Les 10 choses qu’il faut suivre cette saison en Liga Nos

Une fois n’est pas coutume, la preview pour la saison 2019-2020 de Liga Nos met cette année à l’honneur les originalités, les surprises, les faits inattendus qui se dérouleront (ou pas) du vendredi 9 août 2019 au dimanche 17 mai 2020 en première division portugaise. Entre équipes que l’on n’attend pas, joueurs à suivre ou jeu d’agents, voilà les 10 choses à suivre cette saison en Liga Nos.

Le nouveau duo d’attaque de Benfica

Alors que Bruno Lage, arrivé en milieu de saison dernière, a toujours affirmé que le 4-3-3 était son schéma de jeu préférentiel, c’est en en 4-4-2 qu’il a le plus souvent fait évoluer le SL Benfica depuis qu’il est sur le banc pour des raisons d’adaptabilité à son effectif. Forcément, avec un João Félix, ça aide. Ainsi, tout le monde pensait justement qu’il allait décider de passer en 4-3-3 pour l’exercice 2019-2020, d’autant que Félix et son profil particulièrement utile à côté d’un Seferovic ont plié bagage. Gravissime erreur puisque, voyant que le 4-4-2 avait extrêmement bien fonctionné avec un titre presque inespéré au bout, Lage s’est mis en tête de le réitérer pour la saison à venir.

Et Bruno est un homme qui aime avoir le choix. Résultat : le recrutement de deux potentiels attaquants pour épauler Haris Seferovic et sans doute même le concurrencer dans un avenir moins proche. Le premier nous vient du Real Madrid et n’est autre que l’ex-pépite Raúl de Tomás qui, bien qu’il n’ait jamais confirmé au très niveau, reste un très bon 9 qui a enchanté les supporters du Rayo Vallecano la saison passée. Il est le favori pour appuyer le Suisse puisqu’il a déjà montré qu’il pouvait jouer en soutien d’un 9 fixe et a déjà été plusieurs fois associé à lui lors de cette pré-saison et notamment lors de la Supertaça face au Sporting (victoire 5-0). Chose que sait moins faire Carlos Vinícius, attaquant de pointe brésilien de Naples, plusieurs fois prêté au cours des dernières saisons. Présentant un profil de carrière plus ou moins similaire à celui de RdT, il semble néanmoins être un attaquant moins complet.

A Porto, enfin une structuration autour de la formation ?

Ce n’est pas une surprise : le FC Porto travaille depuis 5-6 ans à l’amélioration de ses organes de formation en vue de concurrencer Benfica et le Sporting qui présentent déjà des académies largement développées et ce depuis une vingtaine d’années maintenant. Les ventes de joueurs tels qu’André Silva ou Rúben Neves ont montré que ce processus s’avérait concluant mais disposaient d’une faille : les jeunes issus du centre ne restaient pas au club. Cette époque paraît révolue avec l’arrivée dans l’effectif professionnel de Diogo Costa, Diogo Queirós et Diogo Leite, tous issus de la fameuse génération 99 portugaise ainsi que de Romário Baró (19 ans) et Fábio Silva (17 ans). Baró a d’ailleurs impressionné Sergio Conceição lors des matchs amicaux de pré-saison et il s’est vu attribuer une place de titulaire finalement assez fréquente.

Le bémol à ces montées en équipe A est toutefois le fait que Conceição semble en réalité peu prompt à lancer tous ces jeunes, ce qui peut être préjudiciable sportivement. Le recrutement de Marcano, qui n’avait pas voulu prolonger il y a deux ans, a, par exemple, en plus de soulever un véritable tolé chez les supporters, sans aucun doute freiné la progression de Diogo Leite qui a largement le niveau pour évoluer avec Pepe en charnière centrale. De même pour Diogo Costa, gardien très prometteur qui risque de faire banquette car le club a fait l’acquisition de Marchesín, le portier du Club America au Mexique. Pour Baró, l’avenir est plus incertain mais il se pourrait bien qu’il soit plusieurs fois titularisé comme ce fut le cas mercredi contre Krasnodar en plays-off de LDC. Concernant Queirós et Silva, pourquoi les faire s’entraîner avec les pros s’ils jouent la bagatelle de dix minutes tous les cinq matchs ? Ils gagneraient plus à faire encore une saison en B avant de jouer plus en A par la suite.

Une transition sportinguista qui semble interminable

Depuis les tensions internes au Sporting Clube Portugal qui ont vu arriver Frederico Varandas à la présidence du club, le club de Lisbonne n’a jamais été aussi loin de prétendre pouvoir lutter pour le titre. Avec le probable départ de Bruno Fernandes (qui semble toutefois de plus en plus incertain), ce sont quasiment la moitié des buts inscrits par l’équipe la saison dernière qui s’évaporent. Son départ s’étant effectué tardivement à l’échelle des deux mois de mercato, impossible de lui trouver un remplaçant de son envergure. De plus, le SCP a été pour le moins timide cet été avec les venues de Luís Neto pour renforcer la charnière centrale et Luciano Vietto puis de remplaçants pour gagner en profondeur de banc, à l’instar de Seydou Doumbia, à un rôle qui reste à définir (sans doute ailier puisque le poste de 9 est déjà pris par Dost et Luiz Phellype), Rafael Camacho ou encore Valentin Rosier.

