpool et retarde l’échéance pour Naples, qui recevra Genk lors de l’ultime journée.

Les semaines se suivent et se ressemblent pour Salzoubrg et Haaland. Le premier continue de surprendre, avec une nouvelle victoire 3-1 à Genk, devenant ainsi la 2e meilleure attaque de cette Champions League, derrière le Bayern. Son buteur est, quant à lui, le premier joueur de moins de 20 ans à marquer lors de ses cinq premiers matchs de la compétition. Historiquement précoce, et c’est pas toujours une qualité.

Groupe F : Un tango avec un cornet de frite à la main

L’Inter a sa qualification entre ses main. Le club italien s’est donné le droit de rêver grâce à la connexion Lautaro – Lukaku. L’Argentin et le Belge ont dévoré les valeureux joueurs de Prague. Le premier a inscrit un doublé. Le second, encore victime de cris racistes, a marqué un but (et deux autres annulés par le VAR) et a donné les deux passes décisives à son compère de l’attaque. Antonio Conte les attendra à ce niveau de jeu pour battre Barcelone lors de la prochaine journée et ainsi passer en 8e.

Lucien Favre a mis de côté ses principes et a aligné une équipe très défensive pour contenir le Barcelone de Messi. Loupé. L’Argentin a encore été incroyable contre Dortmund, marquant un but et délivrant deux passes décisives pour Suarez et… Griezmann. Le Français a remplacé un autre Français, Dembélé, blessé au bout de 25 minutes de jeu.

Groupe G : Les Misérables

Face à un Zénith toujours aussi fade, les Lyonnais ont tutoyé le néant pendant 90 minutes. Quand ses meilleurs individualités sont sur le flanc, l’OL n’a plus rien. Il reste pourtant une qualification à sauver, dans un match qui s’annonce ardu face à Leipzig. Pour rester positif, on se dira que le double pivot Tousart-Denayer n’en sera cette fois pas acteur.

Dans l’autre rencontre du groupe, Benfica a longtemps cru renverser tous les calculs en s’imposant à Leipzig. Neanmoins, les Allemands ont trouvé les ressources pour éviter la défaite grâce à un doublé très tardif de Forsberg… Si les Allemands sont les mieux placés, la dernière journée s’annonce très tendue !

Groupe H : Le long calvaire lillois

Il y avait du beau monde sur la pelouse de Mestalla. Kovacic, Jorginho, Parejo, Rodrigo… Rien de tel pour envisager un match spectaculaire, qui à bien eu lieu. Entre des occasions en pagaille puis un penalty stoppé par Kepa, Valence a bien cru que ce n’était pas son soir. Puis est arrivé ce centre-tir libérateur de l’ancien joueur de l’Evian Thonon Gaillard, Wass, qui laisse les deux équipes à huit points. Si les Londoniens sont bien partis, les Valencians devront aller se qualifier à Amsterdam. Cette dernière occasion manquée de Rodrigo pourrait coûter cher…

Largement devancés par leurs concurrents, les Lillois jouent le rôle d’arbitre dans cette fin de compétition. Un homme au sifflet complaisant face à une équipe ajacide menée de main de maître par Ziyech. Il reste au LOSC un déplacement prestigieux au Bridge pour conclure cette campagne européenne, et pourquoi pas par un exploit ?

Nous sommes quasiment arrivés au bout de cette phase de groupe. Il reste une dernière occasion aux équipes pour aller chercher une qualification ou une 1ère place ! On a hâte de vivre ces matchs couperets. Rendez-vous les 10 & 11 décembre prochain.

Co-écrit avec Thibaut Garioud

Photo crédits : Iconsport