A chaque fin de saison, c’est le même refrain dans la Ligue 1 Conforama. En effet, derrière un PSG qui a survolé le championnat, plusieurs équipes cherchent à valider leur billet pour les coupes d’Europe. Dans le coin bleu, on trouve le LOSC et l’Olympique lyonnais, qui vont se livrer une course effrénée pour jouer l’an prochain la Ligue des Champions. Dans le coin rouge, on trouve des équipes habituées à cette course à l’Europa League (Saint-Etienne, l’OM et l’OGC Nice), le nouvel outsider aux dents longues (Stade rennais) et son lot d’équipes surprises comme à chaque exercice (Reims et Montpellier).  Nous vous proposons donc un état des lieux des forces en présence pour vous aider dans vos projections sur l’issue de cette course le 25 mai au soir.

La course Ligue des Champions

Lille, finir le travail

L’an II du « LOSC Unlimited » est aux antipodes de la première année du projet porté par le binôme Lopez-Ingla. Le top management a su s’appuyer sur l’expertise de leur précieux consultant Luis Campos et sur un technicien qui a su tirer la quintessence d’un effectif intelligemment remanié. Dans le sens des départs, on peut citer par exemple Amadou, Bissouma, Junior Alonso, Mendyl, Malcuit, Eder et El Ghazi. Dans le sens inverse : Ikoné, Bamba, Leão, Fonte, Celcik sont venus poser leurs valises à Luchin. En parallèle de cette phase de stabilisation, voire rationalisation de son effectif, Christophe Galtier s’est attelé à panser, pendant la préparation estivale, les maux psychologiques et carences technico-tactiques de son équipe.

Une chose est sûre, le travail réalisé aussi bien par la direction en termes de transferts que de staff technique lillois, a porté ses fruits. En effet, l’équipe est performante sur toutes les lignes : un gardien qui rassure une défense basée sur un élément d’expérience (José Fonte), un double-pivot lusophone exemplaire de complémentarité (Xeka-Thiago Mendes) et une ligne d’attaque explosive, symbolisée par le phénomène Pépé.

A l’aune du sprint final, le LOSC occupe donc la place de dauphin derrière l’indéboulonnable PSG. Le calendrier, présenté ci-après, est assez clément au vu des prestations réalisées jusqu’à présent. Si les pensionnaires du Stade Pierre Mauroy négocient bien les 3 virages importants à l’extérieur (Reims à la J31, à Lyon à la J35 et à Rennes à la J38), ils devraient faire retentir dans leur écrin, cette petite musique qui donne des frissons à chaque joueur professionnel et à tout amoureux du ballon rond.

Cette qualification fera énormément de bien aux finances du club, mais l’atteinte anticipée de cet objectif peut s’avérer être un cadeau empoisonné, de surcroît avec des départs importants à venir, notamment ceux de Thiago Mendes et Nicolas Pépé.

Lyon, Génésio pour rempiler pour une année ?

Titulaire du 2ème budget du championnat (285 millions d’euros), le club présidé par notre Jean-Michel national avait légitimement fait, au vu de ses moyens financiers et de la qualité de son effectif,  d’une qualification en Ligue des Champions, l’objectif principal de la saison 2018-2019. Pour parvenir à leurs fins, les Rhodaniens ont recruté Léo Dubois, Jason Denayer et Moussa Dembélé entre autres. Ces recrues sont venues étoffer un effectif qualitatif afin d’être compétitif sur tous les tableaux : championnat, Ligue des Champions et coupes nationales.

Les hommes de Génésio ont laissé beaucoup de forces dans les joutes européennes avec des fortunes diverses (capable de ne pas perdre deux fois contre Manchester City et dans le même temps de laisser filer deux précieuses victoires face à Hoffenheim). Malgré une phase de poule poussive, les Lyonnais ont réussi à se qualifier pour les 8èmes de finale. Cette belle performance fera du bien au sacro-saint EBITDA en fin d’exercice.

A contrario, sur la scène nationale, encore une fois, le millésime 2019 sera marqué par le sceau de la déception et des regrets. En effet, après l’élimination prématurée de l’ogre parisien en Coupe de la Ligue, l’OL s’est fait surprendre par le futur vainqueur de la compétition sur son terrain, le RC Strasbourg Alsace. Même déconvenue en Coupe de France aux portes du Stade de France face au Stade rennais. Et en Ligue 1 me direz-vous ? L’OL a laissé filer bien trop de points et se retrouve dans une situation délicate. Les Gones « chassent » les Dogues Lillois avec en ligne de mire une « finale » au Groupama Stadium à la 35ème journée et à la 36ème un déplacement compliqué chez l’un de ses meilleurs ennemis : l’OM.