Même s’il est clairement pauvre, le non remplacement qualitatif de Fernandes permettra sans aucun doute de réaliser le joueur important qu’il est car le vide qu’il laisse derrière lui a des airs de néant. Le « sempre para o ano » (« toujours l’année prochaine ») concernant un titre de champion qui dure depuis 2002 devrait selon toute vraisemblance perdurer la saison prochaine.

Braga et la fin de l’ère Abel Ferreira

Ce fut la grosse info du début d’inter-saison : le départ d’Abel Ferreira, qui avait amené Braga au rang des bonnes équipes européennes, du côté du PAOK Salonique, l’une des nouvelles OPA de Jorge Mendes. Deuxième coup de massue pour les supporters bracarenses : le départ de leur attaquant vedette Dyego Sousa, qui a connu ses premières sélections avec le Portugal, au Shenzen FC, en Chine. Ce qui s’apparente à une période de transition avait débuté.

Pour autant, le SCB ne s’est pas laissé abattre avec le recrutement de Ricardo Sá Pinto, l’équivalent de Christophe Galtier (avec des passages à l’étranger) en Ligue 1 au poste d’entraîneur ainsi que de jeunes talents comme André Horta, milieu offensif de 22 ans formé à Benfica qui s’était perdu en MLS ou Luther Singh, l’attaquant espoir sud-africain sur lequel beaucoup d’attentes sont placées. Il sera justement intéressant de voir comment le club du Minho parviendra à gérer cette transition.

Moreirense ou l’indéfectible volonté de prolonger la dynamique

Le Moreirense FC s’était illustré l’année passée par une sixième place inespérée quoi que largement méritée qui a valu à cette équipe d’être tarie d’éloges par tous les observateurs. Pour cette saison, les dirigeants ont déjà annoncé vouloir refaire le coup tout en étant conscients que cette tâche serait ardue. Cependant, ce mercato a permis de mettre en lumière le gap qui existait entre la qualité sportive intrinsèque de l’équipe et la gestion de celle-ci. Loin de là l’idée de blâmer la direction du club mais il apparaît clairement que ce dernier ne s’est pas donné les moyens de continuer sur sa lancée de 2018-2019.

En prenant la décision de recruter énormément au milieu et en défense avec un renouvellement de l’effectif de moitié à ces postes-ci, Moreirense a totalement délaissé son secteur offensif qui était – et est donc toujours – le plus faible. Pas sûr que baser les trois-quarts de ses buts inscrits sur ses milieux de terrain fonctionne toujours cette saison…

Guimarães : la cinquième (voire la quatrième) place, enfin ?

Comme on vient de le voir, Braga et Moreirense risquent d’avoir du mal à tenir la cadence de la saison dernière, et c’est le club du fondateur de la nation portugaise, Dom Afonso Henriques, qui pourrait en profiter. Les Vimaranenses, en plus de profiter du downgrade de leurs concurrents, bénéficieront de leur propre upgrade. Le club a effectivement décidé de faire confiance aux jeunes de son équipe B comme le défenseur central franco-portugais de 19 ans Romain Correia ou Miguel Reisinho, trequartista de 20 ans qui sont connus depuis quelques temps maintenant dans le football lusitanien. Au total, six joueurs du Vitória qui jouaient en réserve ont intégré l’équipe première pour cette saison.

Comme cela est bien connu en Liga Nos, le VGSC s’est également appuyé sur des prêts non pas tellement nombreux mais qualitatifs. Le plus emblématique est sans aucun doute celui d’André Pereira en provenance du FC Porto qui a montré les fois où il a joué avec le FCP depuis un an et demi qu’il n’était pas au niveau pour un club de cette envergure mais qu’il pourrait justement être adapté à un club tel que le Vitória Guimarães. Son arrivée permettra de mettre en concurrence Alexandre Guedes, unique numéro 9 de qualité au club jusque-là.

Le meilleur Rio Ave de l’Histoire ?

Cette saison marquera à n’en pas douter l’arrivée définitive de Rio Ave dans la course à l’Europe. En constante progression depuis la saison 2014-2015, le projet arrive maintenant dans sa phase terminale. D’abord, le club de Vila do Conde peut se targuer d’avoir recruté un entraîneur top 5 en Liga Nos en la personne de Carlos Carvalhal passé, entre autres, par Besiktas, le Sporting, Istanbul Basaksehir ou encore Swansea.