La logique voudrait que ces rencontres soient les seules rencontres difficiles sur les 8 derniers matchs mais les Lyonnais nous ont trop souvent habitué à de l’inconstance pour considérer ces rencontres comme des formalités. Il faudra, avant tout, être en mesure de sécuriser la troisième place qui pourra être synonyme de qualification directe pour la Ligue des Champions si le vainqueur de la Ligue Europa fait partie des qualifiés des 4 grands championnats (Espagne, Angleterre, Allemagne et Italie). Sont susceptibles de rendre un grand service à l’OL : Arsenal ou Chelsea, le Napoli et dans une moindre mesure, Valence et Francfort.

La course à l’Europa League

Saint-Etienne, tenir coûte que coûte

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas dans le Forez. En effet, le début de saison 2018-2019 est meilleur que celui de l’exercice précédent. Hormis quelques erreurs de parcours mineures, la bande à Gasset a su garder le cap fixé par le sage héraultais. Pour être encore bien placés dans la course à l’Europe, à l’orée de cette course contre la montre, les Stéphanois peuvent s’appuyer sur leur colonne vertébrale : les anciens Ruffier et Perrin, le bon coup du mercato hivernal de la saison passée M’vila, et la recrue estivale Khazri.

Actuellement 4èmes avec un faible matelas sur la meute de poursuivants, les Verts ont un calendrier qui devrait leur permettre à la fin de la saison de rejouer l’Europa League. En outre, hormis deux déplacements périlleux en Champagne (contre Reims) et à Monaco, l’ASSE pourra s’appuyer sur le soutien des inconditionnels du Chaudron afin de négocier au mieux les rencontres contre deux concurrents directs : Montpellier (J36) et Nice (J37).

Marseille, une saison déjà ratée

La deuxième année du « Champions Project » était plein de promesses pour les supporters de l’OM : un parcours empreint d’émotions en Europa League ponctué par une défaite logique en finale face à l’Atletico Madrid et une qualification pour la prochaine édition en guise de lot de consolation après une âpre bataille avec l’OL pour accrocher un ticket pour la Champions League. Ces résultats encourageants ont permis à Rudi Garcia d’asseoir sa position dans l’organigramme marseillais et d’avoir les coudés franches en termes de définition de politique sportive au détriment du directeur sportif, Andoni Zubizaretta. Résultat des courses : recrutement de Strootman aka la « machine à laver » néerlandaise, ainsi que des espoirs serbes et croates Radonjic et Caleta-Car mais pas de GranAtakan. Ces nombreux mouvements, conjugués au retour tardif des champions du Monde ont eu pour conséquence un début de saison catastrophique. En sus d’un retard quasi irréversible en championnat dans la course au podium, les Phocéens ont été piteusement éliminés en phase de groupe de l’Europa League. Afin de redresser la barre, les dirigeants sont repartis draguer Balotelli qui les avait éconduit en toute fin de mercato estival.

L’efficacité apportée par Super Mario et des choix forts de Rudi Garcia (sortie du 11 de titulaires tels que Rami, Luiz Gustavo, Strootman et Payet) ont permis à l’OM de retrouver une place plus en adéquation avec le standing du club. L’objectif Ligue des Champions étant utopiste au vu des concurrents et du calendrier qui les attend, une nouvelle qualification en Ligue Europa est obligatoire pour limiter les dégâts financiers de cette saison ratée. Une chose est sûre, cet exercice ne sera pas sans conséquence pour l’effectif (gros dégraissage en perspective) et l’avenir du technicien « intelligemment » prolongé en début de saison est assombri.

Reims, et pourquoi pas ?

Le Stade de Reims est l’une des révélations du millésime 2018-2019 de la Ligue 1 Conforma. Pour réaliser une cuvée excellente, le promu, après avoir survolé la Ligue 2 l’an passé, a su réaliser un mercato intelligent. Avec le meilleur ratio rendement/coüt de ses recrues, Reims a su s’appuyer sur une cellule de recrutement qui a misé cet été sur Engels, Romao en provenance de l’Olympiakos, Konan de Guimarães et Adelhamid pour solidifier l’arrière-garde rémoise. Cet hiver, la direction sportive champenoise a encore fait étalage de son savoir-faire en terme de scouting avec les bonnes pioches Baba et Zeleni. En parallèle des joueurs, la direction de Reims a mis à la disposition de David Guion des installations à faire envier bons nombres de coachs de l’élite française. Grace à ces outils, l’entraîneur novice en Ligue 1 a su mettre en place une organisation redoutable de solidité (en se basant sur les recrues estivales citées ci-avant et sur un dernier rempart impressionnant) et une attaque efficace à l’image d’Oudin, l’une des révélations au rayon des joueurs offensifs.

Le calendrier s’annonce compliqué comme vous pourrez le constater ci-dessous mais les rouges et blancs ont démontré leur capacité à déjouer les pronostics et vont jouer crânement leur chance.

Nice, laver l’affront du début de saison

Comme tous les ans, le club azuréen nous réserve des surprises à l’intersaison avec des coups dont seule la direction a le secret. Cette année, c’est sur le banc de touche que le gros coup a été réalisé avec la signature de Patrick Vieira. Pour ses débuts dans un championnat majeur, après avoir fait ses classes de l’autre côté de l’Atlantique (dans le club satellite de Manchester City à savoir New York City DC), le club a mis à la disposition de l’ancien international tricolore de nouveaux joueurs dans son effectif. En effet, après un feuilleton Balloteli qui aura tenu en haleine les supporters niçois jusqu’aux dernières heures du mercato, les recruteurs des Aiglons ont attiré dans leurs filets des révélations comme Attal et d’autres joueurs avec moins de réussite à l’instar de Maolida.

Avec tous ces changements, la mayonnaise a eu du mal à prendre avec des résultats trop hétérogènes pour espérer connaître des fins heureuses comme les saisons passées. A cela s’ajoute le départ de la doublette Rivière-Fournier a mi-parcours. Malgré ces turbulences en coulisses, Patrick Vieira arrive à maintenir à flot le navire rouge et noir en gardant le cap sur une qualification en Ligue Europa, puisqu’avec un PSG en finale de la Coupe de France, la 5ème place devient qualificative pour cette compétition (si Rennes ne l’emporte pas, évidemment). Pour ce faire, le Gym devra toutefois faire preuve de solidité, réalisme et force de caractère face aux échéances qui l’attend.

Montpellier, mission impossible ?

La saison 2017-2018 était la première pour le club de la Paillade depuis le décès de son emblématique président. Pour ses 25 ans, le club héraultais réalise une saison plus qu’intéressante venant confirmer les bons résultats de la saison passée. Pour réaliser ce beau parcours, Der Zakarian s’est à nouveau appuyé sur une grosse assise défensive avec l’inusable Hilton et le portier Lecomte qui toque maintenant à la porte des Bleus. Au milieu, Mollet, illumine le jeu des Pailladins et la doublette Laborde-Delort fait parler la poudre.

Les échéances à venir s’annoncent compliquées pour que cette équipe fasse partie des heureuses élues compte tenu des forces en présence.

Rennes, l’espoir est permis

La saison 2018-2019 a été marquée par les retrouvailles du club breton avec la Ligue Europa. Les résultats en championnat et sur la scène européenne à l’issue de la phase aller des poules ont poussé Olivie Létang à évincer Sabri Lamouchi pour lancer Julien Stéphan dans le grand bain. En effet, le président considère ne pas avoir eu le retour suffisant sur les forts investissements en actifs consentis par son club lors du mercato estival. Il faut dire que le casting d’été avait fière allure avec l’arrivée au Roazhon Park d’Hatem Ber Arfa, Clément Grenier ou encore M’Baye Niang.

Ce changement sur le banc a eu l’effet escompté avec une qualification arrachée et des résultats améliorés en championnat. Ce redressement, malgré la désillusion d’une élimination en 8ème de finale par Arsenal (après une victoire 3-1 à domicile à l’aller), permet à date, au Stade rennais, d’espérer se mêler à la course à la Ligue Europa si le club remporte son match en retard à Nîmes. Ayant pris goût à la ferveur des jeudis soirs, les Bretons auront une chance supplémentaire de renouer avec cette compétition s’ils parviennent à renverser l’ogre parisien.

Menottiste je dirais même plus Bielsiste bref l'amour m'a rayé comme le maillot de l'Argentine