Du point de vue de l’effectif, le Rio Ave FC s’est également largement renforcé en misant sur des joueurs en fin de contrat à la recherche d’un nouveau challenge comme Carlos Mané, ancien espoir du SCP, ou Pedro Amaral, latéral gauche de 21 ans qui n’a jamais réussi à faire son trou à Benfica mais qui dispose de qualités indéniables. Inutile d’énumérer l’ensemble de ces transferts, vous avez compris l’idée, Rio Ave sera l’équipe qui joue bien au football à suivre cette saison.

Belenenses : une enclave lilloise en terres lisboètes

Le partenariat conclu entre le LOSC et Belenenses SAD il y a quelques mois est entré en vigueur de manière concrète sur ce mercato, Belenenses devenant le club chez qui les jeunes jouant à Lille trop forts pour la réserve mais trop faibles pour l’équipe première vont faire leurs armes. On compte ainsi pas moins de cinq joueurs prêtés par Lille dans l’effectif du club de Belém. Hervé Koffi (gardien, 22 ans), Hakim Ouro-Sama (central, 21 ans), Chahreddine Boukholda (relayeur, 23 ans), Imad Faraj (ailier droit, 20 ans) et Charles Andreas-Brym (attaquant, 20 ans).

Seront-ils tous intégrés dans le onze de départ ? Probablement pas. Néanmoins, des joueurs comme Koffi, Boukholda ou Faraj, qui ont déjà fait parler d’eux pourraient bien faire des étincelles et revenir dans le Nord-pas-de-Calais avec un tout autre statut dans un an. Les Chtis à Lisbonne, un télé-crochet en Liga Nos cette saison.

Famalicão : un remake de la saison 2018-2019 de Wolverhampton en Premier League ?

Le FC Famalicão, promu en première division portugaise pour la première fois depuis 25 ans, présente effectivement des similitudes presque troublantes avec le Wolverhampton de la saison dernière en PL et ce du fait d’un homme : Jorge Mendes. Idan Ofer, propriétaire israélien du club, a en effet accepté que son club soit mis sous tutelle du super-agent. Cela s’est manifesté, comme toujours avec Gestifute, par l’arrivée en masse de joueurs dont les clubs sont « détenus » officieusement par Mendes. Valence, l’Atletico, Wolverhmpton, … Bref, vous connaissez maintenant la chanson. Parmi eux, on compte tout de même un nombre important de jeunes joueurs à potentiel élevé à l’instar d’un Schiappacasse (20 ans, numéro 9 arrivé en provenance de l’Atletico Madrid), d’un Pedro Gonçalves (21 ans, box-to-box prêté par les Wolves) ou d’un Alex Centelles (19 ans, latéral gauche venu de Valence en prêt).

Le club, en plus de ces prospects, a aussi misé sur la venue de joueurs un peu plus expérimentés qui connaissent le championnat portugais comme c’est le cas de Fábio Martins prêté par Braga ou de Thibang Phete arrivé libre après un passage à Guimarães en raison d’un manque de temps de jeu dans leurs clubs. Comme pour Wolverhampton il y a un an, l’objectif est clair : jouer les trouble-fête dans le haut du tableau.

La montée de Gil Vicente comme fin d’une traversée du désert polémique

Alors que le début des années 2010 était marqué par la présence d’un Gil Vicente FC qui, malgré son objectif de jouer le maintien, parvenait toujours à se glisser dans le ventre mou de la première division lusitanienne, le club est descendu il y a cinq ans avant de connaître une débâcle de taille en 2017-2018 avec une relégation en troisième division. Sauf qu’intervient alors un retournement de situation rocambolesque ! Revenons en 2006 quand Gil Vicente est relégué administrativement en D2 suite à l’utilisation d’un joueur non-inscrit dans l’effectif A lors d’un match de championnat. 11 ans plus tard, en décembre 2017, la Fédération portugaise de Football (FPF) décide de s’emparer de cette décision de la Ligue des Clubs (l’équivalent de la LFP en France) pour l’invalider. Résultat : le Gil Vicente FC devra rejouer une saison en première division. La saison 2017-2018 étant en cours à l’époque, impossible que cela prenne effet en 2018-2019. Voilà donc Gil Vicente de retour dans l’élite en 2019-2020 alors que le club aurait pu se retrouver actuellement dans les tréfonds de la troisième divison.

Cette situation, pour le moins surréaliste, fait arriver en Liga NOS un GVFC avec le couteau entre les dents, soucieux de réparer l’injustice (si tant est que c’en soit véritablement une…) commise il y a de ça plus de dix ans maintenant. Après avoir joué une vingtaine de matchs amicaux à défaut d’un championnat la saison dernière, cette équipe aura à cœur de se maintenir. Cela sera-t-il suffisant ? Difficile à dire tant l’effectif du club de la ville de Barcelos est inférieur à celui de quasiment toutes les autres équipes du championnat.

Crédit photo: Pedro Fiuza / NurPhoto

4-4-2 losange et presunto comme exutoires.